Pourquoi une firme israélienne a été payée pour espionner des officiels d’Obama?
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Pourquoi une firme israélienne a été payée pour espionner des officiels d’Obama?

Des responsables demandent une explication pour la "campagne d’opération clandestine" conduite par Black Cube "sur l’ordre de partenaires de Trump"

Ben Rhodes, à droite, avec le président Barack Obama dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 10 septembre 2014. (Crédit : Maison Blanche/Pete Souza)
Ben Rhodes, à droite, avec le président Barack Obama dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 10 septembre 2014. (Crédit : Maison Blanche/Pete Souza)

WASHINGTON — Des démocrates au sommet des Comités de Supervision et des Affaires étrangères veulent qu’une entreprise israélienne partage ses données sur sa campagne présumée contre des officiels de l’administration Obama impliqués dans l’accord sur le nucléaire iranien.

« Nous écrivons pour demander les documents en lien avec les informations que Black Cube aurait conduit une campagne ‘d’opérations clandestines’ contre Ben Rhodes et Colin Kahl, des anciens officiels de l’administration Obama, sur l’ordre d’associés du président Donald Trump », pouvait-on lire dans une lettre envoyée jeudi par Elijah Cummings, plus haut démocrate au Comité de Surveillance, et Eliot Engel, son homologue au comité des Affaires étrangères.

« Si ces informations sont exactes, elles soulèvent de graves questions sur comment et pourquoi une entité étrangère a été impliquée dans une tentative d’influencer secrètement la politique étrangère des Etats-Unis », expliquait la lettre.

La lettre était surtout symbolique : minoritaires, les Démocrates n’ont pas les pouvoirs d’assignation à comparaître, et même s’ils disposaient de tels pouvoirs, l’autorité du Congrès sur une entité étrangère serait très limitée.

Black Cube, une entreprise qui aurait également espionné les victimes présumées du magnat du cinéma Harvey Weinstein, qui a été arrêté vendredi pour des accusations de viol, ne commente pas les affaires.

Au moment des révélations que l’entreprise était derrière l’espionnage de Rhodes et Kahl, Black Cube a dit : « C’est la politique de Black Cube de ne jamais discuter de ses clients avec une tierce partie, et de ne jamais confirmer ou réfuter toute spéculation en ce qui concerne le travail de l’entreprise ».

De manière séparée, un porte-parole a déclaré au New York Times que « Black Cube n’a aucune sorte de relation avec l’administration Trump, des assistants de Trump, et quiconque proche de l’administration ou de l’accord sur le nucléaire iranien ».

Le quotidien britannique The Guardian avait été le premier à annoncer que des officiels de l’administration Trump étaient derrière l’opération pour dénicher des informations négatives sur Kahl et Rhodes. Les deux faisaient partie des dizaines d’officiels de l’administration Obama qui ont aidé à construire l’accord iranien, qui a échangé une levée des sanctions pour un arrêt du programme nucléaire de l’Iran. Selon l’article, l’opération visait à aider à justifier la décision de Trump de ce mois de se retirer de l’accord.

D’autres articles ont formulé l’hypothèse que Black Cube avait été recrutée par une entité commerciale qui avait intérêt à voir l’accord annulé.

Cummings and Engel, tous les deux connus pour être des pro-Israël, ont déclaré qu’ils ne prenaient pas pour argent comptant l’affirmation de Black Cube qu’elle n’avait aucun lien avec l’administration Trump.

« Votre entreprise a nié ces informations uniquement dans des termes très larges, déclarant – au présent – que ‘Black Cube n’a aucune sorte de relation avec l’administration Trump, les assistants de Trump, quiconque proche de l’administration, ou de l’accord sur le nucléaire iranien’, ont-ils écrit. Vous n’avez pas nié l’opération en elle-même, vous n’avez pas expliqué qui en était au courant, et vous n’avez pas identifié les clients qui l’ont financée ».

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