Rechercher

Rare attaque de missiles sur le port de Lattaquié, attribuée à Israël

La Syrie affirme que des avions israéliens ont tiré des missiles sur des dépôts de stockage, qui appartiendraient à des milices liées à l'Iran, provoquant de fortes explosions

De la fumée après une  frappe de missiles attribuée à Israël, sur le port syrien de Lattaquié, le 7 décembre 2021 (Capture d'écran Twitter).
De la fumée après une frappe de missiles attribuée à Israël, sur le port syrien de Lattaquié, le 7 décembre 2021 (Capture d'écran Twitter).

Des frappes aériennes israéliennes ont atteint des conteneurs du port de Lattaquié (ouest de la Syrie) dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé l’agence de presse officielle syrienne, une rare attaque contre des installations stratégiques du pays.

« Vers 01h23 aujourd’hui (23h23 GMT lundi), l’ennemi israélien a mené une agression aérienne avec plusieurs missiles visant le parc à conteneurs du port commercial de Lattaquié », a déclaré une source militaire syrienne citée par l’agence SANA.

Et ce bombardement a mis le feu à « un certain nombre de conteneurs commerciaux », sans faire de victimes, a-t-elle précisé, évoquant une « riposte de nos défenses anti-aériennes ».

Des photos publiées par SANA montraient un incendie dans le parc à conteneurs. La télévision d’Etat syrienne a assuré dans un second temps que « les équipes de pompiers ont maîtrisé l’incendie qui s’est déclaré dans le port de Lattaquié à la suite de l’agression israélienne ».

La télévision d’État syrienne a rapporté qu’après la frappe initiale, cinq explosions ont été entendues dans le port et un énorme incendie a éclaté dans la zone des conteneurs et les camions de pompiers se sont précipités vers le port, indiquant probablement des explosions secondaires causées par la détonation des armes à l’intérieur du dépôt.

L’armée israélienne n’a fait aucun commentaire.

Il s’agit d’une attaque très inhabituelle contre le port de Lattaquié, une installation vitale qui permet d’acheminer une grande partie des importations syriennes dans ce pays déchiré par la guerre et par laquelle l’Iran acheminerait des armes à ses milices dans le pays, notamment l’armée terroriste libanaise Hezbollah.

Bien qu’Israël ait régulièrement mené des raids contre des cibles liées à l’Iran en Syrie, il frappe rarement à proximité de Lattaquié, et encore moins à l’intérieur du terminal, car l’armée russe maintient une base d’opérations à proximité. En raison de ses relations délicates avec Moscou, Israël s’abstient généralement de mener des attaques contre des cibles s’il y a des troupes russes à proximité, mais Israël estime que cette politique bien connue a conduit l’Iran à chercher à protéger ses transferts d’armes en les menant près des zones contrôlées par la Russie.

La précédente fois qu’Israël aurait mené une frappe sur une cible dans la ville de Lattaquié – mais pas dans le port – remonte à 2018, année au cours de laquelle un avion espion russe avait été accidentellement abattu par les défenses aériennes syriennes, provoquant une confrontation majeure entre Jérusalem et Moscou. Israël aurait également mené des raids contre des cibles dans la ville portuaire en 2014 et deux fois en 2013.

Au fil des ans, Israël a mené des centaines de frappes sur des cibles à l’intérieur de la Syrie contrôlée par le gouvernement, mais reconnaît rarement ces opérations ou en discute. Par le passé, de nombreuses frappes ont visé le principal aéroport de la capitale Damas, par lequel l’Iran est également soupçonné de transférer des armes perfectionnées à ses mandataires.

Israël a toutefois reconnu qu’il visait les bases de groupes terroristes alliés de l’Iran, tels que le Hezbollah libanais, dont les combattants sont déployés en Syrie. Il affirme s’attaquer aux cargaisons d’armes censées être destinées à ces groupes.

Le Hezbollah se bat aux côtés des forces du président syrien Bachar Assad dans la guerre civile qui dure depuis dix ans.

Israël affirme que la présence iranienne à sa frontière nord constitue une ligne rouge, justifiant ses frappes sur les installations et les armes à l’intérieur de la Syrie.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...