Suspension d’un député de l’Union sioniste accusé de harcèlement sexuel
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Suspension d’un député de l’Union sioniste accusé de harcèlement sexuel

Une ancienne collègue d'Eitan Broshi a affirmé que ce dernier l'avait bloquée dans l'ascenseur et l'avait touchée de manière inappropriée il y a 15 ans

Eitan Broshi, député de l'Union sioniste, lors d'une réunion de la Commission des Finances à la Knesset, le 15 décembre 2015. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Eitan Broshi, député de l'Union sioniste, lors d'une réunion de la Commission des Finances à la Knesset, le 15 décembre 2015. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’Union sioniste Avi Gabbay a annoncé dimanche qu’il suspendait un député de sa faction qui a été accusé de harcèlement sexuel sur l’une de ses collègues il y a 15 ans, et qui a récemment touché de manière inappropriée une législatrice de son parti.

Une femme qui avait travaillé il y a 15 ans avec Eitan Broshi l’a accusé de l’avoir piégée dans un ascenseur et de lui avoir touché les « parties intimes » du corps, a annoncé la Dixième chaîne dimanche soir.

En réponse à ces informations, Gabbay, qui se trouve actuellement à l’étranger, a écrit sur Twitter qu’il s’était entretenu avec Broshi et qu’il l’avait informé qu’il était suspendu des activités du parti. Gabbay n’a pas l’autorité nécessaire pour renvoyer Broshi de la Knesset.

« Je lui ai demandé d’assumer la responsabilité de ses actions embarrassantes et de quitter la Knesset », a-t-il tweeté. « Il n’y a de place pour les délinquants sexuels ni dans la rue, ni à la Knesset ».

Le président de l’Union sioniste Avi Gabbay dirige une réunion à la Knesset le 7 mai 2018. (Miriam Alster / Flash90)

Au moment où il aurait harcelé cette femme dans un ascenseur, Broshi n’était pas député mais chef du conseil régional de la vallée de Jezreel – un poste qu’il a occupé de 1999 à 2006.

La femme a indiqué à la chaîne d’information qu’elle et Broshi avaient assisté à un séminaire en compagnie de nombreux participants. A la fin de la session, ils avaient pris l’ascenseur pour se rendre dans leurs chambres respectives.

« Lorsque l’ascenseur est arrivé, nous sommes tous les deux montés à l’étage où nous dormions – chacun dans une chambre séparée », a-t-elle raconté. « Eitan m’a empêché de quitter l’ascenseur et il m’a poussée quand je me trouvais dedans, et il m’a empêchée de partir alors qu’il me touchait les parties intimes ».

Elle a expliqué s’être trouvée coincée et s’être débattue pour qu’il la lâche.

« Il n’a pas arrêté de me demander quel était mon problème et pourquoi je résistais, pourquoi j’en faisais toute une affaire comme ça », a-t-elle raconté. « Je suis parvenue à sortir de l’ascenseur et à fuir de justesse après l’avoir repoussé plusieurs fois ».

La femme, qui a choisi l’anonymat et dont la voix a été modifiée lorsqu’elle s’est exprimée sur la Dixième chaîne, a ajouté que, le lendemain, elle avait raconté l’incident à son superviseur.

La Dixième chaîne a contacté ce dernier, qui se souvenait bien de cet épisode. « Je ne doute pas de son histoire et de tous les sentiments qu’elle a éprouvés », a-t-il dit. « Mon impression est qu’elle a effectivement vécu quelque chose de très traumatisant ».

La chaîne a fait savoir que la femme avait envoyé une lettre à Gabbay dimanche soir concernant ce harcèlement présumé.

Broshi a indiqué initialement qu’il ne se souvenait pas de l’incident lorsqu’il a été interrogé par la Dixième chaîne à ce sujet. Son avocat a qualifié de « très surprenant » le récit de la femme, survenu 15 ans après les faits.

« Ce n’est jamais arrivé. Le député Broshni ne s’est jamais laissé aller à un acte de harcèlement sexuel », a commenté l’avocat. « En tant que politicien, Broshi s’est fait des ennemis et le moment choisi [pour cette accusation] n’est pas une coïncidence. J’ai l’intention de poursuivre cette femme pour diffamation ».

Ces informations surviennent moins de deux semaines après que la législatrice Ayelet Nahmias-Verbin a accusé Broshi de l’avoir touchée sur les fesses durant un voyage de terrain des membres du parti de l’opposition. Elle a depuis accepté ses excuses.

La députée de l’Union sioniste Ayelet Nachmias Verbin durant une réunion de la commission à la Knesset de Jérusalem, le 3 décembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Broshi avait été dans l’obligation de présenter ses excuses, l’incident étant survenu en présence de Gabbay, du président de l’opposition Yoel Hasson et d’autres. Nahmias-Verbin avait indiqué que lorsqu’elle avait demandé des excuses suite à l’incident, Broshni l’avait initialement ignorée.

Cet acte déplacé aurait eu lieu alors que Broshi tentait de faire s’écarter Nahmias-Verbin lors d’un événement du parti organisé la semaine dernière à proximité de la frontière avec Gaza.

Selon des informations, les témoins présents ont expliqué que Broshni n’avait tout d’abord pas compris que ses actions étaient problématiques.

« Peu après l’incident, j’ai présenté mes excuses – un geste qui était supposé être amical a été en fait interprété comme étant complètement le contraire. Dès que j’ai compris mon erreur, je lui ai présenté mes excuses du plus profond du coeur », a commenté Broshi.

La présidente de la commission de contrôle de l’Etat, la députée de l’Union sioniste Shelly Yachimovich, a déclaré dimanche que Broshi aurait dû être exclu après avoir harcelé Nahmias-Verbin, et d’autant plus après la diffusion des dernières informations.

« Broshi et les délinquants sexuels comme lui n’ont pas leur place à la Knesset ou dans la vie publique », a-t-elle déclaré. « Toutefois, actuellement, il n’y a aucun moyen de l’expulser contre sa volonté. Mais je l’appelle à démissionner immédiatement et à cesser de nous mettre dans l’embarras ».

Elle a expliqué qu’elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour mettre un terme à son mandat et elle a appelé toutes les autres femmes qui ont pu être harcelées par Broshi à se manifester.

Tamar Zandberg et Michal Rozin du Meretz ont appelé Broshi à démissionner immédiatement.

« Plutôt que de menacer de parodies de procès en diffamation, il aurait été préférable que le député Broshi reconnaisse publiquement ses actions et qu’il en assume la responsabilité », ont-elles écrit dans un communiqué.

Si Broshi devait démissionner de la Knesset, il serait remplacé par le militant anti-corruption Eldad Yaniv, qui organise des rassemblements hebdomadaires contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis un an et demi.

Même s’il avait annoncé au début de l’année sa démission du parti travailliste en raison de désaccords avec la gouvernance de Gabbay, Yaniv est encore le prochain sur la liste électorale de la formation – avec l’ancien député Robert Tiviaev qui devrait remplacer Issac Herzog qui a démissionné pour prendre la tête de l’Agence juive et l’ancien législateur Moshe Mizrachi qui devrait se substituer à Zoheir Bahloul, qui a annoncé son retrait de la Knesset suite à l’adoption récente de la loi sur l’Etat-nation.

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