Rafi Peretz intègre la coalition et devient ministre des Affaires de Jérusalem
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Rafi Peretz intègre la coalition et devient ministre des Affaires de Jérusalem

Cette annonce survient au lendemain d'une journée de négociation sur la composition du cabinet ; Netanyahu doit contenter les élus Likud avec un nombre de portefeuilles limités

Rafi Peretz, alors chef du parti HaBayit HaYehudi, à Petah Tikva, le 20 février 2019. (Gili Yaari/Flash90)
Rafi Peretz, alors chef du parti HaBayit HaYehudi, à Petah Tikva, le 20 février 2019. (Gili Yaari/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yamina Rafi Peretz ont signé vendredi matin un accord consistant à intégrer ce dernier à la coalition au pouvoir.

Peretz sera ministre des Affaires de Jérusalem, du Patrimoine et des projets nationaux, ont indiqué Netanyahu et Peretz dans un communiqué conjoint. L’annonce survient après que Peretz s’est désolidarisé de l’alliance de droite jeudi pour rejoindre le gouvernement, alors que les négociations avec Netanyahu prenaient de l’ampleur au sujet du poste que Peretz occuperait dans le nouveau gouvernement.

Le bureau du Premier ministre a félicité Peretz pour sa nomination, affirmant que « le ministre Peretz a fait preuve de responsabilité à l’égard du sionisme religieux et sera un partenaire central du gouvernement prochainement formé ».

« Ensemble, nous continuerons à mener l’important processus en faveur du sionisme religieux, et en particulier le processus historique d’application de la souveraineté [aux implantations] », a déclaré Netanyahu, selon le site Walla.

Peretz a déclaré qu’il « représenterait le sionisme religieux en renforçant Jérusalem, notre capitale éternelle ».

L’entrée de Peretz dans le gouvernement est soumise à l’approbation de son parti, HaBayit HaYehudi.

Après cette annonce, Peretz a écrit sur Twitter : « Jérusalem, lumière du monde. »

La prestation de serment du gouvernement « d’union » israélien de Benjamin Netanyahu et Benny Gantz, prévue jeudi soir, a été reportée à dimanche, ont indiqué les deux camps dans un communiqué.

L’intronisation du nouveau gouvernement, qui devait mettre un terme à la plus longue crise de l’histoire politique du pays, a été repoussée afin de permettre à M. Netanyahu de « terminer » la répartition des portefeuilles ministériels au sein de son parti, le Likud, selon le communiqué.

Les partis du Likud et de Kakhol lavan ont jusqu’à mercredi soir pour investir un nouveau gouvernement avant que de nouvelles élections ne soient automatiquement déclenchées. La plupart des analystes estiment que Netanyahu sera en mesure de gérer la crise, et que la coalition sera intronisée la semaine prochaine.

Peretz s’est distancié de la faction de droite Yamina jeudi pour rejoindre un gouvernement Netanyahu, mais sa position dans la nouvelle coalition n’était pas encore définie. Le Premier ministre devait trouver un équilibre entre les exigences du député d’extrême-droite et celles des membres de son propre parti du Likud.

De gauche à droite : Naftali Bennett, Ayelet Shaked et Bezalel Smotrich lors d’un événement de campagne dans l’implantation d’Elkana, en Cisjordanie, le 21 août 2019. (Crédit : Ben Dori/Flash90)

Peretz avait initialement accepté de quitter Yamina en échange du portefeuille des Affaires de Jérusalem, mais Netanyahu avait ensuite tenté de le convaincre d’accepter le poste de ‘ministre des Implantations’, créé pour lui, a appris le Times of Israël auprès de sources du Likud.

Peretz avait catégoriquement rejeté cette offre et a menacé de s’adresser à l’opposition si Netanyahu ne le nomme pas ministre des Affaires de Jérusalem comme promis initialement, a rapporté le radiodiffuseur public Kan. Il n’était pas clair si Peretz serait accueilli de nouveau à Yamina s’il refusait de rejoindre le gouvernement étant donné sa décision d’abandonner le parti quelques heures plus tôt.

Cette démarche, par le ministère de l’Education sortant et ancien rabbin de l’armée, a suscité la colère de certains alliés de Yamina, qui ont rejoint l’opposition après l’échec de leurs négociations quant à un portefeuille ministériel.

