Shas prévoit d’emboîter le pas à Yahadout HaTorah et de quitter le gouvernement
Le Conseil des Sages de la Torah se réunira mercredi ; les députés d'Agudat Israel ont remis leur démission sur ordre du conseil rabbinique

Le parti ultra-orthodoxe – ou haredi – Shas a annoncé mardi que « suite aux atteintes graves et inacceptables portées au statut des érudits de la Torah » par le gouvernement actuel, le Conseil des Sages de la Torah se réunira mercredi pour « une discussion cruciale concernant la poursuite de [la participation du parti] au gouvernement ».
Selon des informations parues dans les médias, le parti devrait emboîter le pas à Yahadout HaTorah et quitter la coalition jeudi.
Yahadout HaTorah a quitté la coalition lundi soir après avoir reçu une copie du projet de loi sur l’enrôlement préparé par Yuli Edelstein, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, et jugé contraire aux termes d’un accord de compromis précédent concernant la conscription des haredim étudiant en yeshiva.
Edelstein devrait tenir une conférence de presse à la Knesset mardi à 17 h 15 pour discuter de cette question.
Mardi matin, Motti Babchik, conseiller principal du chef du parti Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, a déclaré au Times of Israel que le Shas quitterait la coalition « demain ou après-demain, avant Shabbat ».
Interrogé pour savoir si le maintien du Shas dans la coalition pendant cette période offrait une occasion supplémentaire de faire pression sur le gouvernement pour qu’il réponde aux demandes des partis haredim concernant un projet de loi exemptant les étudiants en yeshiva du service militaire, Babchik a répondu que « les négociations étaient une perte de temps ».
« Nous ne pouvons pas avoir un gouvernement qui se moque des étudiants en yeshiva », a-t-il déclaré.
Un porte-parole du parti Shas n’a pas répondu à la demande d’informations du Times of Israel concernant ses prochaines mesures.
Avec seulement sept sièges, Yahadout HaTorah n’est pas assez important pour renverser le gouvernement à lui seul, qui détient 68 des 120 sièges de la Knesset. Si le Shas quittait également la coalition, celle-ci perdrait sa majorité et ne disposerait plus que de 50 sièges.
Toutefois, même si le Shas quittait également le gouvernement, les deux partis haredim ne seraient toutefois pas intéressés par un renversement de la coalition à ce stade. Les trois mois de vacances parlementaires qui débuteront le 27 juillet donneront au Premier ministre Benjamin Netanyahu le temps de tenter de parvenir à un accord tout en restant à la tête d’un gouvernement minoritaire.
Si cela s’avérait également infructueux et que le projet de loi restait bloqué, Shas et Yahadout HaTorah décideraient alors de dissoudre le gouvernement, a rapporté dimanche la chaîne publique Kan. Toutefois, ils devraient trouver une solution après l’échec, le mois dernier, d’un projet de loi soutenu par l’opposition et visant à dissoudre la Knesset et à convoquer des élections législatives anticipées. Les députés sont, en conséquence, dans l’obligation d’attendre six mois avant de pouvoir présenter un nouveau projet de loi.
Démissions
Le secrétariat du Conseil des Sages de la Torah, organe dirigeant de la faction Agudat Israel, a envoyé une lettre aux députés hassidiques de la Knesset leur demandant de « se retirer de la coalition et de démissionner de leurs fonctions à la Knesset et au gouvernement ».
Agudat Israel et Degel HaTorah, forment le parti Yahadout HaTorah.
À la suite de cette lettre, le vice-ministre de la Culture, Yaakov Tessler, et le ministre des Affaires de Jérusalem, Meïr Porush, ont remis leur lettre de démission, qui prendra effet dans 48 heures.
Le député Yisrael Eichler a également remis sa démission en tant que président de la commission du Travail et des Affaires sociales de la Knesset au président de la Knesset Amir Ohana.
Dans une déclaration faite lundi soir, Porush a expliqué que la décision de démissionner avait été prise après avoir pris connaissance d’un nouveau projet de loi sur la conscription des haredim présenté par Edelstein, qui, selon lui, ne « répondait pas aux exigences » de la faction et de ses chefs spirituels.







