Retour sur les premières primaires du parti Les Démocrates
97 000 des 112 376 membres inscrits ont voté en ligne ; pour le chef du parti, la liste devrait attirer "plus d'un million d'électeurs"
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Lundi, le parti de gauche Les Démocrates a tenu ses primaires, à l’issue desquelles la députée Naama Lazimi s’est classée en deuxième position sur la liste électorale, derrière le chef du mouvement, Yair Golan.
Naama Lazimi est suivie par le député Gilad Kariv, un rabbin réformé, la députée Efrat Rayten, le militant libéral Yaya Fink, l’ancienne députée du Meretz Gaby Lasky, le militant antigouvernemental et réserviste Omri Ronen, l’ancienne députée du Meretz Michal Rozin, le leader des manifestations antigouvernementales Moshe Radman, la militante musulmane pour la coexistence Somaya Bashir, et l’ancien général de l’armée de l’air Nimrod Sheffer, qui forment le top 10 des candidats élus.
Golan a été élu président du parti lors d’un scrutin distinct, en 2024, lors de la création du mouvement suivant l’alliance entre le Parti travailliste et le Meretz ; il ne participe donc pas aux primaires. Ces primaires sont les toutes premières du nouveau parti, et les élections à venir sont les premières auxquelles il se présente.
Le Parti travailliste, de centre-gauche, dont les prédécesseurs dominaient autrefois la scène politique israélienne, a organisé des primaires tout au long de son histoire, à l’instar du parti de gauche Meretz.
Vingt candidats ont été choisis parmi les 51 candidats en lice lors du scrutin de lundi. Le parti devrait remporter 10 ou 11 sièges à la Knesset, qui en compte 120, lors des élections du 27 octobre, selon les sondages concordants réalisés par les médias israéliens, notamment Zman Yisrael, le site partenaire du Times of Israel.
Selon le parti, 97 000 de ses 112 376 membres inscrits ont voté, ce qui représente un taux de participation de 86 % dans ces premières primaires entièrement en ligne de la politique israélienne, réalisées à l’aide d’un système de vote numérique sécurisé.
Lazimi s’est imposée comme l’une des députées de gauche les plus connues et les plus remarquées en Israël. Depuis plusieurs années, elle est une figure incontournable des manifestations antigouvernementales, notamment des rassemblements hebdomadaires organisés par le Forum des familles des otages et des disparus. Elle a également été malmenée et agressée verbalement par des policiers à plusieurs reprises lors de manifestations, et a fait l’objet de vives critiques, voire de menaces de violence, de la part de députés de la coalition.
« Très reconnaissante et extrêmement heureuse », a écrit Lazimi sur les réseaux sociaux à l’issue du scrutin. « Je vous remercie infiniment pour votre confiance et votre soutien. »
Golan a promis que la première mesure de tout gouvernement auquel son parti participerait serait de mettre en place une commission d’enquête nationale sur les défaillances liées à l’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023. Une mesure qui serait suivie de l’abrogation de « toutes les lois liées à la refonte judiciaire ».
« C’est la démocratie à son apogée : vivante, dynamique et prête au combat. Et l’équipe qui se tient derrière moi ce soir sera celle que choisiront plus d’un million d’électeurs », a lancé Golan, lorsqu’il a dévoilé la liste des candidats du parti à la Knesset depuis Tel Aviv.
« Sans la forte présence et l’influence de membres des Démocrates au sein du prochain gouvernement, l’ensemble du bloc pour le changement glissera très rapidement vers la droite », a-t-il poursuivi. « Cette fois, nous ne nous laisserons pas faire. Nous n’avons aucune intention de transiger sur nos principes fondamentaux », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’oppose fermement à la création d’une commission d’enquête nationale, arguant que les juges qui la dirigeraient feraient preuve de partialité à son égard, alors même que la majorité des Israéliens sont favorables à une telle commission. La refonte du système judiciaire, qui vise à affaiblir les tribunaux israéliens, a également été une priorité de son gouvernement.
Le parti Les Démocrates est l’un des rares mouvements politiques israéliens à recourir à des primaires pour désigner ses candidats à la Knesset, aux côtés du parti HaTzionout HaDatit du ministre des Finances, Bezalel Smotrich.
Si le Likud élit également la majeure partie de ses candidats par le biais d’une primaire, le Premier ministre Benjamin Netanyahu sélectionnera lui-même huit candidats sur la liste du parti, conformément aux règles approuvées cette semaine. Le parti Hadash, à majorité arabe, désigne quant à lui ses candidats par un vote des délégués du mouvement – plutôt que par l’ensemble de ses adhérents.
Dans la plupart des autres formations, notamment les alliés des Démocrates au sein du bloc d’opposition sioniste anti-Netanyahu, l’ordre des candidats est déterminé par la direction du parti ou par d’autres instances internes.
Dans son communiqué, le parti Les Démocrates a indiqué que la première réunion de la nouvelle liste du mouvement se tiendrait dans l’après-midi de mardi, à l’Expo Tel Aviv.
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