Suivi/Covid-19 : le Shin Bet ne doit pas être dans la loi « à ce stade » – Argaman
Dans des enregistrements ayant fait l'objet de fuites, Benjamin Netanyahu insiste auprès du chef de l'agence de sécurité intérieure sur la nécessité du programme de géolocalisation
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Le chef de l’agence de sécurité Shin Bet s’est opposé au renouvellement et à l’ancrage dans la loi d’un programme controversé qui permettrait au service d’utiliser des données personnelles sensibles pour traquer les porteurs de coronavirus, selon des fuites ayant émané du cabinet Corona gouvernemental.
Alors que les cas de virus se multiplient, le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait pression pour la réactivation du programme obscure – qui utilise des procédures habituellement réservées aux opérations antiterroristes – malgré les objections de Nadav Argaman, comme l’ont montré les enregistrements diffusés par la Douzième chaîne dimanche.
Au début de ce mois, la mission spéciale du Shin Bet qui reposait sur l’utilisation de vastes quantités de données de téléphones portables et de cartes de crédit pour suivre les déplacements des patients atteints de coronavirus et de ceux ayant été en contact étroit avec eux a pris fin, près de trois mois après son commencement.
Ce suivi avait été soumis à la supervision de la Knesset mais la Haute Cour de justice a ordonné au gouvernement d’élaborer une loi pour donner au Shin Bet la permission d’utiliser ces moyens, au lieu d’un règlement d’urgence temporaire.
Les ministres ont décidé d’annuler le programme après avoir omis de rédiger un projet de loi sur son fonctionnement. Cette décision a été prise après que le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, a exprimé son malaise quant à sa poursuite, et alors que les cas de virus ont considérablement diminué.
Depuis, le gouvernement a cherché une méthode alternative qui serait aussi capable d’identifier les porteurs potentiels que les puissants outils de traçage numérique du Shin Bet, mais sous la direction d’un bureau civil, plutôt que d’un service secret.
Mais alors que les cas de virus ont recommencé à augmenter ce mois-ci, les dirigeants israéliens se sont mis à reconsidérer leur position.
« Ce que je demande, c’est que le Shin Bet ne soit pas inclus dans la législation », a déclaré M. Argaman lors d’une réunion du cabinet chargé de la lutte contre l’épidémie. « Ce qu’il faut, c’est une formation que le Shin Bet est prêt à fournir comme solution, en cas d’épidémie… et à travailler étroitement, très étroitement, avec l’équipe qui sera en charge, afin qu’il y ait une réponse civile pour l’État d’Israël dans les années à venir ».
Il estime que l’alternative civile pourrait facilement retracer les déplacements de plusieurs centaines de patients par jour pour informer leur entourage d’une éventuelle exposition au virus.
« Dans le cas où les infections seraient très répandues et qu’il n’y aurait pas d’autre solution, il serait bon de l’envoyer au service [Shin Bet]. Je demande très, très, très fort de ne pas commencer à intégrer le Shin Bet à la législation à ce stade », a-t-il imploré les ministres.
Le reportage télévisé indique que M. Argaman a décrit les fonctions du programme lorsqu’il est appliqué aux opérations anti-terroristes dans ses arguments contre la législation de l’outil, dont les détails restent interdits de publication en vertu des règles de censure militaire israélienne.
D’après les informations de la Douzième chaîne, Netanyahu aurait frappé du poing sur la table et insisté sur le fait que la surveillance devait être renouvelée.
« Les navires viennent vers nous, un à la fois, et nous refusons de le croire. Et ils disent que rien n’arrivera. Notre responsabilité est d’arrêter cette pandémie. La pandémie revient ! Elle revient ! Maintenant la question est de savoir ce que nous sommes prêts à faire à cause de cette chose [le virus], qui s’approche très rapidement de nous », a lancé le Premier ministre.
« Un taux d’infections qui n’affecte pas [l’économie], ça n’existe pas. Légende urbaine. Il y a des gens très sérieux à cette table, des professionnels qui le croient. Ils trompent la population. Si nous laissons cela se propager, faites le calcul. Cela ne prendra pas beaucoup de temps. Dans 30 jours, 40 jours, 60 jours, 80 jours. Cela n’a pas d’importance. Dès que ça commence à se répandre, ça se répand. »
Dimanche soir, le ministre de la Santé Yuli Edelstein a soutenu le renouvellement du programme du Shin Bet via une législation parlementaire.
« Nous vivons des jours critiques, la législation sur le suivi est très importante », a-t-il soutenu, ajoutant qu' »il est préférable que l’information reste entre les mains du Shin Bet plutôt qu’entre celles d’une société privée, dont seul le diable connaît les intérêts ».
Le cabinet Corona se réunira à nouveau ce lundi pour discuter de la reprise de la surveillance.
la Communauté du Times of Israël !







