Israël en guerre - Jour 196

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Six démocrates américains reprochent à Netanyahu son « mépris total » pour la vie des Palestiniens

Venus en Israël dans le cadre de J Street, ces six législateurs, pro-israéliens pour certains, reprochent au Premier ministre de ne pas aider les Gazaouis et demandent la libération des otages

Des Démocrates de la Chambre des Représentants des États-Unis, de gauche à droite : Becca Balint du Vermont, Madeleine Dean de Pennsylvanie et Rosa DeLauro du Connecticut font le tour du village de Khirbet Zanutah, en Cisjordanie, le 20 février 2024. (Crédit : Tal Shahar/rue J)
Des Démocrates de la Chambre des Représentants des États-Unis, de gauche à droite : Becca Balint du Vermont, Madeleine Dean de Pennsylvanie et Rosa DeLauro du Connecticut font le tour du village de Khirbet Zanutah, en Cisjordanie, le 20 février 2024. (Crédit : Tal Shahar/rue J)

WASHINGTON (JTA) – Rentrés d’un voyage en Israël, six démocrates de la Chambre des Représentants des États-Unis ont reproché au Premier ministre Benjamin Netanyahu son « mépris total pour la vie des Palestiniens » et dit leur crainte qu’il n’aille tout droit vers la « destruction totale » de Gaza.

Ces démocrates – au rang desquels figure la démocrate la plus chevronnée de la commission des crédits de la Chambre, Rosa DeLauro, du Connecticut – ont fait des déclarations par voie de communiqué publié vendredi. Ils incarnent toutes les nuances idéologiques de leur parti et certains d’entre eux sont plutôt pro-israéliens.

Le président américain Joe Biden a annoncé le largage d’aide humanitaire dans la bande de Gaza suite à l’incident meurtrier de jeudi au cours duquel, selon le Hamas, une centaine de personnes ont été tuées lors d’une livraison d’aide dans des circonstances controversées. Selon Israël, des dizaines de personnes ont été victimes d’un mouvement de foule provoqué par l’arrivée d’un convoi d’aide humanitaire.

S’adressant brièvement vendredi aux journalistes depuis le Bureau ovale, M. Biden a qualifié l’événement de « tragique et alarmant ».

« Nous devons faire plus, et les États-Unis feront plus », a-t-il déclaré. « Dans les prochains jours, nous allons nous joindre à nos amis de Jordanie et d’ailleurs pour effectuer des largages aériens de vivres et d’autres fournitures. »

Les recommandations de la déclaration conjointe signée par DeLauro, Sean Casten de l’Illinois, Madeleine Dean de Pennsylvanie, Becca Balint du Vermont, et Salud Carvajal et Mark Takano de Californie sont conformes à la ligne politique de Biden, à commencer par l’appel au cessez-le-feu de six semaines pour faciliter la libération des otages du Hamas et l’acheminement de l’aide humanitaire dont la bande de Gaza a cruellement besoin.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une conférence de presse télévisée en soirée, le 29 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israël)

Mais le ton même de la déclaration, qui a surpris, s’analyse comme le signe que les Démocrates de la Chambre s’éloignent chaque jour davantage d’un Israël dirigé par Netanyahu.

Les six démocrates ont directement reproché à Netanyahu le manque d’aide aux Palestiniens.

« Nous sommes profondément préoccupés par le fait que le Premier ministre Netanyahu s’achemine vers la destruction totale de Gaza en faisant preuve d’un mépris total pour la vie des Palestiniens », peut-on lire dans le communiqué.

« Près de 30 000 Palestiniens ont été tués et 70 000 autres ont été blessés, sans oublier les milliers de disparus. Il est honteux qu’il n’ait pas accepté le niveau requis d’aide humanitaire. »

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 30 000 personnes ont à ce jour été tuées dans les combats dans la bande de Gaza, chiffre invérifiable de manière indépendante et qui ne fait pas le distinguo entre hommes armés et civils, et comprendrait près de 13 000 terroristes du Hamas dont Israël revendique la mort au cours des combats.

Israël revendique par ailleurs la mort d’un millier d’hommes armés sur le territoire israélien, le 7 octobre, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont attaqué des communautés du sud d’Israël, massacré 1 200 personnes et fait 253 otages.

