« Sigmund Freud, un Juif sans Dieu », film inédit sur le père de la psychanalyse
Rechercher

« Sigmund Freud, un Juif sans Dieu », film inédit sur le père de la psychanalyse

Né de parents juifs au sein de l’empire austro-hongrois en 1856, Freud a fui Vienne pour l’Angleterre lorsque l’Allemagne nazie en a pris le contrôle en 1938

Sigmund Freud, père de la psychanalyse, est mort il y a plus de 80 ans. Le cinéaste et artiste David Teboul retrace son portrait dans un documentaire inédit, « Sigmund Freud, un juif sans Dieu », qui sera diffusé le 6 avril prochain à 22h35 sur Arte. Il sera disponible sur le site arte.tv du 30 mars au 4 juin 2020.

Dans son film, le réalisateur est parti sur les traces du neurologue autrichien, auteur de L’interprétation du rêve. Le voyage l’a mené en Autriche, en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il a ainsi rassemblé images d’archive, plans de paysages et de lieux et photos.

Denis Podalydès est le narrateur du film, Mathieu Amalric la voix de Freud, Isabelle Huppert celle de sa fille Anna, et Catherine Deneuve prend celle de son amie Marie Bonaparte.

« Au travers d’images d’archives hypnotiques et en s’appuyant sur sa correspondance, David Teboul raconte un Freud intime », explique la note d’intention du film, qui le présente comme « un portrait touchant et un grand roman familial ». « Un père et sa fille, Sigmund Freud et Anna, née la même année que la psychanalyse ; il avait 40 ans. Ce documentaire est l’histoire de leur ‘correspondance’, soit le portrait de Freud en ‘père’… de la psychanalyse et de cette fille, pas voulue, pas la plus belle, qui ne fut pas la préférée mais qui aura trouvé sa place dans l’histoire paternelle de la psychanalyse. »

Sigmund Freud (photo credit: Max Halberstadt/LIFE/Wikimedia Commons)
Sigmund Freud. (Crédit : Max Halberstadt/LIFE/Wikimedia Commons)

« Je voulais faire un film avec Freud plutôt que sur lui, qu’on entende sa voix à travers sa correspondance, laquelle fait le lien entre l’homme et le penseur qui a révolutionné le champ des idées », explique le réalisateur.

« Il y a chez Freud une mise à l’épreuve de la pensée. En homme de l’interprétation, il se remet sans cesse en question. En s’appuyant sur son intimité – entièrement contenue dans ses lettres si on les lit avec attention –, le film raconte sa vie et l’évolution de sa pensée, en donnant à voir le contexte dans lequel elle est née. Il explore son rapport au père, à la figure de Moïse, et sa relation, belle et intense, avec sa fille Anna, héritière désignée et future gardienne du temple, qui a l’âge de la psychanalyse. »

Né de parents juifs au sein de l’empire austro-hongrois en 1856, Freud a fui Vienne pour l’Angleterre lorsque l’Allemagne nazie en a pris le contrôle en 1938. Il est mort quelques semaines après le début de la Seconde Guerre mondiale, survenu un an après. Il est enterré à Londres.

Le praticien a été fortement ostracisé à Vienne en raison de ses origines juives et du caractère, alors jugé scandaleux, de ses théories accordant une place centrale à la sexualité.

Avant son départ pour l’Angleterre, ses œuvres avaient été brûlées par les nazis dès 1933.

Au total, 130 000 Juifs autrichiens ont été contraints à l’exil et 65 000 ont été assassinés – une saignée qui a affecté tout particulièrement les élites intellectuelles viennoises, et dont la ville ne s’est jamais totalement remise.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...