Israël en guerre - Jour 201

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Texte intégral du point de presse de Blinken lors de sa 7e visite en Israël en temps de guerre

"Ne déshumanisez pas les autres", dit le secrétaire d’État qui estime qu’Israël peut s’intégrer pleinement dans la région s’il accepte de faire progresser l’État palestinien

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 7 février 2024. (Crédit : Département d'État américain/AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 7 février 2024. (Crédit : Département d'État américain/AFP)

Ce qui suit est une retranscription d’une conférence de presse tenue par le secrétaire d’État américain Antony Blinken à Tel Aviv, le 7 février 2024.

Secrétaire d’État américain Antony Blinken : Bonsoir. C’est ma cinquième visite dans la région et c’est ma septième visite en Israël depuis le 7 octobre. Je suis revenu, avant tout, pour consulter directement nos partenaires au sujet des efforts conjoints que nous livrons en faveur du rapatriement des otages qui se trouvent encore en captivité. J’ai rencontré les familles des otages à de multiples reprises pendant mes visites précédentes, ainsi qu’à Washington et je suis impatient de les rencontrer une nouvelle fois demain.

L’agonie pure – celle qui est de ne pas savoir ce qu’est devenu un être qui vous est cher – est presque inimaginable. Et je sais que cette douleur est presque insupportable. Alors, nous nous sommes concentrés de manière intense, depuis le premier jour, sur cette nécessité de faire libérer les otages – tous les otages – et de les faire revenir auprès des familles auxquelles ils appartiennent. Et nous continuerons à nous concentrer là-dessus jusqu’à ce que nous parvenions à les faire revenir.

Nous avons eu l’opportunité, aujourd’hui, de discuter avec le gouvernement israélien de la réponse que le Hamas a apportée, la nuit dernière, à la proposition que les États-Unis, le Qatar et l’Égypte ont préparé pour garantir le retour des otages et pour prolonger la pause humanitaire. Ce que je peux vous dire sur ces discussions, c’est que s’il y a des éléments qui sont clairement rédhibitoires dans la réponse du Hamas, nous pensons toutefois qu’elle offre une marge de manœuvre suffisante pour trouver à terme un accord. Et nous travaillerons sans relâche jusqu’à ce que nous y parvenions.

Nous avons eu de longues discussions avec le Premier ministre et avec les responsables de la sécurité nationale sur l’opération  militaire qui vise à vaincre le Hamas, sur la situation actuelle et sur les progrès réalisés vers l’objectif fondamental de la guerre, qui est de garantir qu’un nouveau 7 octobre ne pourra plus jamais se produire. En même temps, nous continuons à mener un travail en coopération étroite avec Israël et avec le Liban sur les efforts diplomatiques livrés en faveur d’une désescalade des tensions sur la frontière nord d’Israël, de manière à ce que les familles puissent rentrer chez elles – à la fois dans le nord d’Israël et dans le sud du Liban – et qu’elles puissent vivre dans la paix et dans la sécurité.

Nous avons aussi discuté d’un impératif qui est celui de protéger au maximum les civils, et du caractère indispensable de l’acheminement des aides humanitaires, de façon à apaiser les souffrances continues qui sont ressenties par les civils palestiniens à Gaza. Presque deux millions de personnes ont été déplacées, quittant leur maison. Des centaines de milliers de personnes connaissent la faim. La majorité d’entre elles ont perdu quelqu’un qu’elles aimaient. Et jour après jour, c’est un nombre plus important de civils qui est tué.

Lors de toutes mes précédentes visites ici – et presque tous les jours dans l’intervalle – nous avons exhorté Israël à renforcer concrètement la protection des civils, à faire parvenir plus d’aides à ceux qui en ont besoin. Et durant les quatre derniers mois, Israël a pris des initiatives importantes dans ce sens : autoriser l’afflux des aides ; doubler leur quantité pendant la première pause qui a permis la remise en liberté d’otages ; ouvrir des corridors dans le nord et dans le sud de Gaza de manière à ce que la population puisse quitter les zones de combat à travers ces couloirs, avec des pauses quotidiennes de quatre heures et annoncées trois heures auparavant ; ouvrir Kerem Shalom ; acheminer l’assistance humanitaire depuis la Jordanie ; établir des mécanismes de déconfliction pour les sites humanitaires. En résultat, aujourd’hui, ce sont de plus grandes quantités d’aides humanitaires qui entrent à Gaza et en provenance de plus d’endroits que cela n’a jamais été le cas depuis le 7 octobre.

