Suisse : enquête sur le président du Conseil islamique pour propagande jihadiste
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Suisse : enquête sur le président du Conseil islamique pour propagande jihadiste

L'enquête avait d'abord été lancée en décembre 2015 contre un des dirigeants de l'organisation puis étendue à d'autres acteurs

Nicolas Blancho, du Conseil central islamique suisse, en 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Nicolas Blancho, du Conseil central islamique suisse, en 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le président du Conseil central islamique suisse (CCIS), principale organisation musulmane du pays, est sous le coup d’une enquête pour propagande jihadiste, a annoncé samedi le ministère public de la Confédération.

L’enquête avait été lancée en décembre 2015 contre un des dirigeants de l’organisation, l’Allemand Naim Cherni, et se voit donc « étendue à son président » Nicolas Blancho, « ainsi qu’à un autre membre du CCIS », précise le ministère public dans un communiqué.

Il s’agit du porte-parole, Qaasim Illi, selon l’organisation musulmane.

Le CCIS a dénoncé le caractère « politique » de cette décision et s’est dit prêt à « rejeter ces accusations devant un tribunal ».

L’enquête avait été ouverte contre Naim Cherni, membre du comité directeur du CCIS, pour propagande en faveur de groupes jihadistes.

Il est reproché à Cherni « d’avoir représenté de façon propagandiste dans une vidéo son voyage dans des zones de conflit en Syrie, sans se distancer explicitement des activités d’Al-Qaïda dans ce pays », avait précisé à l’époque le procureur général suisse.

Cette vidéo comprenait une interview d’un responsable d’un groupe rebelle jihadiste syrien, le Jaish Al-Fatah (ou armée de la conquête) qui fait partie du Front al-Nosra, rebaptisé Fatah Al-Cham.

Naim Cherni a affirmé que la vidéo était un documentaire et non un film de propagande.

Le CCIS a continué à promouvoir ce film qui demeure visible sur YouTube. La vidéo a été vue plus de 100 000 fois au cours de l’année écoulée.

Les personnes visées par la procédure « sont suspectées d’être responsables de la publication et de la promotion de deux vidéos sur YouTube, vidéos au moyen desquels de la propagande était faite pour un groupe terroriste interdit », précise le ministère public.

Dans une interview vendredi au quotidien NZZ, le procureur général Michael Lauber a expliqué qu’il s’agissait de savoir jusqu’où peut aller la liberté d’expression quand elle aboutit à de la propagande criminelle pour le compte d’une organisation terroriste.

Il a dit espérer que l’affaire irait devant la cour fédérale criminelle en 2017.

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