Près d’un millier de personnes défilent contre la violence transgenre à Tel Aviv
Rechercher

Près d’un millier de personnes défilent contre la violence transgenre à Tel Aviv

Les militants LGBT, qui défilent après l'agression d'un adolescent, affirment que la recrudescence des attaques est liée à la rhétorique incendiaire contre la communauté gay

Des militants LGBT dénoncent la violence contre la communauté transgenre d'Israël à Tel Aviv, le 28 juillet 2019. (Flash90)
Des militants LGBT dénoncent la violence contre la communauté transgenre d'Israël à Tel Aviv, le 28 juillet 2019. (Flash90)

Dimanche soir, près de 1 000 personnes ont défilé pour dénoncer la violence contre la communauté transgenre d’Israël, après une suspicion de crime haineux devant un centre LGBT où un adolescent a sérieusement été blessé.

Sous la bannière « lutter pour nos vies », les manifestants ont défilé depuis le quartier Florentin vers le Boulevard Rothschild, où des militants LGBT et transgenre se sont adressés à la foule.

Les députés Eitan Ginzburg et Idan Roll de Kakhol lavan ont participé à la manifestation. Il ont déclaré que le parti centriste était engagé pour lutter contre la violence subie par la communauté LGBT.

« Kakhol lavan est impliqué pour promouvoir les droits LGBT, renforcer les sanctions pour les crimes haineux et prendre la violence à l’égard des transgenre très au sérieux », a déclaré le parti dans un communiqué.

Les élus ont condamné les alliés politiques du parti du Likud de Benjamin Netanyahu pour avoir exprimé leur soutien à la « dangereuse » thérapie de conversion et d’autres initiatives polémiques anti-gay.

La marche a lieu après qu’un adolescent de 16 ans de la ville arabe de Tamra a été poignardé vendredi après-midi par son frère devant la maison Beit Dror de Tel Aviv, où il avait fui pour échapper aux pression de sa famille pour adopter un style de vie religieux.

Selon le personnel de Beit Dror, l’adolescent a identifié le suspect comme son frère avant de s’effondrer. La police a lancé une chasse à l’homme pour retrouver le suspect, même si dimanche, aucun arrestation n’a été effectuée.

La victime, qui n’a pas été nommée, était dans un état modéré après avoir subi une opération à l’hôpital Ichilov.

Etai Pinkas-Arad, qui s’occuper des questions LGBT à la municipalité de Tel Aviv, a dit au diffuseur public Kan lors de la marche de dimanche que l’attaque au couteau de Beit Dror était liée à la rhétorique incendiaire contre la communauté gay d’Israël.

« Quand le pays est rempli d’affiches incitant à la haine, quand nos responsables religieux sont prêts à sacrifier notre sang, et le ministre de l’Education veut nous convertir, alors certaines personnes entendent ce message et passent à l’action », a-t-il dit.

Plus tôt ce mois, le ministre de l’Education Rafi Peretz, un membre du cabinet de Netanyahu, a été très critiqué parce qu’il s’est prononcé en faveur de la « thérapie de conversion », une technique polémique qui vise à transformer les gays en hétérosexuels.

Peretz a ensuite retiré ses remarques.

Le ministre de l’Education Rafi Peretz au ministère de l’Education à Jérusalem, le 26 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« L’incitation à la haine constante contre la communauté gay a un lien direct avec l’augmentation de la violence contre nous », a déclaré Pinkas-Arad.

Nitzan Horowitz, le chef du Meretz et le premier chef de parti ouvertement gay d’Israël, a aussi participé à la marche de solidarité.

« Le fait qu’une attaque comme celle-là se produise dans un lieu qui est supposé être un endroit protégé pour les jeunes de la communauté gay démontre l’ampleur du danger », a-t-il dit.

L’attaque au couteau de vendredi a été fermement condamnée comme un crime raciste par des élus arabes.

« Nous ne pouvons pas accepter ce type de violence dans notre société, clairement pas des crimes de haine », a déclaré sur Twitter le chef du parti Hadash Ayman Odeh. La lutte contre la violence et le crime dans notre société est une situation urgente et constitue notre priorité absolue ».

Comme Odeh, d’autres élus arabes ont lié l’attaque au couteau à la violence générale parmi les Arabes israéliens, mais ont explicitement dénoncé les attaques contre la communauté LGBT.

Le lieu de l’agression au couteau à proximité de l’auberge de jeunesse LGBT Beit Dror à Tel Aviv, le 26 juillet 2019.
(Capture d’écran: Channel 13)

« Cet incident choquant montre que le violence de genre au sein de la famille, parfois meurtrière, qui est généralement dirigée contre les femmes, touche aussi les jeunes LGBT qui désirent vivre en liberté », a tweeté la députée Aida Touma-Sliman

Ces dernières années, Israël s’est transformé en l’une des destinations de voyage dans le monde les plus accueillantes pour les gays, avec la parade la gay pride de Tel Aviv qui attire plus de 200 000 personnes. En Israël, les homosexuels servent ouvertement dans l’armée et à la Knesset. De nombreux artistes populaires sont ouvertement gays.

Alors que Netanyahu aime vanter la grande tolérance pour les gays en Israël, il a été critiqué par des militants LGBT pour les commentaires homophobes de Peretz et d’autres membres de sa coalition, qui est dominée par des politiciens religieux et conservateurs. L’année dernière, il a aussi été critiqué pour avoir voté contre l’autorisation de mères porteuses pour les pères gays, probablement sous la pression de ses partenaires de coalition ultra-orthodoxes.

En février, l’organisation de défense de droits LGBT Aguda a publié un rapport enregistrant un bond de 54 % du nombre d’incidents homophobes en 2018, par rapport à l’année précédente.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...