Rencontre entre les commandants des armées de l’air française et israélienne
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Rencontre entre les commandants des armées de l’air française et israélienne

Amikam Norkin et Philippe Lavigne se sont rencontrés au début du mois pour discuter de nouvelles "possibilités de coopération"

Le commandant de l'armée de l'air israélienne, Amikam Norkin, et le commandant de l’armée de l'air française, le général Philippe Lavigne, lors de leur rencontre en novembre 2020. (Crédit : Tsahal / Twitter)
Le commandant de l'armée de l'air israélienne, Amikam Norkin, et le commandant de l’armée de l'air française, le général Philippe Lavigne, lors de leur rencontre en novembre 2020. (Crédit : Tsahal / Twitter)

Le commandant de l’armée de l’air israélienne, Amikam Norkin, et le commandant de l’armée de l’air française, Philippe Lavigne, se sont rencontrés au début du mois, a rapporté la page Twitter de l’armée israélienne.

Les deux militaires ont « discuté des possibilités de coopération relatives aux activités opérationnelles et aux échanges d’expertise », a rapporté la page, sans donner plus de détails.

Les armées des deux pays organisent régulièrement des exercices militaires communs. En février dernier, un exercice de combat aérien franco-israélien avait été mené dans le sud d’Israël, simulant un combat à 3 contre 3, avec des pilotes israéliens en F-16 et des Français aux commandes de Rafales. Un autre exercice aérien entre les deux nations avait eu lieu en novembre 2016 en Corse.

Ce type d’exercice conjoint, ainsi que les exercices multinationaux plus importants, permettent aux pilotes israéliens d’apprendre les tactiques et les techniques d’autres forces aériennes et d’apprendre à travailler avec des pilotes et des avions peu familiers, ce qu’ils pourraient avoir à faire à l’avenir sur le plan opérationnel.

Sur un plan plus stratégique, ces exercices permettent également à Israël de maintenir des relations militaires fortes avec des pays du monde entier, indépendamment de toute tension diplomatique ou politique. Dans certains cas, des pilotes israéliens ont même participé à des exercices aux côtés de pays qui ne reconnaissaient pas officiellement l’État d’Israël, comme le Pakistan et les Émirats arabes unis.

En 2018, à Toulon, pour la première fois depuis 55 ans et en vue d’améliorer leur « coordination » en Méditerranée, la marine israélienne avait participé à un exercice avec son homologue française.

Si la marine française effectue de fréquentes escales à Haïfa, grand port militaire dans le nord d’Israël, les dernières manœuvres maritimes conjointes effectuées en France remontaient à 1963, selon l’armée israélienne.

À l’époque, le président français Charles de Gaulle avait donné un sérieux coup de frein à la coopération militaire entre les deux pays. Avant son accession au pouvoir en 1958, la France était le principal pourvoyeur d’armes à Israël et participait à la construction du réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud du pays. Après la guerre israélo-arabe de juin 1967, la France avait imposé un embargo sur les ventes d’armes à Israël.

La corvette de classe Sa’ar-6 qui sera officiellement remise à la marine israélienne, le 11 novembre 2020. (Armée israélienne)

L’annonce de la rencontre au début du mois entre les généraux Amikam Norkin et Philippe Lavigne a eu lieu peu après que plusieurs députés français ont érigé Israël comme modèle dans la lutte contre le terrorisme, après les attentats contre le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine et la basilique Notre-Dame de Nice le 29 octobre.

Gilbert Collard, député européen du Rassemblement national, a conseillé de « s’intéresser aux méthodes de l’État israélien » en matière de lutte contre le terrorisme.

« Il faut un État de droit antiterroriste », a-t-il affirmé sur le plateau de CNews. « En Israël, quand un individu est sérieusement soupçonné d’un possible passage à l’acte terroriste, on l’appréhende et on le présente à une juridiction. Donc l’État de droit intervient et là on apprécie si les risques sont réels ou pas. Mais il y a quand même une alerte qui est donnée. Nous, on ne peut pas le faire. »

Christian Estrosi. (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Christian Estrosi, maire de Nice, a lieu rappelé dans un entretien au Figaro « qu’en Israël, chaque citoyen a le devoir de signaler ce qui lui paraît suspect pour protéger l’ensemble de la société », expliquant qu’il fallait que la France rentre à son tour « dans un monde de vigilance ».

« Israël est une démocratie qui lutte depuis sa création pour sa survie », a lui expliqué Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes. « Malgré la menace permanente à laquelle elle est confrontée, elle a su maintenir son régime démocratique et triompher de la multitude de ceux qui veulent la détruire. C’est pour moi un modèle dans la lutte contre le terrorisme qui doit nous inspirer. »

Xavier Bertrand, président ex-LR des Hauts-de-France et candidat à l’élection présidentielle, a lui déclaré sur CNews : « Israël qui, depuis longtemps, combat le terrorisme c’est une démocratie ou une dictature ? Une démocratie ! On peut très bien être une démocratie mais savoir se protéger et protéger la population. »

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, à la Sorbonne, le 25 septembre 2017. (Crédit : Facebook/Valérie Pécresse)

Valérie Pécresse, présidente ex-LR de la région Île-de-France qui s’était rendue en Israël en 2017, a elle affirmé au Figaro que « ce qui est certain c’est qu’Israël sait ce que c’est de vivre avec une menace terroriste latente. Ils ont développé, grâce à l’intelligence artificielle, des logiciels de repérage des comportements suspects. Sur ce point-là, ils sont très en avance. On peut apprendre d’Israël sur ces technologies de sécurité et de prévention des attentats ».

En 2016 déjà, peu après l’attentat du 14-Juillet à Nice, le président de la région Normandie, Hervé Morin, appelait dans Le Figaro à « israéliser » la sécurité de la France.

L’AFP et Glenn Cloarec ont participé à cet article.

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