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Strasbourg : Le mari d’une candidate LR violemment agressé et insulté de « sale Juif »

Lundi, Audrey Rozenhaft a indiqué que "Liron est toujours hospitalisé et, plusieurs jours après, il souffre encore le martyre" ; une enquête a été ouverte

Liron Rozenhaft, roué de coups à Strasbourg. (Crédit : Facebook / Audrey Rozenhaft)
Liron Rozenhaft, roué de coups à Strasbourg. (Crédit : Facebook / Audrey Rozenhaft)

L’époux d’une candidate investie par Les Républicains pour les élections législatives à Strasbourg a été violemment agressé jeudi 2 juin au soir alors qu’il collait des affiches dans un quartier sensible de la ville classé Reconquête républicaine, a-t-on appris vendredi auprès de la candidate.

Une plainte a été déposée auprès de la police nationale et une enquête est en cours, a-t-on précisé de sources proches du dossier.

« Vers 20 heures jeudi soir, mon mari était en train de coller une affiche sur les panneaux officiels quand deux jeunes à scooter lui ont tourné autour puis ont décollé l’affiche », a expliqué Audrey Rozenhaft à l’AFP.

Liron Rozenhaft s’est alors éloigné pour coller une nouvelle affiche sur un autre panneau, avant d’être suivi par les deux jeunes hommes, rapidement rejoint par une dizaine d’individus.

Cet homme de 41 ans a alors tenté de leur expliquer que c’était « la démocratie » et qu’il collait ces affiches pour sa femme.

Posted by Audrey Rozenhaft on Saturday, June 4, 2022

« Ils l’ont alors roué de coups de poing, l’ont insulté de ‘gros tas’ et de ‘sale Juif’. Puis ça a été lé trou noir », explique Mme Rozenhaft, ajoutant que son mari a passé une nuit en observation à l’hôpital et souffre d’un « épanchement cérébral ».

Un jeune militant LR qui accompagnait M. Rozenhaft a assisté en retrait à la scène sans pouvoir intervenir.

Vendredi, la candidate a partagé sur son compte Facebook des photos de son mari le visage tuméfié et posté une vidéo d’elle devant le tribunal de Strasbourg où elle relate l’agression et estime que « le laxisme des autorités est responsable d’une explosion de la délinquance et de la violence ».

« J’ai fait campagne sur les marchés de Hautepierre, je n’ai jamais été mal accueillie, même si je sais que ça s’est beaucoup dégradé », a-t-elle ajouté.

Lundi, elle a indiqué sur Facebook que « Liron est toujours hospitalisé et, plusieurs jours après, il souffre encore le martyre ». Le même jour, elle est venue sur les lieux de l’agression, où elle a recollé sa propre affiche.

Parmi les réactions indignées de la classe politique locale, la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), a estimé « qu’aucune violence n’est acceptable. Celle-ci est particulièrement choquante puisqu’elle vise à entraver le débat démocratique ».

Elle a assuré dans un communiqué le couple Rozenhaft de sa « solidarité », souhaitant que l’enquête aboutisse « dans les meilleurs délais ».

Dans un communiqué, le CRIF Alsace a annoncé s’être « associé à la plainte de la victime et se portera partie civile, compte tenu de la circonstance aggravante d’antisémitisme ».

« J’imagine mal Liron Rozenhaft inventer cela, ce ne serait absolument pas dans l’intérêt de son épouse, en pleine campagne électorale », a précisé à France 3 Alsace Pierre Haas, délégué du CRIF Alsace et auteur du communiqué. « Pour lui, c’était clair, et il en a été profondément choqué. »

« Nous avons demandé à Audrey si elle nous autorisait à communiquer » autour de cette affaire, « et à nous porter partie civile avec son mari. Comme elle est en campagne, nous ne voulions pas interférer. Mais dès son accord, on a sorti le communiqué pour exprimer notre émotion ».

L’organisation en a également appelé « à une réponse judiciaire forte, à la mesure de la gravité de l’agression ».

Maitre Raphaël Nisand, avocat de la victime, a lui affirmé auprès de France 3 : « Ce n’est pas la petite altercation entre colleurs d’affiches. Il y a eu lynchage à partir du moment où il a décliné son identité de mari de la candidate. C’est là que ça s’est déchaîné, un déchaînement purement antisémite. »

Dans un texte publié sur le site du magazine Tribune Juive, il a dénoncé un « fascisme d’extrême gauche » dans ce quartier de Hautepierre.

« Je parle de fascisme, parce que dans ce quartier, on interdit l’expression d’idée politique autre que celle qui est dominante », a-t-il expliqué. « Mais en tout cas, il y a de l’antisémitisme, car jamais il n’aurait été agressé comme ça s’ils n’avaient pas su qu’il était Juif. »

La 1ère circonscription du Bas-Rhin qui couvre le centre-ville de Strasbourg et plusieurs quartiers périphériques, est la plus disputée du département, avec 17 candidats, parmi lesquels la numéro 2 nationale des Verts Sandra Regol (Nupes) et l’ancien candidat à la mairie, Alain Fontanel (Renaissance).

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