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Singapour procède à sa première exécution depuis 2019

Les ONG craignent que cette pendaison - pour trafic de drogue - ne soit que la première d'une série d'exécutions.

Photo illustrative d'un drapeau de Singapour (CC BY René Modery via Wikimedia Commons)
Photo illustrative d'un drapeau de Singapour (CC BY René Modery via Wikimedia Commons)

Un trafiquant de drogue a été pendu mercredi à Singapour, ce qui constitue la première exécution depuis 2019 dans la cité-Etat, ont annoncé des militants, malgré les appels à la clémence venus des Nations unies et d’ONG.

Abdul Kahar Othman, un Singapourien condamné à mort en 2015, a été exécuté mercredi matin, selon une militante locale contre la peine capitale.

« Repose en paix », a tweeté la militante Kirsten Han, « nous devrions tous avoir honte de ce que l’Etat a fait en notre nom aujourd’hui ».

Les ONG craignent que cette pendaison ne soit que la première d’une série d’exécutions.

Un membre d’un groupe de soutien aux proches de condamnés à mort à Singapour, s’exprimant de façon anonyme, a confirmé à l’AFP que l’exécution a eu lieu.

Elle a déclaré attendre que le corps arrive au cimetière musulman. Abdul Kahar Othman faisait partie de la minorité musulmane de la ville.

Les autorités singapouriennes n’ont pas répondu aux demandes de confirmation.

En 2019, quatre personnes avaient été pendues, selon l’administration pénitentiaire.

Le pays, conservateur au plan social, est doté de lois qui comptent parmi les plus répressives au monde en matière de stupéfiants. De plus en plus de groupes de défense des droits l’appellent à abandonner la peine de mort.

Les autorités insistent toutefois sur le fait que la peine capitale reste un moyen de dissuasion efficace contre le trafic de drogue et qu’elle a contribué à faire de Singapour l’un des endroits les plus sûrs d’Asie.

Selon le Transformative Justice Collective, un groupe singapourien qui fait campagne contre la peine de mort, Abdul Kahar, 68 ans, avait été reconnu coupable de trafic d’héroïne en 2013 et condamné à mort deux ans plus tard.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exhorté mardi les autorités à renoncer à la pendaison.

« Nous sommes préoccupés par la recrudescence des avis d’exécution cette année », a-t-il déclaré dans un tweet.

Nagaenthran K. Dharmalingam, un Malaisien souffrant d’un handicap mental et condamné pour trafic d’héroïne, pourrait être pendu dans les prochains jours après le rejet de son appel mardi.

Son affaire a suscité un torrent de critiques, venant notamment de l’Union européenne et du milliardaire britannique Richard Branson.

Par ailleurs, trois autres condamnés à mort ont vu leurs appels rejetés début mars.

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