Les négociations de coalition tendues entre le parti de droite Yamina et le Likud ont échoué mercredi après une ultime tentative. Naftali Bennett, chef de Yamina, a accusé Netanyahu de l’avoir délibérément écarté, tandis que le Likud a fustigé Bennett pour ses demandes politiques excessives qui n’étaient pas proportionnelles aux six sièges que le parti détient.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours d’une conférence de presse sur le coronavirus au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 25 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Bennett a affirmé jeudi soir que Netanyahu n’avait jamais véritablement été intéressé à intégré son parti dans la coalition et que le parti du Likud avait « capitulé face à la gauche » en « effaçant » une clause d’annexion de la Cisjordanie du programme officiel du nouveau gouvernement.

Le ministre de la Défense sortant a inlassablement démenti que Yamina négociait encore avec Netanyahu pour intégrer le gouvernement malgré le report de l’investiture.

Bennett avait déclaré que son parti n’avait initialement pas prévu de rejoindre l’opposition, mais qu’il s’y était préparé, et qu’il le ferait « la tête haute » parce que s »il avait fallu siéger dans un gouvernement « de gauche » entrant, Yamina aurait dû s’aligner à des politiques auquel il est idéologiquement opposé.

Le dirigeant de Yamina a affirmé que Netanyahu avait « effacé la souveraineté » du programme de la coalition qu’ils « ont publié dans la nuit, comme des voleurs », mercredi soir. « Il a effacé les mots ‘Judée et Samarie’ du programme. »

Bennett n’a pas parlé de Peretz durant sa conférence de presse de jeudi.

Le Likud a réagi à la conférence de presse de Yamina en raillant Bennett, affirmant que ses plaintes émanaient du fait que Netanyahu ne voulait pas lui accorder le portefeuille de la Santé.

Yamina est une alliance politique de plusieurs partis de droite qui avaient fusionné avant les élections de septembre 2019, et qui s’est dissous un mois plus tard. Elle s’est reformée à l’approche des élections de mars 2020. En avril 2019, les partis s’étaient présentés séparément, et l’Union des partis de droite de Peretz avait obtenu 5 sièges, tandis que HaYamin HaHadash, de Bennett, avait échoué à entrer au Parlement.

Peretz, ancien rabbin militaire, sans expérience politique, avait été choisi l’an dernier pour diriger le parti HaBayit HaYehudi après le départ de Bennett et d’Ayelet Shaked, qui ont créé leur parti, HaYamin HaHadash, une alternative de droite plus laïque.

En janvier 2020, Peretz avait renoncé à un accord politique avec le parti d’extrême-droite Otmza Yehudit pour qu’il rejoigne Yamina, résistant à la pression de Netanyahu et d’autres autorités nationalistes religieux. Le parti d’extrême-droite avait fini par se présenter seul et n’avait pas dépassé le seuil d’éligibilité pour intégrer la Knesset.

Le leader de HaBayit HaYehudi Rafi Peretz (à gauche) avec Itamar Ben Gvir, de la formation extrémiste Otzma Yehudit, le 20 décembre 2019. (Autorisation)

Bennett et Netanyahu sont alliés dans la coalition depuis 2013, mais leur relation personnelle est assez tumultueuse. Bennett et Netanyahu ont notamment divergé sur la question des opérations militaires à Gaza, et le premier a fini par lancer un ultimatum pour obtenir le portefeuille de la Défense, auquel il a finalement renoncé.

Il est ensuite devenu ministre de la Défense par intérim, mais il quittera ce poste lors de la cérémonie d’investiture du nouveau gouvernement, et a demandé à avoir son mot à dire dans la gestion de la crise du coronavirus.

L’un des points centraux du programme de Yamina est l’annexion de pans de la Cisjordanie – ce que le gouvernement semble vouloir mettre en place.

Le gouvernement devrait donc être composé du Likud, de Kakhol Lavan, du Parti travailliste, de Gesher, de Yahadout HaTorah et du Shas. Netanyahu et Benny Gantz, chef de Kakhol lavan, se partageront le poste de Premier ministre. Gantz sera d’abord ministre de la Défense pendant 18 mois.

Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid-Telem – et ancien allié de Gantz – devrait devenir chef de l’opposition. Celle-ci sera composée, avec le parti de Lapid, de la Liste arabe unie, du Meretz, du parti de droite Yisrael Beytenu et de Yamina.

Ce gouvernement mettra fin à 18 mois d’impasse politique et à trois cycles électoraux infructueux.

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