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Qatar : « Pas de normalisation avec Israël »

Le ministre qatari des Affaires étrangères a déclaré que son pays maintiendrait "des relations de travail"

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, pendant une conférence de presse avec le secrétaire d'Etat Antony Blinken après une cérémonie de signature au Département d'Etat à Washington, le 12 novembre 2021. (Crédit : Olivier Douliery/Pool via AP)
Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, pendant une conférence de presse avec le secrétaire d'Etat Antony Blinken après une cérémonie de signature au Département d'Etat à Washington, le 12 novembre 2021. (Crédit : Olivier Douliery/Pool via AP)

Le ministre qatari des Affaires étrangères Al-Thani a déclaré que son pays maintiendrait  « des relations de travail » afin d’aider les Palestiniens, mais que des relations formelles étaient peu probables sans un « engagement » en faveur d’une solution à deux États.

Le ministre qatari des Affaires étrangères, Cheikh Mohammed ben Abdulrahman Al-Thani, a exclu mercredi la possibilité que l’État du Golfe normalise ses relations avec Israël.

Al-Thani a déclaré au site d’information Axios que bien que Doha ait précédemment maintenu des liens avec Israël « quand il y avait des perspectives de paix » avec les Palestiniens, il a « perdu espoir » après la guerre de Gaza de 2008-2009.

Il a déclaré que le Qatar poursuivrait ce qu’il a appelé sa « relation de travail » pour aider les Palestiniens, mais qu’il lui semblait irréaliste de conclure un accord avec Israël comme les Émirats arabes unis ou Bahreïn
« en l’absence d’un engagement réel en faveur d’une solution à deux
États ».

Avec l’approbation d’Israël, le Qatar a périodiquement fourni depuis 2018 des millions de dollars en espèces aux dirigeants du groupe terroriste du Hamas à Gaza pour payer le carburant de la centrale électrique de l’enclave, financer des projets d’infrastructure et fournir de l’aide à des dizaines de milliers de familles.

Doha a également contribué aux salaires de quelque 50 000 employés du Hamas en envoyant des valises d’argent liquide dans le territoire via Israël, jusqu’aux affrontements avec Israël en mai dernier.

Le nouveau gouvernement israélien, qui avait prêté serment le mois suivant, a promis de mettre fin à cet arrangement.

Alors que les pourparlers nucléaires entre l’Occident et l’Iran sont toujours en suspens, Al-Thani a déclaré que le Qatar travaillait afin de « combler les lacunes » dans les négociations indirectes entre Washington et Téhéran, ajoutant qu’il était « très préoccupé » par des négociations se terminant par un échec et que « nous ne voulons pas voir une course au nucléaire dans notre région ».

Des Palestiniens reçoivent des aides financières du Qatar dans un bureau de poste de Gaza, le 27 novembre 2019. (Crédit : Hassan Jedi/Flash90)

La position du Qatar en tant qu’intermédiaire diplomatique régional a provoqué des tensions avec ses voisins, en raison de ses liens avec l’Iran et avec des groupes terroristes comme les Frères musulmans et les Talibans.

Irrités à ce sujet, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont rompu leurs liens avec le Qatar mi-2017, scellant leur espace aérien aux vols qataris, fermant la seule frontière terrestre du Qatar et expulsant les citoyens qataris. Cette décision a rapproché le Qatar de la Turquie et de l’Iran, qui se sont alors précipités pour soutenir cette minuscule mais richissime nation.

L’impasse régionale s’est achevée au début de cette année avec un accord signé par les dirigeants arabes en Arabie saoudite. Finalement, le Qatar n’a pas cédé à une liste de demandes formulées par le quatuor, notamment la fermeture de sa chaîne d’information Al Jazeera et la remise des islamistes recherchés résidant en exil.

Le Qatar est également devenu un allié plus proche des États-Unis, le président Joe Biden ayant annoncé l’année dernière qu’il désignerait l’État du Golfe comme l’un des 17 principaux alliés non membres de l’OTAN, donnant droit au pays à des avantages spéciaux en matière de défense, commerce, et coopération en matière de sécurité.

Sur cette photo publiée par le Palais royal saoudien, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, au centre à gauche, est accueilli par l’émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, à son arrivée à l’aéroport de Doha au Qatar, le mercredi 8 décembre 2021. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP)

Cette décision a été considérée par beaucoup comme un changement par rapport à l’administration de son prédécesseur, qui favorisait l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

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