Rechercher

Smotrich: Netanyahu « ment comme un arracheur de dents », était prêt à s’allier à Raam

Le chef de HaTzionout HaDatit estime que l'ex-Premier ministre pourrait être jugé coupable et souhaite que tout avantage pour le public arabe provienne de "nous, l'État, les Juifs"

Le président du parti HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich, présentant le programme 'Droit et Justice' de son parti lors d'une conférence de presse à Kfar Maccabiah, à Tel Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le président du parti HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich, présentant le programme 'Droit et Justice' de son parti lors d'une conférence de presse à Kfar Maccabiah, à Tel Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Dans un enregistrement diffusé dimanche par la télévision israélienne, on peut entrendre le chef d’extrême droite Bezalel Smotrich déclarer que le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu « voulait désespérément » s’allier avec le parti islamiste Raam après les élections de l’an dernier, et que l’ancien Premier ministre « mentait comme un arracheur de dents » pour avoir nié ce fait.

Smotrich, qui dirige le parti HaTzionout HaDatit a également qualifié Netanyahu de « problème » et a déclaré qu’il pourrait être reconnu coupable lors de son procès pénal, selon l’enregistrement diffusé par la chaîne publique Kan, qui a rapporté que ces propos ont été tenus lors d’une conversation au cours de l’année dernière.

Selon de nombreuses sources, Netanyahu aurait fait des offres généreuses au parti Raam afin d’obtenir son soutien pour la formation d’un gouvernement après les élections de mars 2021, mais Smotrich a exclu une telle alliance à l’époque, et Netanyahu a ensuite nié l’avoir jamais cherchée. Raam, un parti islamiste, a par la suite rejoint la coalition dirigée par Naftali Bennett et Yair Lapid, qui s’est effondrée après un an, déclenchant les élections prévues la semaine prochaine.

Depuis que le gouvernement sortant a été formé en juin dernier, Netanyahu et son parti, le Likud, ont constamment fustigé l’inclusion de Raam dans la coalition, affirmant que celle-ci s’appuyait sur le soutien de « partisans du terrorisme », bien que Raam ait condamné le terrorisme à plusieurs reprises.

« Si j’avais voulu prendre deux sièges parlementaires à Bibi, j’aurais dû m’en prendre à lui », a déclaré Smotrich, en utilisant le surnom de Netanyahu. « Il ment comme un arracheur de dents. Il ne voulait pas aller avec Raam ? Il était prêt à tout. Je suis le seul à m’être mis en travers du chemin. »

« Je m’en tiens à la ligne. Je ne mens pas lorsqu’on m’interroge [à ce sujet]. Je dis, je ne suis pas concerné par le passé – ce n’est pas important », a déclaré Smotrich, face aux démentis de Netanyahu.

Le dirigeant du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich (à gauche) et le Benjamin Netanyahu, alors Premier ministre. (File ; Autorisation)

Il a ajouté que « même si [Netanyahu] était prêt à leur donner un peu moins » que la coalition actuelle, « cela ne fait pas de différence. A partir du moment où il accepte de former un gouvernement avec eux, au final, il dépend d’eux. Au début, il leur aurait donné moins, et plus tard, il leur aurait tout donné ; sinon, ils l’auraient fait tomber et nous serions retournés aux urnes. »

Mais Smotrich a déclaré qu’il « va de pair avec son récit maintenant parce qu’il sert ce que je crois être juste pour le peuple d’Israël. »

HaTzionout HaDatit fait partie du bloc droite-religieux dirigé par Netanyahu, qui cherche à reprendre le pouvoir lors des élections de la semaine prochaine. De récents sondages ont montré que l’alliance est sur le point d’obtenir la majorité le 1er novembre, date à laquelle les Israéliens se rendront aux urnes pour la cinquième fois depuis avril 2019 en raison d’une impasse politique prolongée.

Quant à savoir pourquoi il s’oppose à l’inclusion de Raam, malgré la volonté déclarée du parti de mettre de côté la question palestinienne et de se concentrer sur les questions civiles, Smotrich a déclaré qu’il voulait aider le public arabe, mais qu’il ne voulait pas que les partis arabes réalisent des choses.