Biden semble, lui aussi, plus prêt que jamais à faire porter la responsabilité des problèmes d’acheminement de l’aide à Israël.

« Nous allons insister pour qu’Israël facilite l’acheminement d’un plus grand nombre de camions par des itinéraires variés afin de donner à davantage de personnes la possibilité de bénéficier de l’aide dont ils ont besoin », a-t-il déclaré. « C’est inexcusable. La vérité, c’est que l’aide qui parvient à Gaza est tout sauf suffisante. »

Jusqu’alors, l’administration Biden a défendu Israël contre les accusations de génocide à Gaza et accepté, dans une certaine mesure, les explications d’Israël selon lesquelles il n’était pas le seul responsable des problèmes d’acheminement de l’aide dans l’enclave palestinienne.

Israël, qui accuse le Hamas de mettre la main sur l’aide humanitaire, explique par ailleurs faire face à une réalité toujours plus difficile, à mesure que la guerre s’installe.

Israël contrôle l’intégralité des camions entrant dans la bande de Gaza par les deux points de passage et reproche aux Nations Unies de ne pas être suffisamment réactives après la libération des cargaisons, d’où le tarissement de l’aide disponible depuis un mois.

Jeudi, la délégation américaine aux Nations unies a empêché l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité reprochant à Israël le drame survenu autour de la livraison de l’aide humanitaire jeudi dernier.

Israël affirme que la grande majorité des victimes sont mortes à cause du mouvement de foule, et le Hamas, à cause des tirs israéliens.

Des Palestiniens inspectent les destructions occasionnées par l’offensive israélienne dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans la bande de Gaza, le 29 février 2024. (Crédit : AP/Mahmoud Essa)

La déclaration des six membres du Congrès condamne le massacre du 7 octobre et demande la libération immédiate des 130 otages – et peut-être plus – toujours captifs, dont une centaine seraient encore en vie.

Ces six législateurs se sont rendus en Israël dans le cadre d’une délégation organisée par J Street, organisation politique juive libérale du Moyen-Orient qui dispose de comités d’action politique.

A la tête de cette délégation, la figure de DeLauro se démarque : plus influente membre démocrate de la puissante commission des crédits, elle est également membre du comité Démocrate de la Chambre et a longtemps été proche de l’American Israel Public Affairs Committee, le principal lobby pro-israélien. Le comité d’action politique affilié à l’AIPAC l’a soutenue. Elle est mariée au spécialiste des sondages d’opinion, Stanley Greenberg, qui a travaillé sur des campagnes pro-israéliennes.

Les autres membres de cette délégation ne dénotent pas : Casten l’a emporté sur Marie Newman lors des primaires de 2022, en partie grâce à la campagne pro-israélienne contre la politique de sa rivale. Carbajal est membre du Caucus de règlement des différends, qui réunit les modérés des deux partis. Balint est juif et membre du Progressive Congressional Caucus. Le district de Dean, dans le secteur de Philadelphie, compte une importante population juive.

Jeremy Ben-Ami, président de J Street qui a accompagné la délégation, a déclaré que les législateurs avaient été émus de constater que l’ensemble des responsables politiques – le gouvernement Netanyahu, l’opposition et même l’Autorité palestinienne – considèrent les États-Unis comme « indispensables ».

« Si les États-Unis ne mènent pas une initiative de grande ampleur pour améliorer les choses, il ne se passera rien », a déclaré Ben-Ami, ajoutant
que les six législateurs avaient vu de près les ravages causés par les attaques du 7 octobre et leurs conséquences, ayant eux-mêmes séjourné dans un hôtel accueillant des populations évacuées de la frontière nord d’Israël, sur laquelle le Hezbollah tire des roquettes en solidarité avec le Hamas, organisations toutes deux soutenues par l’Iran.

« Les enfants jouaient sur les canapés à côté des membres, dans le hall, alors que nous nous préparions à partir en tournée », a-t-il expliqué. « Dans la salle du petit-déjeuner, le matin, les familles se préparaient pour aller à l’école : les législateurs étaient là, à côté d’eux, pour prendre leur petit-déjeuner. »

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