En tant que plus grands donateurs d’aides humanitaires aux Palestiniens, les États-Unis ont aidé à fournir une grande partie de cette assistance, notamment en finançant 90 000 tonnes métriques de farine qui ont été livrées au port d’Ashdod. Ce qui est suffisant pour permettre à 1,4 million de personnes d’avoir du pain pendant les cinq prochains mois. Une équipe des Nations unies a commencé une mission dans le nord de la bande dont l’objectif est d’examiner la situation des civils qui se trouvent encore là-bas, ainsi que ce qui est à faire pour permettre aux Palestiniens déplacés de retourner chez eux, dans le nord de la bande.

Et pourtant, comme je l’ai dit aujourd’hui au Premier ministre et à d’autres responsables israéliens, le bilan quotidien des morts parmi les civils innocents, des morts issues des opérations militaires, reste trop élevé. Dans nos entretiens, aujourd’hui, j’ai souligné certaines initiatives déterminantes qu’Israël devrait prendre pour s’assurer que les aides arriveront en plus grande quantité jusqu’à un plus grand nombre d’habitants de Gaza. Israël devrait ouvrir Erez, de manière à ce que l’assistance puisse affluer dans le nord de Gaza où, comme je vous l’ai dit, des centaines de milliers de personnes se battent pour leur survie, dans des conditions dures. Israël doit faciliter l’afflux des aides humanitaires en provenance de Jordanie. Israël doit renforcer la déconfliction et améliorer la coordination avec ceux qui fournissent les aides humanitaires. Et Israël doit garantir que la délivrance d’une assistance vitale, à Gaza, ne sera pas bloquée pour quelque raison que ce soit, et par personne.

Nous exhortons Israël à faire davantage pour venir en aide aux civils en sachant très bien que le pays fait face à un ennemi qui, lui-même, n’aurait jamais respecté ces standards – un ennemi qui s’ancre cyniquement parmi les hommes, les femmes et les enfants ; un ennemi qui tire des roquettes depuis les hôpitaux, depuis les écoles, depuis les mosquées, depuis les immeubles résidentiels ; un ennemi dont les chefs s’entourent d’otages ; un ennemi qui a ouvertement fait part de son objectif : tuer autant de civils innocents que possible parce qu’ils sont Juifs, tout simplement, et effacer Israël de la carte.

C’est la raison pour laquelle nous avons établi clairement qu’Israël a toute légitimité dans sa guerre contre le Hamas et contre les autres groupes terroristes. Et c’est aussi la raison pour laquelle les États-Unis ont fait plus que n’importe quel autre pays pour soutenir le droit d’Israël, qui est de garantir qu’un 7 octobre ne se reproduira plus jamais.

Les Israéliens ont été déshumanisés de la façon la plus horrible, le 7 octobre. Les otages ont été déshumanisés chaque journée qui s’est écoulée depuis. Mais cela ne saurait, en aucun cas, donner le droit de déshumaniser les autres. La majorité écrasante de la population, à Gaza, n’a rien à voir avec les attaques du 7 octobre, et les familles de Gaza dont la survie dépend de la délivrance des aides de la part d’Israël ne diffèrent en rien de nos familles. Ce sont des mères et des pères, des fils et des filles – qui veulent gagner un revenu décent, qui veulent envoyer leurs enfants à l’école, qui veulent vivre une vie normale. C’est qui ils sont ; c’est ce qu’ils veulent. Et nous ne pouvons pas, nous ne devons pas l’occulter. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas occulter notre humanité commune.

Nous restons également déterminés à poursuivre une voie diplomatique qui ouvrira sur une paix juste et durable, sur une sécurité assurée pour toutes les populations de la région et particulièrement pour Israël. Et cette voie diplomatique fait l’objet d’une attention de plus en plus accrue au fil de mes déplacements dans toute la région, lorsque je suis amené à échanger avec nos amis et avec nos partenaires. Un Israël qui serait pleinement intégré dans la région, entretenant des relations normales avec des pays importants, notamment avec l’Arabie saoudite, qui aurait des garanties fermes en matière de sécurité en plus d’un chemin irréversible, concret, soumis à un calendrier, débouchant sur un État palestinien vivant côte à côte avec Israël, dans la paix et dans la sécurité, avec les assurances nécessaires en termes de sécurité.