Il a ajouté qu’il souhaitait que tout avantage pour les Arabes vienne de « nous, l’État, les Juifs ».

Le chef de Raam, Mansour Abbas, s’exprimant dans la salle du plénum de la Knesset, le 29 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Smotrich a également déclaré que Netanyahu, le Premier ministre israélien le plus pérenne d’Israël, finira par quitter l’arène politique.

« Netanyahu ne restera pas éternellement », a-t-il déclaré. « La physique et la biologie suivront leur cours. Il finira par être reconnu coupable par un tribunal ou je ne sais quoi. Il nous faut un peu de patience. »

« Il n’y a aucun doute que Netanyahu est un problème, d’accord ? Mais maintenant vous devez choisir entre les problèmes. »

Dans sa réponse initiale à la diffusion de l’enregistrement, Smotrich a déclaré à Kan que lui et Netanyahu « travaillent et coopèrent pleinement et étroitement », tout en suggérant que la diffusion de l’enregistrement était destinée à alimenter la discorde entre eux avant les élections.

Il a ensuite publié une déclaration séparée disant que l’enregistrement était « ancien » et qu’il en avait parlé avec Netanyahu.

« Nous ne permettrons à personne de semer le conflit entre nous. Nous allons travailler ensemble et former un gouvernement juif, nationaliste et sioniste », a-t-il déclaré. La semaine dernière, Smotrich a présenté un plan de réformes judiciaires, dont l’une, son appel à l’abolition du délit de « fraude et d’abus de confiance », pourrait contribuer à mettre un terme au procès pénal en cours de Netanyahu.

Netanyahu, quant à lui, a publié une déclaration appelant Smotrich et son partenaire électoral Itamar Ben Gvir – avec qui Smotrich se présente sur une liste commune – à « cesser les tirs amis ».

« Le combat dans le camp nationaliste est contre [le Premier ministre] Lapid et les Frères musulmans qui soutiennent le terrorisme », a déclaré Netanyahu, en faisant référence à Raam.

Faisant écho à un appel qu’il a lancé la semaine dernière, Netanyahu a exhorté les électeurs de droite à soutenir le Likud lors des prochaines élections, après que plusieurs sondages ont montré que son parti perdait des voix au profit de HaTzionout HaDatit.

« Un Likud élargi est nécessaire pour former un gouvernement de droite stable dont vous ferez partie dans tous les cas », a-t-il déclaré à Smotrich et Ben Gvir.

Le député HaTzionout HaDatit, Itamar Ben Gvir, s’exprimant lors d’une conférence de la Douzième chaîne, à Rishon LeZion, le 20 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

À l’approche des élections précédentes, Netanyahu a également appelé ses partisans à voter pour le Likud plutôt que pour d’autres factions de son bloc de droite religieux, afin de se positionner au mieux pour être le premier à former un gouvernement après le scrutin.

La dispute au sujet de l’enregistrement a éclaté quelques heures après que Netanyahu a déclaré que Ben Gvir « peut certainement » être ministre s’il forme un gouvernement après les élections, revenant ainsi sur sa position précédente selon laquelle le politicien d’extrême droite n’était pas « apte » à faire partie du cabinet.

Ben Gvir a également répondu aux commentaires de Smotrich dans l’enregistrement, critiquant son partenaire.

« Je n’ai pas aimé ce qui a été dit », a déclaré Ben Gvir lors d’un événement de campagne. « J’ai des critiques à l’égard de Netanyahu… mais… certainement pas dans un style comme celui-ci ».

Le chef de Raam, Mansour Abbas, a déclaré que l’enregistrement était « une preuve supplémentaire » qu’il avait raison d’affirmer que Netanyahu avait offert à son parti des conditions inouïes en échange de son soutien.

« Le Likud nous a offert un accord de coalition complet et nous a promis un partenariat politique et stratégique », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne. « Je continuerai à promouvoir le partenariat civil dans l’intérêt de la société arabe et de toute la société israélienne », a déclaré Abbas.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...