Réunion sur le conflit israélo-palestinien : participation américaine incertaine
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Réunion sur le conflit israélo-palestinien : participation américaine incertaine

Washington pourrait retarder sa décision jusqu'à ce que la Maison Blanche décide d'une éventuelle nouvelle initiative américaine

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Oxford, en Angleterre, le 11 mai 2016. (Crédit : Peter Nicholls/Pool/AFP)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Oxford, en Angleterre, le 11 mai 2016. (Crédit : Peter Nicholls/Pool/AFP)

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry n’a pas décidé s’il se rendra à Paris le 30 mai pour une réunion internationale destinée à relancer le dialogue de paix israélo-palestinien, a indiqué mercredi le département d’Etat.

« Nous continuons de discuter de cette proposition avec les Français et d’autres parties prenantes. Aucune décision n’a été prise quant à notre participation le 30 mai », à cette réunion ministérielle voulue par la France, a expliqué la porte-parole de la diplomatie américaine Elizabeth Trudeau.

Interrogée sur l’éventuelle venue à Paris de Kerry et sur l’opportunité d’une telle initiative française, la porte-parole s’est bornée à rappeler que les Etats-Unis étaient attachés à la « solution à deux Etats », mais qu’ils accueillaient aussi « toutes les bonnes idées ».

Devant le vide diplomatique laissé par l’échec de la médiation de John Kerry en 2013-2014 et la perspective apparemment de plus en plus lointaine de création d’un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël, la France a relancé en janvier le projet d’une conférence internationale.

A cette fin, Paris organisera le 30 mai une réunion avec une vingtaine de pays, plus l’Union européenne et l’ONU, mais pas les Israéliens ni les Palestiniens, selon le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean Marc Ayrault, à gauche, et le Secrétaire d'Etat John Kerry avant une réunion sur la crise au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 13 mars 2016. (Crédit : AFP / POOL / GONZALO FUENTES)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean Marc Ayrault, à gauche, et le Secrétaire d’Etat John Kerry avant une réunion sur la crise au Moyen-Orient, au Quai d’Orsay à Paris, le 13 mars 2016. (Crédit : AFP / POOL / GONZALO FUENTES)

Interrogé lundi, lors d’une entrevue avec Ayrault au Quai d’Orsay, John Kerry était resté justement très vague sur sa participation.

Washington, allié d’Israël, encourage des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens et est hostile aux initiatives multilatérales, notamment dans le cadre de l’ONU.

Le gouvernement israélien avait d’ailleurs rappelé fin avril qu’il était opposé au projet français de relance de l’initiative de paix avec les Palestiniens et avait proposé une reprise immédiate de négociations bilatérales sans condition préalable.

Par ailleurs, le lundi 30 mai est un jour de congé extrêmement important aux Etats-Unis : le « Memorial Day » rend hommage à tous les membres des forces armées morts au combat, l’équivalent de Yom Hazikaron en Israël.

Aux yeux de Ghaith al-Omari, expert au Washington Institute of Near East Policy, « il y a toujours eu une réticence américaine à s’impliquer dans quoi que ce soit lié au processus de paix qui ne soit pas piloté par les Américains ».

D’autre part, souligne cet ancien négociateur palestinien, « l’administration n’a pas décidé si elle allait ou pas faire quelque chose dans les prochains mois » pour une ultime tentative sur le conflit israélo-palestinien, comme un discours du président Barack Obama avant de quitter la Maison Blanche en janvier.

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