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Rejet de l’arrangement conclu avec une firme mise en cause dans l’Affaire 4000

Une juge du district de Tel Aviv a déclaré qu'aucun accord devait être signé avec Eurocom tant que son ancien propriétaire, Shaul Elovitch, est lui-même sur le banc des accusés

L'homme d'affaires, Shaul Elovitch arrive à une audience du procès de l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu à la cour de district de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
L'homme d'affaires, Shaul Elovitch arrive à une audience du procès de l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu à la cour de district de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lors d’un coup qui a été porté au ministère public, une magistrate a refusé, mardi, d’approuver un arrangement judiciaire qui avait été conclu avec Eurocom Holdings Ltd., une firme impliquée dans le procès en cours pour corruption de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La juge du district de Tel Aviv, Michal Agmon-Gonen, a expliqué qu’Eurocom ne devait pas signer l’arrangement dans lequel la firme reconnaît avoir commis des actes répréhensibles tant que son ancien propriétaire, Shaul Elovitch, est traduit en justice. Il ne cesse, pour sa part, de clamer son innocence.

L’entreprise Eurocom avait été initialement fondée par Elovitch en 1978 – elle fabriquait à l’époque des téléphones – et elle contrôlera ultérieurement de larges pans du marché des médias israéliens, notamment la compagnie de télécommunications Bezeq, le site d’information Walla et la chaîne par satellite YES.

Selon l’accord qui a été finalement écarté, la firme aurait reconnu les charges dont elle est accusée dans deux dossiers en cours et elle aurait versé une amende de 400 000 shekels.

Parmi les charges retenues dans le cadre de l’arrangement, corruption aggravée, de multiples chefs de fraude et abus de confiance.

La compagnie est aussi mise en cause pour avoir versé des pots-de-vin et pour blanchiment d’argent par le biais d’Elovitch dans le cadre de l’Affaire 4000.

« La responsabilité pénale d’Eurocom émane des actions criminelles et de la mentalité d’Elovitch, qui était fonctionnaire dans la compagnie », note l’acte d’inculpation.

L’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à la cour de district de Jérusalem pour une audience dans son procès de corruption en cours, le 23 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cet arrangement judiciaire aurait été le tout premier à être conclu dans le procès en cours de Netanyahu.

Agmon-Gonen a précisé que les délibérations dans le dossier d’Eurocom seraient reportées au mois de mai prochain, au mieux.

Netanyahu est actuellement traduit en justice dans trois affaires de corruption. Il doit répondre de fraude et d’abus de confiance dans les Affaires 1000 et 2000, et de pot-de-vin, de fraude et d’abus de confiance dans l’Affaire 4000. L’ancien Premier ministre, pour sa part, ne cesse de clamer son innocence, affirmant que ces accusations ont été fabriquées de toutes pièces dans le contexte d’un coup d’État politique dirigé par la police, les médias et les procureurs.

L’Affaire 4000 est assurément la plus sérieuse impliquant l’ancien Premier ministre. Netanyahu est accusé d’avoir privilégié, de manière illicite et lucrative, les intérêts commerciaux de Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de la compagnie médiatique Bezeq, en échange d’une couverture positive de ses actions sur le site d’information Walla, propriété d’Elovitch.

Elovitch et son épouse sont mis en examen pour pots-de-vin dans l’Affaire 4000.

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