Swisscom dans la tourmente après des propos antisémites d’un employé sur les réseaux sociaux
Un employé de Swisscom a été identifié pour avoir publié des messages antisémites et faisant référence à la Shoah sur les réseaux sociaux
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Sur le réseau social Threads, un internaute a réagi au décès d’une adolescente de confession juive dans l’incendie du Constellation, survenu le 1er janvier à Crans-Montana, en écrivant : « Pas une perte, qu’elle brûle pour l’éternité en enfer ». D’autres publications attribuées au même auteur, en lien avec le conflit au Proche-Orient, évoquaient notamment de « relancer un des fours » ou faisaient référence au Zyklon B.
Le 30 janvier, un lanceur d’alerte a publié des captures d’écran sur Instagram et X pour interpeller Swisscom, un appel rapidement relayé sur les réseaux. L’auteur de ces propos haineux a été identifié comme un employé de la société de télécoms vivant à Genève. Depuis, ses comptes ont été supprimés.
Dans un premier temps, Swisscom s’est refusée à commenter les publications privées de son collaborateur, tout en affirmant se distancier de toute violence et discrimination. Cette réponse a été jugée « honteuse » par certains internautes, rappelant que « l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit ». Le 2 février, dans un message relayé sur LinkedIn et repris sur X, l’entreprise a dit avoir ouvert une enquête interne.
Contacté par la Tribune de Genève, Swisscom a confirmé « condamner fermement toute forme de discrimination ». Le porte-parole Christian Neuhaus a précisé : « L’incident a fait l’objet d’une enquête, à la suite de laquelle nous avons pris en interne les mesures qui s’imposaient. Nous ne nous exprimons toutefois pas sur les décisions liées au personnel. »
La Cicad (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation) a pour sa part écrit le 4 février au directeur général de Swisscom, dénonçant « des propos à caractère antisémite », « d’une extrême violence » et des éléments de « banalisation ou relativisation de la Shoah ». L’association demande à l’entreprise quelles mesures elle entend prendre et comment elle compte se positionner publiquement. « Nous étudions actuellement les éventuels recours judiciaires possibles », précise Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad.
Sur le plan pénal, l’article 261bis du Code pénal, relatif à la discrimination et à l’incitation à la haine, peut s’appliquer si les propos sont tenus « publiquement », ce qui est souvent le cas sur les réseaux sociaux. La peine prévue peut aller jusqu’à trois ans de prison ou une sanction pécuniaire, et l’infraction est poursuivie d’office. Selon l’avocat pénaliste Pierluca Degni, « on peut dénoncer même si l’on n’est pas personnellement touché ». Des infractions contre l’honneur, comme l’injure ou la diffamation, peuvent également être retenues.
Pour l’employeur, le problème se situe à l’intersection du devoir de fidélité du salarié et des obligations de protection envers l’entreprise et ses équipes. Si les propos créent un risque de tensions ou d’insécurité, « l’employeur se doit d’investiguer et de prendre des mesures », explique Me Degni à la Tribune de Genève. L’enquête est souvent confiée à un cabinet externe pour éviter tout conflit d’intérêts.
Un licenciement immédiat n’est possible qu’en cas de « justes motifs », lorsque l’atteinte à l’image constitue un tort considérable. Selon l’avocat, « l’infraction pénale et l’atteinte à l’image de l’employeur peuvent engendrer une perte de confiance qui peut justifier la fin du contrat de travail ».
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