Saar dénonce les injures reçues après sa condamnation de la loi sur l’immunité
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Saar dénonce les injures reçues après sa condamnation de la loi sur l’immunité

"Les incitations, l’intimidation et les menaces ne fonctionneront pas", a assuré le député, après qu'il a dit ne pas soutenir une loi qui protégerait Netanyahu des poursuites

Gideon Saar vote lors des primaires du Likud, dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 5 février 2019 (Crédit : Flash90)
Gideon Saar vote lors des primaires du Likud, dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 5 février 2019 (Crédit : Flash90)

Un haut responsable du Likud a évoqué dimanche le torrent d’injures qu’il subit depuis qu’il a déclaré qu’il s’opposerait à toute législation qui accorderait au Premier ministre une immunité face aux poursuites.

Dans une publication sur Twitter, Gideon Saar a partagé une capture d’écran d’une page Facebook qui le taxe de « traître » avec une photo retouchée de lui portant un keffieh palestinien.

« L’un des nombreux exemples d’incitation rampante sur internet depuis le week-end. Les incitations, l’intimidation et les menaces ne fonctionneront pas », a-t-il juré.

La publication Facebook n’a pas été condamnée par des élus du Likud, mais a été dénoncée par le député de l’opposition Yair Lapid.

« Voila ce qui se passe quand quelqu’un critique le dirigeant en Turquie. C’est un évènement dangereux, et cela doit cesser », a tweet Lapid.

Dans une interview publiée la semaine dernière, l’influent député du Likud, qui a déjà eu des différends avec Netanyahu, a été le premier député de son parti à s’exprimer contre l’initiative prise par le parti d’adopter une loi spéciale qui accorderait l’immunité au Premier ministre face aux poursuites judiciaires tant qu’il resterait à son poste.

« Cette législation n’offre aucun bénéfice et entraîne des dégâts
maximaux », a averti le député Gideon Saar lors d’une interview avec la Douzième chaîne. Ses confrères du Likud ont critiqué les propos de Saar, et certains sources au sein du parti ont déclaré aux médias israéliens que le député tentait de renverser Netanyahu.

La jeune députée du Likud, Michal Shir, ancienne assistance de Saar, est ensuite montée au créneau et a défendu le député, affirmant qu’elle s’opposait également la « législation personnelle » qui protégerait Netanyahu d’une inculpation.

Netanyahu avait indiqué le 24 mars, à l’apogée de la campagne électorale, qu’il était « hors de question » de faire adopter une loi sur l’immunité parlementaire. Cependant, certaines informations ont laissé penser qu’il cherchait à faire adopter une nouvelle loi pour avoir l’immunité face aux poursuites dont il fait l’objet.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Gideon Saar à son arrivée au centre du patrimoine Menachem Begin à Jérusalem, le 11 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, Benny Begin, ancien député vétéran du parti du Likud au pouvoir a fustigé dimanche les tentatives présumées du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à s’assurer une immunité face aux poursuites judiciaires dans trois affaires de corruption, les qualifiant « d’erronées » et unissant sa voix à deux autres législateurs du Likud qui ont critiqué le Premier ministre dans cette affaire.

« Je suis témoin de ce qui est en train de se passer avec une grande tristesse », a indiqué Benny Begin au micro de la radio israélienne. « Le Premier ministre se cache derrière le bouclier de l’immunité en tant que membre du Parlement et, avec ou sans changements législatifs, c’est un acte erroné ».

Benny Begin with Benjamin Netanyahu, in the Knesset (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Benny Begin avec Benjamin Netanyahu à la Knesset (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Begin, âgé de 76 ans, qui a quitté la Knesset le 30 avril après avoir été député pendant 18 ans au cours de ces 30 dernières années, avait lancé au mois de mars dernier une attaque cinglante contre le Premier ministre qu’il avait accusé de vouloir « assassiner la confiance du public dans les institutions judiciaires » par ses attaques contre le Procureur-général Avichai Mandelblit, qui avait annoncé vouloir inculper Netanyahu sous réserve d’une audience.

Le Premier ministre est accusé de fraude, d’abus de confiance et de pots-de-vin. Netanyahu qui, selon la loi, a droit à une audition de pré-procès avec le Procureur-général avant que l’inculpation ne devienne officielle, a nié toute malversation et clame que les accusations de corruption ont pour objectif de l’évincer de son poste.

Un porte-parole du Premier ministre a expliqué vendredi que la loi sur l’immunité ne ferait pas partie des accords de coalition du Likud avec les autres formations susceptibles de rejoindre le gouvernement.

Les analystes estiment toutefois que Netanyahu a pu prôner ce type de législation, notant qu’il bénéficie du soutien de ses partenaires de coalition potentiels – même si le texte sur l’immunité ne fait pas partie des accords ratifiés.

La semaine dernière, le quotidien Haaretz a fait savoir que Netanyahu prévoyait de faire avancer une législation qui permettrait aux députés d’annuler des décisions administratives prises par la haute-cour de justice, et notamment tout jugement qu’elle pourrait rendre contre l’octroi d’une immunité au Premier ministre, que ce soit par le biais d’une législation ou d’une décision de la Knesset.

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