Rahm Emanuel : « Les États-Unis ne devraient jamais verser de sang pour la sécurité de l’État d’Israël »
Affirmant que Jérusalem a entraîné les États-Unis dans le conflit, l'ex-maire de Chicago appelle à la fin des subventions liées aux ventes d'armes

Rahm Emanuel a rejoint les appels de plus en plus nombreux demandant aux États-Unis de mettre fin aux subventions liées à leurs ventes d’armes à Israël, estimant que l’État hébreu devrait acheter des armes aux mêmes conditions que les autres alliés américains.
« L’époque où les contribuables subventionnaient militairement Israël est révolue », a déclaré Emanuel lors d’une intervention dans l’émission « Real Time » de Bill Maher sur HBO Max.
« Finie l’aide financière. »
Emanuel, qui est juif, est l’ancien maire de Chicago et est considéré comme un candidat probable à l’élection présidentielle démocrate de 2028.
Ses déclarations interviennent plusieurs mois après qu’il eut affirmé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le gouvernement israélien portaient la responsabilité des privations alimentaires subies par les Gazaouis l’été dernier.
Aujourd’hui, alors que le soutien à Israël atteint un niveau historiquement bas parmi les démocrates et que les dirigeants du parti s’éloignent de plus en plus du soutien de longue date apporté par les États-Unis à ce pays, les appels à mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël se font de plus en plus nombreux.
La semaine dernière, tous les sénateurs démocrates, à l’exception de sept, ont voté pour bloquer la vente de certaines armes à Israël, soit une multiplication par deux du nombre de législateurs soutenant des résolutions similaires en seulement deux ans.
Emanuel, dont le père est né à Jérusalem et qui s’est porté volontaire en tant que civil dans l’armée israélienne pendant la Guerre du Golfe dans les années 1990, a déclaré à Maher qu’Israël devrait être en mesure de financer sa propre armée – et a laissé entendre qu’il ne répondait peut-être pas aux critères des États-Unis pour pouvoir acheter des armes de fabrication américaine.
« Israël est une nation très riche. Il ne devrait plus y avoir de soutien des contribuables pour ce qu’ils veulent faire et ils devraient bénéficier des mêmes conditions que n’importe lequel de nos alliés », a déclaré Emanuel.
« Ils doivent se conformer aux lois américaines s’ils veulent acheter tel ou tel type d’armes, et c’est ainsi que cela devrait être organisé. »
En janvier, Netanyahu a pour la première fois déclaré qu’il souhaitait « réduire progressivement » l’aide militaire américaine à Israël au cours de la prochaine décennie, jusqu’à ce qu’elle atteigne zéro.
Sa promesse a rapidement reçu le soutien du sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham, qui a alors déclaré : « Nous n’avons pas besoin d’attendre dix ans. »
Évoquant la guerre conjointe américano-israélienne en Iran, Emanuel a déclaré que cette initiative équivalait à une « violation d’une règle qu’Israël applique depuis 78 ans », arguant qu’Israël cherchait depuis longtemps à éviter d’entraîner les États-Unis dans des conflits avec ses voisins.
« Les États-Unis ne devraient jamais verser de sang pour la sécurité de l’État d’Israël », a-t-il déclaré.
« Ce qui s’est passé avec l’intervention en Iran, où les États-Unis et Israël ont combattu ensemble pour la première fois en 78 ans, constitue un changement majeur de la politique israélienne, qui s’accompagne d’un risque politique, et ils en prennent désormais conscience. »
Le président américain Donald Trump a démenti qu’Israël l’ait convaincu de lancer cette guerre.
Lundi, il s’en est pris à un article du New York Times affirmant que Netanyahu avait influencé sa décision, le qualifiant de « fake news », tout en ajoutant que le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, avait renforcé son « opinion de toujours selon laquelle L’IRAN NE DOIT JAMAIS DISPOSER D’UNE ARME NUCLÉAIRE ».
Netanyahu a maintes fois tourné en dérision l’idée selon laquelle il aurait entraîné les États-Unis dans une guerre contre la République islamique d’Iran, la qualifiant elle aussi de « fake news », et insistant sur le fait que Trump ne prend ses décisions qu’en fonction« de ce qu’il estime être bon pour l’Amérique ».







