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Shaked prête à rejoindre un gouvernement alternatif dirigé par Netanyahu

Le fils de l’ex-Premier ministre estime que ce pourrait être un stratagème pour faire adopter un projet de loi interdisant à un accusé de former un gouvernement

Le Premier ministre de l'époque, Benjamin Netanyahu, à droite, s’entretient avec la ministre de la Justice de l’époque, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre de l'époque, Benjamin Netanyahu, à droite, s’entretient avec la ministre de la Justice de l’époque, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, s’est déclarée ouverte à l’idée de rejoindre un gouvernement dirigé par le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, dans l’actuelle Knesset, tandis que les partis au pouvoir font en sorte de dissoudre la Knesset et d’empêcher leurs rivaux de former une nouvelle coalition.

L’opposition peut former un nouveau gouvernement sans passer par les élections si elle parvient à réunir une majorité sur les 120 sièges que compte la Knesset. Il faudrait que tout soit finalisé avant que le projet de loi de dissolution n’entre en vigueur, ce qui pourrait se produire dès lundi.

Les chances que Shaked puisse effectivement rejoindre Netanyahu sont considérées comme faibles, car cela supposerait déjà qu’elle démissionne de son poste de ministre de l’Intérieur pour retrouver son siège à la Knesset. En outre, les chances que Netanyahu parvienne à former un gouvernement alternatif sans passer par les urnes sont également considérées comme faibles .

Shaked avait démissionné de la Knesset l’an dernier en vertu de la Loi norvégienne pour permettre à un autre membre du parti Yamina de devenir député alors qu’elle-même était ministre.

« Ne me dites pas que vous êtes surpris », a réagi sur Twitter le député Yair Golan du parti Meretz, membre de la coalition, suite aux propos de Shaked sur le site d’information Ynet.

Il a accusé Shaked d’avoir toujours « gardé le contact » avec la base de Netanyahu au cours de l’année écoulée et d’avoir saboté les chances de faire adopter un projet de loi interdisant aux députés jugés pour crimes graves de former un gouvernement, ce qui aurait privé l’ex-Premier ministre d’un possible retour au poste de Premier ministre.

Netanyahu a été photographié mercredi, au plénum de la Knesset, en train de lire un message de son fils Yair affirmant que la décision de Shaked pourrait être une ruse visant à convaincre l’opposition de ne pas soutenir la dissolution de la Knesset, donnant ainsi à la coalition davantage de temps pour adopter le projet de loi qui empêcherait Netanyahu de former une coalition.

Rien ne permet d’expliquer sur quoi s’appuie Yair Netanyahu, car Shaked, considérée comme une bête noire de l’ex-Premier ministre, s’était prononcée contre le projet de loi.

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu lit un message de son fils Yair lors d’une discussion et d’un vote sur un projet de loi visant à dissoudre la Knesset, au plénum de la Knesset à Jérusalem, le 22 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre de la Justice Gideon Saar ont tous deux déclaré qu’il n’y avait aucune chance qu’ils siègent avec Netanyahu.

Suite à l’apparition des premières fissures dans la coalition au pouvoir en avril, Shaked aurait eu des pourparlers avec le Likud sur une possible adhésion au parti, mais aurait rejeté un ultimatum lui enjoignant de se décider dans les deux heures.

Les relations entre Netanyahu et Shaked se sont détériorées depuis leur premier partenariat politique au milieu des années 2000, lorsque Shaked dirigeait le cabinet du chef de l’opposition de l’époque, Netanyahu.

L’épouse de Netanyahu, Sara, aurait fait obstacle à ce que Shaked revienne au Likud après qu’elle et le parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett n’aient pas réussi à recueillir suffisamment de voix pour entrer à la Knesset lors des élections d’avril 2019.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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