Sharansky : la France veut protéger les Juifs, mais ils se sentent mal à l’aise
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Sharansky : la France veut protéger les Juifs, mais ils se sentent mal à l’aise

Pour le chef de l’Agence juive, malgré les efforts du gouvernement l'avenir du judaïsme français demeure incertain

Le président de l'Agence juive, Natan Sharansky (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le président de l'Agence juive, Natan Sharansky (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Revisitant ce qu’il définit comme l’incertitude de l’avenir de la communauté juive française, Natan Sharansky a affirmé que les Juifs sont de plus en plus mal à l’aise en France malgré les efforts du gouvernement pour les protéger.

Sharansky, chef de l’Agence juive pour Israël, a abordé le sujet dans une lettre qu’il a envoyée mardi au conseil des gouverneurs de son organisation à la suite de sa réunion de la semaine dernière à Paris. L’événement a eu lieu à Paris, pour la première fois, en signe de solidarité avec les Juifs français suite aux attaques terroristes et antisémites sur cette communauté au cours des dernières années.

Sa lettre notait que les rapports des médias couvrant l’événement et disant que Sharansky estime que la communauté n’a pas d’avenir ne saisissent pas exactement la complexité de la question.

« Cela fait plusieurs années que je m’exprime, que j’écris au sujet du point d’interrogation qui plane sur l’avenir de la communauté juive française et des communautés juives ailleurs en Europe », a écrit Sharansky. « La question est complexe, et j’ai toujours fait attention de déclarer que sa meilleure représentation est par un point d’interrogation. »

Au cours des deux dernières années, Israël a vu l’arrivée d’un nombre record de 15 000 immigrants en provenance de la France. Pour la première fois en 2014, le pays est devenu le plus important fournisseur de nouveaux arrivants en Israël – une position qu’il a conservé en 2015. Sharansky a attribué l’afflux à une convergence de facteurs, y compris au problème de l’antisémitisme en France, à son économie quasi-stagnante et à l’attachement des Juifs de France à Israël.

Sharansky a écrit que le gouvernement français a entrepris des « efforts sincères et louables pour protéger les Juifs, pour renforcer les relations entre les autorités gouvernementales et la communauté juive, et pour mettre en œuvre une législation forte contre l’antisémitisme ». Cette « grande quantité » d’actions, a-t-il ajouté, est peut-être supérieure aux actions de « tout autre gouvernement européen pour rassurer les citoyens juifs du pays ».

Mais le problème « dépasse de loin l’amélioration par une mesure ou une autre, et il ne peut pas être résolu en envoyant plus de soldats pour protéger les établissements scolaires juifs », a-t-il également affirmé.

En ce qui concerne l’avenir du judaïsme français, Sharansky a écrit : « Je ne suis ni un commissaire du sionisme, ni un prophète moderne, et il est important que notre conversation sur ce sujet se fonde sur les faits plutôt que sur des déclarations creuses ».

Sharansky a cité un récent sondage commandé par la Fondation Jean-Jaurès, un groupe de réflexion ayant des liens étroits avec la décision du Parti socialiste de France, qui a révélé que 51 % des Juifs français interrogés ont considéré l’immigration dans un autre pays et 43 % ont envisagé de faire leur alyah – l’immigration en Israël conformément au droit au retour pour les Juifs.

Les Juifs français se sentent de plus en plus mal à l’aise et en insécurité en raison d’une « réalité démographique changeante en France et à l’afflux de populations importantes qui ne partagent pas nécessairement les valeurs démocratiques de la République française et sont sensibles à l’antisémitisme », a écrit Sharansky. Un autre facteur est que « la France libérale, que les Juifs ont toujours considérée comme leur maison, est aujourd’hui infectée par un sentiment d’hostilité et par des doubles standards envers Israël ».

Quant à l’Agence Juive, a-t-il dit, « Notre tâche est claire : nous devons servir tous les Juifs français qui souhaitent faire leur aliya » tout « en travaillant pour nous assurer que les Juifs qui souhaitent rester en France se sentent profondément liés à leur communauté, leur patrimoine, et l’État d’Israël ».

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