Tel Aviv : Des milliers de personnes aux funérailles de Barel Hadaria Shmueli
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Tel Aviv : Des milliers de personnes aux funérailles de Barel Hadaria Shmueli

La mère du militaire, mort de ses blessures lors de heurts à Gaza, a salué la mémoire de son fils et fustigé l'armée, accusant le Premier ministre de négligence

Le cercueil de Barel Hadaria Shmueli, de la police des frontières, lors de ses funérailles, le 30 août 2021. (Crédit : Porte-parole de la police)
Le cercueil de Barel Hadaria Shmueli, de la police des frontières, lors de ses funérailles, le 30 août 2021. (Crédit : Porte-parole de la police)

Ce sont des milliers de personnes qui se sont rassemblées, lundi soir, pour les funérailles de Barel Hadaria Shmueli, agent de la police des frontières décédé dans la journée des suites de ses blessures. Il avait été grièvement touché à la tête pendant des violences survenues à la frontière avec Gaza, il y a plus d’une semaine.

Shmueli, 21 ans, a été inhumé lundi soir au cimetière Kiryat Shaul de Tel Aviv.

« Je le promets, je suivrai mon fils, Barel, je resterai dans son sillage, ma vie ne peut pas continuer », a dit sa mère, sanglotant, lors des funérailles. « Tout le monde doit prendre ses responsabilités au nom de sa petite sœur, dont le roi n’est plus en vie ».

Nitza a aussi critiqué âprement les autorités israéliennes, ne dissimulant pas sa colère. Elle n’a pas épargné le Premier ministre Naftali Bennett.

« On dit qu’on ignorait que le terroriste dissimulait une arme dans ses sous-vêtements. Et j’en appelle au monde entier, au gouvernement d’Israël, à l’armée israélienne, à la police des frontières – je veux qu’on me le dise – depuis quand les terroristes viennent-ils avec des baklavas, avec des douceurs dans les mains ? Dites-moi, depuis quand, depuis quand ? », a-t-elle ajouté, élevant la voix.

« Le lendemain, ils ont fermé le trou », a continué Nitza, évoquant la fente du mur en béton construit sur la frontière avec Gaza à travers laquelle le terroriste palestinien armé a ouvert le feu, blessant Shmueli grièvement au cours d’une émeute violente, il y a neuf jours.

La mère de Barel Hadaria Shmueli, de la police des frontières, mort neuf jours après avoir été blessé lors d’émeutes sur la frontière avec Gaza, s’exprime lors des funérailles de son fils à Tel Aviv, le 30 août 2021. (Crédit : Porte-parole de la police)

Shmueli avait été blessé samedi dernier, dans la soirée, lorsque des émeutiers qui participaient à un rassemblement organisé par le Hamas s’étaient précipités vers la barrière de sécurité. Des images montrent les Palestiniens tentant de détruire puis d’arracher l’arme d’un soldat dont le canon dépasse d’une fente dans le mur. Un homme court ensuite vers la barrière, sort une arme qu’il porte à la ceinture et tire à trois reprises dans le trou, à bout portant. L’une des balles avait blessé Shmueli à la tête.

Lors de la cérémonie, lundi soir, Nitza a à nouveau critiqué le Premier ministre, « un gâchis pour l’État d’Israël ». Des huées, dans la foule, ont alors accompagné la mention du nom de Bennett. Elle s’en est prise vivement au chef du gouvernement une nouvelle fois pour avoir confondu le nom de Barel et celui de son père, Yossi, lors d’un appel téléphonique passé à la famille, la semaine dernière. « C’est pourtant grâce à ce guerrier que [Bennett] a pu prendre quelques jours de vacances dans le nord ! », a-t-elle affirmé.

Le député du Likud Eli Cohen a assisté à la cérémonie, comme cela a été le cas également des législateurs d’extrême droite Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich du Parti sioniste religieux.

Shmueli s’est éteint lundi après-midi, neuf jours après avoir été blessé. Le pays avait été très ému du drame vécu par le jeune soldat et des veillées régulières, le soir, avaient été organisées aux abords de l’hôpital.

L’officier de la police des frontières Barel Shmueli, grièvement blessé lors d’une fusillade à la frontière de Gaza le 21 août 2021. (Police des frontières)

« L’équipe médicale s’est battue pour sauver sa vie et de nombreuses interventions chirurgicales ont été pratiquées », a commenté l’hôpital Soroka dans un communiqué émis lundi. « Malgré nos efforts intenses et en raison de ses blessures graves, les médecins ont été dans l’obligation de prononcer sa mort. Nous partageons le lourd chagrin de la famille. »

De nombreux responsables, des politiciens et autres ont rendu hommage au jeune militaire après l’annonce de son décès, présentant leurs condoléances et saluant la mémoire de Shmueli.

« Aucun mot ne peut réconforter la famille dans ce profond chagrin », a déclaré Bennett. « Barel a été un guerrier dans la vie comme dans la mort », a déclaré le Premier ministre Naftali Bennett dans un communiqué. « Il s’est battu pour sa vie jusqu’au dernier moment alors même que la population d’Israël s’unissait pour lui dans la prière ».

Les conclusions initiales de l’enquête de Tsahal sur les faits qui se sont produits à la frontière avec l’enclave côtière indiquent que les soldats n’étaient pas préparés à la ruée soudaine des émeutiers vers le mur. Les soldats stationnés là-bas n’ont pas ouvert le feu assez rapidement alors que la foule attaquait la frontière, inquiets de toucher les civils qui se trouvaient eux aussi dans la zone, a commenté un responsable de l’armée.

Les émeutiers se sont rués sur la frontière si vite que Shmueli et les autres soldats n’auraient apparemment pas réalisé combien ils étaient proches d’eux avant d’atteindre le mur en béton utilisé comme couverture, malgré les importants équipements de reconnaissance installés à la frontière, parmi lesquels des drones et des caméras de sécurité puissantes, a noté un responsable.

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