Raam : nous boycottons les votes et réunions de la Knesset jusqu’à nouvel ordre
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Raam : nous boycottons les votes et réunions de la Knesset jusqu’à nouvel ordre

Walid Taha ne précise pas la raison de cette décision, mais Raam désapprouverait l'ouverture de la coalition à la Liste arabe unie et le mépris pour ses demandes

MK Waleed Taha (gauche) et Mansour Abbas, leader du Ra'am, et des membres du parti au siège du Ra'am à Tamra, le 23 mars 2021, à la fin du vote le jour des élections. (Flash90)
MK Waleed Taha (gauche) et Mansour Abbas, leader du Ra'am, et des membres du parti au siège du Ra'am à Tamra, le 23 mars 2021, à la fin du vote le jour des élections. (Flash90)

Le parti islamiste Raam a annoncé dimanche qu’il mettait fin à sa coopération parlementaire avec la coalition, lui refusant ainsi une majorité, du moins temporairement, à un moment critique où le gouvernement doit réunir une majorité à la Knesset pour adopter le budget de l’État.

Waleed Yaha, député du parti Raam, a écrit dimanche sur Twitter que son parti islamiste ne participerait plus aux réunions de commission à la Knesset ou aux votes en séance plénière jusqu’à nouvel ordre.

Taha n’a pas précisé pourquoi Raam avait pris une telle décision mais Kan a cité une source proche de la formation qui a indiqué que le parti ne permettrait pas à la coalition de mener des négociations avec la Liste arabe unie, ce qui pourrait affaiblir Raam.

Contrairement à Raam, la Liste arabe unie s’oppose au nouveau gouvernement mais elle peut encore offrir un soutien à la coalition en votant ou en s’abstenant sur un projet de loi donné.

La Liste arabe unie a vivement critiqué la décision de Raam de devenir le premier parti arabe à rejoindre une coalition israélienne.

Selon certains médias, de nombreux partis de la coalition ont mené des discussions avec la Liste arabe unie pour soutenir le budget de l’État, qui doit être adopté dans les 100 jours suivant la prestation de serment du gouvernement, faute de quoi ce dernier est dissous. La coalition dispose d’une majorité très étroite de 61 législateurs à la Knesset, qui compte 120 sièges, ce qui signifie que la prise de distance par Raam la prive d’une majorité parlementaire.

Walid Taha, député de Raam, à une réunion de la commission des arrangements de la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les médias ont également cité des sources indiquant que Raam exprimait une frustration générale concernant le traitement du parti par la coalition, arguant qu’il avait fait le plus de concessions et le moins de gains, en particulier concernant ses demandes de permis de construire pour ses électeurs bédouins dans la région du Néguev.

« Nous faisons la promotion du gouvernement plus qu’il ne fait notre promotion », aurait déclaré une source citée par le site d’information Walla. « Nous payons un prix pour tout ce que nous faisons pour maintenir la coalition intacte, mais nous ne recevons rien en retour. »

La source a également exprimé son mécontentement quant au fait que les promesses de lutte contre la criminalité dans la communauté arabe n’ont pas été tenues.

Le parti est également en colère contre le gouvernement pour avoir poussé agressivement l’extension d’une loi interdisant aux Palestiniens ayant des conjoints israéliens d’obtenir la citoyenneté – une loi que certains de ses membres ont soutenue récemment mais qui est tombée en raison de l’objection de l’opposition et d’un membre rebelle du parti Yamina de Bennett.

Le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett (G) discute avec Mansour Abbas, chef du parti islamique Raam, lors d’une session spéciale pour voter sur le nouveau gouvernement à la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021. (Crédit : EMMANUEL DUNAND/AFP)

Une source de la Liste arabe unie a été citée par les médias israéliens disant que la dernière décision de Raam était « embarrassante ».

Raam « est en détresse en raison de son vote en faveur de la loi sur le regroupement familial », a déclaré la source. « L’affirmation selon laquelle ils sont anxieux en raison des discussions avec la Liste arabe unie est pathétique. Ils peuvent être calmes car nous n’entrerons pas dans la coalition. Nous les laisserons garder l’embarras pour eux et nous continuerons à servir notre public avec nos propres méthodes. »

Le député Mazen Ghanaim vu à la Knesset , avant la session d’ouverture du nouveau gouvernement, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)

Les commentaires de Taha surviennent après qu’un autre député du parti islamiste, Mazen Ghanaim, a indiqué que Raam pourrait quitter la coalition si l’État juif devait frapper la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas.

« Gaza, le Liban et les lieux saints musulmans et chrétiens [à Jérusalem] sont des lignes rouges », a déclaré Ghanaim à la radio en langue arabe du radiodiffuseur public Kan, Makan.

« Il n’y a pas d’histoire d’amour entre Mansour Abbas et le nouveau gouvernement », a déclaré Ghanaim, disant que le sort du gouvernement reste à voir mais qu’il considère le Premier ministre Naftali Bennett comme aussi mauvais que son prédécesseur Benjamin Netanyahu.

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