Près d’un millier de personnes ont manifesté à Jérusalem pour la démocratie
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Près d’un millier de personnes ont manifesté à Jérusalem pour la démocratie

La manifestation est survenue alors que le président de la Knesset a annoncé sa démission après avoir refusé d'obéir à une injonction de la Cour suprême

Des Israéliens participent à une manifestation "pour sauver la démocratie d'Israël" devant la Knesset à Jérusalem, le 25 mars 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)
Des Israéliens participent à une manifestation "pour sauver la démocratie d'Israël" devant la Knesset à Jérusalem, le 25 mars 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)

Mercredi après-midi, plus de 1 000 manifestants se sont rassemblés devant la Knesset pour protester contre le comportement de son président Yuli Edelstein. Ce dernier a défié la Cour suprême et a refusé de tenir un vote pour désigner son remplaçant, plongeant ainsi le pays dans une crise constitutionnelle.

Portant des masques de protection et agitant des drapeaux israéliens et des drapeaux noirs, les protestataires ont appelé au départ d’Edelstein. Au même moment, l’intéressé annonçait sa démission.

Les manifestations sont l’un des rares rassemblements autorisés par les règles de confinement locales, mais des participants ont déclaré aux médias israéliens que la police avait empêché d’autres manifestants de les rejoindre.

Mercredi, Edelstein a déclenché une crise quand il a ouvertement refusé d’appliquer une décision de la Cour suprême exigeant qu’il organise un vote de l’assemblée plénière le même jour pour désigner son successeur. Il a quitté son poste, qu’il occupait depuis 2013.

Des Israéliens participent à une manifestation « pour sauver la démocratie d’Israël » devant la Knesset à Jérusalem, le 25 mars 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)

Plus tôt, le conseiller juridique de la Knesset Eyal Yinon avait fait savoir à Edelstein que sa démission ne l’exemptait pas de son obligation de convoquer l’assemblée plénière mercredi, ajoutant que s’il ne le faisait pas, il s’agissait d’un outrage à la justice.

Eyal Yinon a ensuite été appuyé par le procureur général Avichai Mandelblit, qui a informé la Cour suprême et toutes les parties, que l’intéressé devait obéir à la décision de justice.

Eyal Yinon avait auparavant informé la Cour suprême qu’Edelstein, un élu du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui avait fait savoir qu’il n’avait aucune intention de tenir un vote sur le sujet.

Des Israéliens participent à une manifestation « pour sauver la démocratie d’Israël » devant la Knesset à Jérusalem, le 25 mars 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)

Le député Benny Gantz, dont le parti Kakhol lavan a cherché à remplacer Edelstein, a déclaré que « la Knesset appartient aux citoyens israéliens et que ses officiels élus respecteront les lois de l’État d’Israël et les décisions de justice. Personne n’est au-dessus de la loi ».

Lundi soir, la Cour suprême a statué à l’unanimité qu’Edelstein devait organiser une élection d’ici mercredi pour élire un successeur. Dans une décision cinglante, la cour l’a accusé de saper la démocratie en refusant de tenir ce vote.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein (droite) et le président Reuven Rivlin lors de la prestation de serment de la 23ème Knesset, le 16 mars 2020. (Mark Heyman et Haim Zach/GPO)

« Le refus continu de permettre à la Knesset d’élire un président permanent sape les fondations du processus démocratique, a écrit la présidente de la Cour suprême, la juge Esther Hayut, dans une dénonciation virulente du comportement d’Edelstein lundi soir, en lui ordonnant d’organiser un vote d’ici mercredi.

Lundi dernier, Gantz a été chargé par le président Reuven Rivlin de former le prochain gouvernement d’Israël, après que 61 des 120 députés lui ont apporté leur soutien. Mais les 61 – dont 15 sont issus de la Liste arabe unie – n’accepteront pas forcément de siéger ensemble dans une coalition. De fait, ni Gantz ni Netanyahu n’est assuré d’avoir un chemin clairement tracé vers une majorité.

Mercredi dernier, Edelstein a fait l’objet d’un déferlement de critiques après qu’il a refusé de permettre à l’assemblée plénière de la Knesset de tenir un vote à la fois pour la formation de la commission des Arrangements et pour élire un nouveau président. Edelstein a commencé par dire que cette fermeture était justifiée par des raisons de sécurité en pleine épidémie de coronavirus, mais il a ensuite expliqué qu’elle visait à forcer le Likud et Kakhol lavan à parvenir à un compromis dans les négociations d’unité.

Ses détracteurs ont affirmé qu’il s’agissait d’une fermeture illégale du Parlement par le Likud afin de renforcer la pression qu’exerce le parti sur les négociations de coalition. Certains ont même déclaré qu’il s’agissait d’une tentative de coup d’état, alors que l’on empêche une majorité parlementaire dirigée par Gantz de prendre le contrôle de l’ordre du jour à la Knesset.

Edelstein a rouvert la Knesset lundi, mais il a refusé de programmer le vote pour désigner un nouveau président.

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