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Analyse

Quand un journal iranien pro-régime publie une lettre du Département d’État US

Le Tehran Times a publié une lettre qui informe Rob Malley que son habilitation de sécurité est "suspendue dans l'attente d'une enquête en cours" en raison de "graves problèmes de sécurité"

Robert Malley, l'envoyé spécial de l'administration Biden pour l'Iran, attend de témoigner sur l'accord sur le nucléaire iranien lors d'une audience du Sénat sur les relations étrangères au Capitole à Washington, le 25 mai 2022. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Robert Malley, l'envoyé spécial de l'administration Biden pour l'Iran, attend de témoigner sur l'accord sur le nucléaire iranien lors d'une audience du Sénat sur les relations étrangères au Capitole à Washington, le 25 mai 2022. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

La suspension de Rob Malley, qui était jusqu’à récemment l’envoyé spécial des États-Unis pour l’Iran, continue de susciter un vif intérêt de la part des politiques américains – et de bien d’autres.

Il y a deux mois, Rob Malley avait été mis en congé en raison de sa mauvaise manipulation de documents classifiés. Mais les Américains ont eu un choc la semaine dernière lorsque le Tehran Times, un journal étroitement lié au régime, a publié une lettre qu’il a présentée comme étant la lettre de suspension émise par le département d’État, datée du 21 avril 2023.

Dans cette lettre, Erin Smart, chef du bureau de la sécurité diplomatique du département d’État, déclarait avoir « déterminé que le maintien de votre éligibilité à la sécurité nationale n’est pas clairement compatible avec les intérêts de la sécurité nationale. Votre éligibilité à la sécurité nationale, y compris votre habilitation de sécurité ‘Top Secret’, est suspendue dans l’attente d’une enquête en cours ».

Elle a ajouté que cette décision était due à la réception « d’informations vous concernant qui soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de sécurité » concernant votre conduite personnelle, le traitement d’informations protégées et l’utilisation des technologies de l’information.

L’administration Biden ne s’est pas exprimée sur le sujet, mais n’a pas nié la véracité du reportage, ce qui a renforcé la thèse selon laquelle la lettre est authentique.

Les révélations de la lettre ont rapidement suscité la colère des républicains au Capitole. Le député Michael McCaul, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a exigé une enquête pour savoir comment un document aussi sensible sur le plan politique avait pu tomber entre les mains d’un journal iranien – et ce n’est pas la première fois.

De son côté, Malley a rejoint deux universités d’élite aux États-Unis, Yale et Princeton, en tant que conférencier. Il y enseignera la diplomatie et les relations internationales.

Jusqu’à présent, Malley a gardé le silence médiatique. Sur son compte X (anciennement Twitter), autrefois assez actif, il a ajouté à sa biographie la phrase suivante : « En congé du département d’État ». Son dernier tweet, samedi, est un éloge funèbre de l’ancien diplomate et ex-gouverneur Bill Richardson.

Avant cela, il avait tweeté le 10 août à propos de l’Iran, se félicitant de la nouvelle de la libération de prisonniers américains qui avaient été placés en résidence surveillée à Téhéran dans le cadre d’un accord avec les États-Unis, en écrivant : « Je sais que mes collègues ne se reposeront pas tant qu’ils ne seront pas tous rentrés chez eux ».

L’attitude sympathique de Malley à l’égard de ses collègues du département d’État américain s’explique notamment par le fait qu’il est un ami proche du secrétaire d’État américain Antony Blinken. Ils ont étudié dans le même établissement parisien, l’École Jeannine Manuel.

Le secrétaire d’État Antony Blinken (à gauche) rencontre des membres de la société civile iranienne, ainsi que l’envoyé américain Rob Malley (derrière à gauche) au département d’État, à Washington, le 14 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Cliff Owen)

En tant que l’une des personnalités les plus proches du président Barack Obama, Malley est considéré comme ayant joué un rôle important dans l’élaboration de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien. Lorsque Joe Biden a été élu président, Malley a repris son rôle de liaison avec l’Iran et s’est efforcé de relancer l’accord. Certains, en Israël, ont déclaré qu’il s’y employait au point de déformer la réalité.

« Malley a raconté beaucoup d’histoires », a déclaré un haut fonctionnaire israélien qui a participé aux pourparlers avec les États-Unis. « Il était essentiellement un médiateur direct entre les États-Unis et l’Iran. Souvent, nous ne comprenions pas quels faits constituaient la base des évaluations qu’il présentait au département d’État. Parfois, [ces évaluations] semblaient déconnectées de la réalité. Mais il a toujours bénéficié du total soutien de Blinken ».

Étonnamment, les Iraniens eux-mêmes ont également critiqué Malley. Le Tehran Times, le journal qui a publié la lettre de suspension, a affirmé dans le même article que Malley était en contact étroit avec d’éminents expatriés iraniens aux États-Unis. Le journal souligne que le fils de Malley travaille au sein du groupe de réflexion Quincy Institute, qui est dirigé par Trita Parsi, une Iranienne d’origine qui est une fervente partisane du régime actuel.

Le Représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, Robert Malley, participe à une table ronde au Forum de Doha dans la capitale du Qatar le 27 mars 2022. (Crédit : Marwan Tahtah/MOFA/Forum de Doha)

Selon le Tehran Times, Malley est en contact étroit avec deux éminents expatriés iraniens : Vali Nasr et Ali Vaez. Ce trio, suggère le journal, a alimenté les manifestations dans les rues de l’Iran au cours de l’année écoulée et a tenté de mener une révolution politique par l’intermédiaire de figures locales de l’opposition.

L’ancien porte-parole du CENTCOM, Joe Buccino, qui a lui-même été suspendu de ses fonctions au début de l’année, a sévèrement critiqué Malley dans un éditorial (en anglais) publié ce week-end.

« Dans sa quête agressive d’un nouvel accord nucléaire avec l’Iran, Malley a compromis la position de l’Amérique au Moyen-Orient », écrit Buccino sur le site d’information Real Clear Defense. « L’affection de Malley pour les partisans de la ligne dure iranienne était souvent difficile à comprendre. Au lieu d’approcher Téhéran avec une mesure appropriée de scepticisme et de pression, Malley semblait plus intéressé par l’apaisement ».

Cet article a été initialement publié dans sa version hébraïque sur le site de Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel.

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