‘Si je reviens un jour…’ : l’histoire d’une jeune Française disparue à Auschwitz
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‘Si je reviens un jour…’ : l’histoire d’une jeune Française disparue à Auschwitz

Promise à un avenir brillant, le destin de Louise Pikovsky, 16 ans, a pris fin en février 1944 à Auschwitz ; une bande dessinée narre sa tragique histoire

‘Si je reviens un jour…’ : Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky. (Crédit : éditions Les ronds dans l’O)
‘Si je reviens un jour…’ : Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky. (Crédit : éditions Les ronds dans l’O)

De la poussière d’une armoire au Mémorial de la Shoah, à un beau webdocumentaire en 2017 puis à une bande dessinée : telle a été la destinée des écrits de Louise Pikovsky.

Dans l’ouvrage ‘Si je reviens un jour…’ : Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky, sorti en mars dernier, Stéphanie Trouillard, journaliste, et Thibaut Lambert, dessinateur, narrent l’histoire dramatique et bouleversante de l’adolescente et de sa famille, originaire de Boulogne.

À l’été 1942, la jeune Louise, élève attachante et brillante du lycée Jean de La Fontaine dans le 16e arrondissement de Paris, a écrit une série de lettres à sa professeure, Anne-Marie Malingrey.

Dans celles-ci, elle décrit son quotidien, avec sa famille, et leur inquiétude face aux persécutions contre les Juifs.

Louise Pikovsky. (Crédit : Mémorial de la Shoah)

Louise et sa famille seront finalement arrêtés – par des policiers français – et déportés au camp de Drancy en janvier 1944. Ils seront ensuite emmenés à Auschwitz le 3 février 1944 par le convoi numéro 67.

Sur les 1 214 personnes transportées par le train ce jour-là, 956 seront gazées dès leur arrivée au camp. Louise, âgée de 16 ans, était vraisemblablement parmi eux.

Ses parents, Abraham et Barbe Brunette, ses sœurs Lucie et Annette, et son frère Jean ne sont eux aussi jamais revenus du camp d’extermination.

Anne-Marie Malingrey, décédée en 2002, s’en voudra toute sa vie pour ne pas être parvenue à sauver son élève, qu’elle avait proposé de cacher – ce que les parents de Louise avaient refusé.

Retrouvées en 2010 lors d’un déménagement au sein du lycée, les lettres et les photographies qui les accompagnent ont permis de donner vie au projet de Stéphanie Trouillard qui, à travers l’histoire de Louise, rend hommage aux millions de victimes de la Shoah.

Dans l’une de ses lettres, Louise Pikovsky écrit : « Au milieu de la nuit, la lumière éclatera. Tous les sombres problèmes de la vie, tous les doutes disparaîtront. Toutes les tribulations et les douleurs de l’existence s’évanouiront. »

À travers ces mots, et plus de 75 ans après leur écriture, Louise, promise à une existence brillante qu’elle n’aura pu vivre, parvient toujours à transmettre son bonheur de vivre et sa déchirante humanité. Par son projet de transmission de la mémoire, Stéphanie Trouillard parvient elle à refaire briller comme des étoiles les grands yeux bleus de la jeune fille, tels que les décrivait Anne-Marie Malingrey.

Si je reviens un jour… Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky, de Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert, éditions Les ronds dans l’O, 20 €.

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