Les Israéliens inquiets mais en faveur du transfert de l’ambassade américaine
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Les Israéliens inquiets mais en faveur du transfert de l’ambassade américaine

La majorité des Israéliens pensent que le déménagement de l'ambassade américaine déclenchera la violence mais cette menace ne devrait pas freiner les démarches

Les Palestiniens aident à évacuer un manifestant blessé durant des affrontements avec les soldats israéliens près de Khan Yunis le long de la clôture frontalière entre Israël et le sud de la bande de Gaza, le 9 mars 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Les Palestiniens aident à évacuer un manifestant blessé durant des affrontements avec les soldats israéliens près de Khan Yunis le long de la clôture frontalière entre Israël et le sud de la bande de Gaza, le 9 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Une majorité d’Israéliens estiment que le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem à l’occasion du 70e anniversaire d’Israël conduira à une recrudescence de la violence entre Israéliens et Palestiniens, selon un sondage publié jeudi.

Alors que 61 % des Juifs et des Arabes estiment que le transfert de l’ambassade mènera à la violence, 69 % des Juifs affirment néanmoins que le déménagement ne devrait pas être reporté, selon l’indice mensuel de paix de l’Institut israélien de la démocratie et de l’université de Tel Aviv. Pour le sondage, 600 personnes arabes et juives ont été interrogées.

Une grande majorité (77,5 %) des Arabes israéliens estiment toutefois que le déménagement de l’ambassade devrait être retardé.

Séparément, dans le même sondage, 59 % des Juifs et 75 % des Arabes disent qu’ils ne croient pas le Premier ministre Benjamin Netanyahu quand il nie avoir commis des actes répréhensibles dans une série d’enquêtes sur les pots-de-vin.

Le mois dernier, le président américain Donald Trump a annoncé que la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Jérusalem ouvrirait le 14 mai pour coïncider avec le 70e anniversaire de l’indépendance d’Israël. L’annonce a été accueillie avec colère par les Palestiniens, les conduisant à lancer des appels à de grandes manifestations, la plus importante d’entre elles étant prévue dans la bande de Gaza.

Les manifestations prévues coïncideront également avec le Jour de la Nakba – une journée nationale de deuil palestinien marquant la « catastrophe » de la fondation d’Israël, commémorée chaque année le 15 mai.

L’organisation terroriste du Hamas qui contrôle la bande de Gaza a averti qu’elle ne serait pas capable de contenir les protestations massives palestiniennes concernant le transfert de l’ambassade. Plus tôt en mars, le dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré que des « dizaines de milliers » de Gazaouis marcheraient jusqu’aux frontières afin de protester contre la décision américaine.

Le consulat américain dans le quartier Arnona de Jérusalem, le 24 février 2018 (Yonatan Sindel/Flash90)

Des groupes palestiniens de la bande de Gaza ont également appelé à un sit-in le long de la frontière dans les semaines précédant la Journée de la Nakba.

Les organisateurs affirment qu’un campement de tentes est actuellement érigé près de la frontière afin de protester contre le refus d’Israël d’accorder aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants un « droit de retour » complet, et donc la permission de vivre en Israël.

Cette frontière est le site de fréquentes flambées de violence entre les manifestants palestiniens et les troupes israéliennes. Au cours des deux derniers mois, les patrouilles militaires israéliennes du long de la frontière ont été ciblées à deux reprises par des engins explosifs improvisés déclenchés le long de la barrière de sécurité.

En février, l’explosion d’un EEI a blessé quatre soldats. Une explosion similaire le long de la frontière au début du mois n’a blessé aucun soldat. En réponse, l’armée israélienne a mené une série de frappes dans la bande de Gaza et publié des brochures en arabe à destination des habitants de Gaza, leur demandant de rester à l’écart de la barrière frontalière.

L’armée a assoupli ses restrictions en réponse à la montée des tensions, permettant aux soldats de faire feu afin d’empêcher toute approche à la frontière.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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