Pourquoi des participants à Taglit devront payer leur billet retour
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Pourquoi des participants à Taglit devront payer leur billet retour

Les membres de SiCeN’estPasMaintenant ont déclaré que les fonds levés sur le web serviront à couvrir leurs frais juridiques, mais Taglit a démenti vouloir les poursuivre en justice

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des militants de gauche d'un groupe Birthright qui ont mis en scène un départ du mouvement, avec une famille qui risque l'évacuation à cause de la démolition de son village à Jérusalem Est, le 15 juillet 2018. (Autorisation)
Des militants de gauche d'un groupe Birthright qui ont mis en scène un départ du mouvement, avec une famille qui risque l'évacuation à cause de la démolition de son village à Jérusalem Est, le 15 juillet 2018. (Autorisation)

Des activistes de gauche, qui avaient mis en scène leur départ d’un voyage organisé par Birthright-Taglit, ont lancé une campagne de levée de fonds pour payer les coûts entraînés par leur action. Ils cherchent à faire partager leur « sacrifice » au monde entier.

Les huit participants ont perdu leur caution de 250 dollars et devront payer leur billet de retour qui ont depuis été annulés. Ils se sont tournés vers le public à travers une page de financement populaire GoFundMe pour rassembler 10 000 dollars, qui seraient également utilisés pour « couvrir des frais juridiques potentiels ».

Dimanche, ils ont mis en scène leur départ alors qu’ils se trouvaient dans deux bus ; six participants ont quitté un bus et deux autres sont sortis du deuxième bus.

Agés d’une vingtaine d’années, six d’entre eux sont des membres actifs, à différents niveaux, de SiCeN’estPasMaintenant, une organisation contre « l’occupation » qui se compose de jeunes juifs progressistes américains. Les deux autres soutenaient leur cause et ont souhaité quitter le voyage, prévu pour durer dix jours, dès le sixième jour.

Birthright has refused to show us the truth about the occupation’s impact on Palestinians, instead asking us to visit a site operated by a far-right settlement organization. We’ve decided instead to go meet with the Sumarin family, a family that has lived in East Jerusalem under threat of eviction for years to learn from them and hear their story.

Posted by Hal Rose on Sunday, 15 July 2018

Mercredi après-midi, les activistes avaient levé presque 7 500 dollars auprès de 260 personnes qui ont donné depuis le lancement de la campagne sur GoFundMe, lundi.

Sur leur page GoFundMe, les activistes ont affirmé que « Birthright-Taglit nous a menacés de poursuites judiciaires. C’est une façon de décourager les futurs participants d’obtenir des réponses à leurs questions au sujet du contrôle militaire qu’exerce Israël sur le peuple palestinien ».

Une porte-parole de Birthright-Taglit a expliqué que les activistes ont simplement été informés d’une clause dans le contrat qui permet à Birthright-Taglit de poursuivre des participants. Pourtant, cette clause concerne uniquement des cas où il y aurait besoin de couvrir des dégâts matériels, comme la destruction d’une chambre d’hôtel par exemple.

La porte-parole a assuré que Birthright n’avait aucune intention de poursuivre les activistes.

« Pour quel motif pourrions-nous les poursuivre en justice ? », s’est-elle interrogée, en affirmant que le financement sur GoFundMe visait à poursuivre la campagne de propagande des activistes.

Commentant le nombre de petites donations que le groupe a reçu, l’un des activistes a comparé cette campagne à celle de l’ancien candidat juif à l’investiture présidentielle démocrate Bernie Sanders.

Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont, à Washington, D.C., le 24 avril 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

« Nous n’avons pas besoin d’un donateur multi millionnaire qui nous dirait : ‘allez en Palestine’. Nous avons une communauté toute entière qui soutient cette initiative », a déclaré Elon Glickman.

« C’est un message pour toutes les personnes qui font un voyage avec Birthright-Taglit : votre communauté vous soutiendra si vous demandez la vérité », a-t-il ajouté

Au moment de leur départ, les activistes ont présenté leur action comme un « sacrifice douloureux », s’attirant alors la colère de certains critiques qui ont souligné que les voyages Birthright-Taglit sont gratuits et que les activistes ne sacrifiaient rien du tout, en réalité. Glickman a cependant expliqué que les membres de son groupe ont dû payer de leur poche les coûts pour un certain nombre de déplacements en Cisjordanie où ils ont rencontré des Palestiniens.

Pour Glickman, leur action aurait plus de force « si toute la communauté partageait leur sacrifice ». Il a affirmé que son groupe n’aurait pas dû se trouver dans une situation où il se sentait forcé de quitter le voyage Birthright-Taglit afin de pouvoir rencontrer des Palestiniens.

Les militants de « IfNotNow » défilent pour exiger que le président élu de l’époque, Donald Trump, congédie Stephen Bannon, Philadelphie, le 22 novembre 2016. (Crédit : IfNotNow/via JTA)

Après avoir quitté le voyage organisé, les activistes ont rencontré une famille palestinienne de Jérusalem Est menacée d’expulsion, ils ont fait le tour des points sensibles de la ville de Hébron avec l’ONG Breaking The Silence et ont visité les villages bédouins d’Umm al-Khair et de Khan al-Ahmar où les maisons de résidents sont menacées de destruction par Israël.

Glickman a déclaré que l’argent qui resterait de la campagne serait donné aux villages palestiniens que le groupe a visités.

Le départ des activistes était le deuxième incident du genre en moins d’un mois. Pourtant, contrairement au premier groupe, les huit participants n’ont pas été confrontés à l’opposition du personnel d’encadrement ou des autres membres du voyage. Si le deuxième groupe d’activistes a dit avoir été inspiré par les actions du premier groupe, ils ont souligné que leur décision n’était pas prévue à l’avance.

Au cours des derniers mois, SiCeN’estPasMaintenant a mené une série d’actions pour cibler des participants du programme Birthright au moment où ils quittent les Etats-Unis. Il y a deux semaines, leur activisme s’est fait remarquer quand cinq de ses membres ont mis en scène ce qu’ils ont qualifié de premier départ jamais organisé d’un voyage Birthright.

Les activistes ont été critiqués par d’autres participants et par leur guide pour être venus dans le voyage avec cette idée en tête et pour ne pas avoir attendu la fin du voyage pour rencontrer des Palestiniens.

Illusration. un groupe Birthright. (Autorisation)

Depuis 1999, Birthright-Taglit a fait venir plus de 650 000 jeunes juifs adultes âgés entre 18 et 26 ans pour des voyages de 10 jours en Israël. Le programme s’efforce de renforcer les liens entre les Juifs de la Diaspora et Israël. Pendant les voyages, les jeunes visitent les meilleurs endroits du pays, ils rencontrent des jeunes Israéliens, y compris des soldats, qui voyagent avec eux dans les bus.

Dimanche, comme pour l’incident du mois dernier, Birthright-Taglit a condamné les actions des huit participants.

« Nous respectons le droit de tous les participants à exprimer leurs propres points de vue et opinions afin de développer un dialogue productif et respectueux. Mais nous n’accepterons pas les tentatives d’utiliser cette expérience pour faire la promotion d’idéologies », a déclaré l’organisation.

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