Au cours de ce voyage, nous avons discuté du fond et de la forme des initiatives qu’il faudrait nécessairement prendre pour avancer concrètement dans cette trajectoire. Elles comprennent des démarches de la part de l’Autorité palestinienne, qui doit se réformer et se redynamiser. Et j’ai réaffirmé le caractère indispensable de ces démarches lors de ma rencontre, aujourd’hui, avec le président Abbas – avec, avant tout le reste, l’amélioration de la gouvernance ; une plus grande imputabilité à l’égard de la population palestinienne, des changements que l’Autorité palestinienne s’est engagée à lancer dans le cadre de réformes qui ont été récemment annoncées et qui seront rapidement mis en œuvre, nous le recommandons vivement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Aujourd’hui, nous pouvons constater que très nombreux sont les acteurs de la région qui sont désireux d’emprunter la voie que je viens tout juste d’évoquer. Mais ce n’est pas le cas de certains autres. Certains s’efforcent de la saboter. L’Iran et ses groupes mandataires continuent leurs escalades et continuent à élargir le cycle des violences que nous voulons tous arrêter. Nous continuerons à défendre les nôtres, nous continuerons à défendre nos intérêts face à ces attaques – non pas pour dynamiser les escalades mais pour les prévenir.

Enfin, dans mes discussions, aujourd’hui, avec le Premier ministre et avec de hauts-responsables, j’ai aussi évoqué nos inquiétudes profondes face aux actions et à la rhétorique – notamment de la part de responsables du gouvernement – qui enflamment les tensions, qui viennent saper le soutien international et qui créent des tensions plus fortes qui pèsent sur la sécurité d’Israël. La population israélienne a consenti des sacrifices énormes pour forger cette nation et pour la défendre. C’est elle qui décidera de la voie à suivre, de celle qu’elle considèrera comme la plus appropriée pour elle, et qui décidera si elle est prête à faire les choix difficiles qui sont nécessaires pour concrétiser l’ambition d’une paix réelle et d’une vraie sécurité, une perspective restée hors d’atteinte depuis si longtemps. En tant qu’ami réel d’Israël, en tant que représentant d’un pays qui a toujours été le premier à se placer aux côtés d’Israël – que cela ait été le 14 mai 1948 ou le 7 octobre 2023 – nous donnerons toujours nos conseils, ceux que nous considérons comme les meilleurs, à ce pays – en particulier sur les choix qui seront les plus déterminants pour lui.

Merci. Je serais heureux de répondre à certaines questions.

M. Miller : La première question est posée par Zolan Kanno-Youngs du New York Times.

Question : Merci, monsieur le Secrétaire d’État. J’ai juste deux questions pour vous. Je sais que vous avez dit qu’il y avait encore une marge de manœuvre concernant les négociations portant sur la libération des otages, mais le Premier ministre, après votre entretien, a rejeté sans ménagement la réponse apportée par le [groupe terroriste palestinien du] Hamas, disant même qu’elle était ridicule. Je voudrais juste des éclaircissements de votre part : est-ce que cette réponse, est-ce que ces négociations sont véritablement mortes ? Et à quoi s’oppose donc spécifiquement le Premier ministre dans cette réponse ?

Et le Premier ministre a également, peu après votre rencontre, déclaré clairement que les troupes israéliennes allaient avancer plus profondément dans Rafah. Est-ce que les États-Unis vont se contenter d’observer les choses alors même qu’un million de Palestiniens – plus d’un million de Palestiniens – sont coincés à Rafah, vraisemblablement dans l’impossibilité de partir ailleurs ?

Et si je puis me permettre, le Congrès fait dorénavant avancer un projet de loi qui couplerait les aides apportées à l’Ukraine et les aides apportées à Israël. L’administration soutiendra-t-elle une enveloppe potentielle qui, une fois encore, interdirait le financement de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) ? Merci.

Blinken : C’est impressionnant. Bon j’imagine que cela comprend également les questions de tous vos collègues. C’est le cas ?

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi (à gauche), rencontre le chef du commandement sud, le général de division Yaron Finkelman, dans le nord de la bande de Gaza, le 6 février 2024. (Crédit : armée israélienne)

Je ne pense pas. Je ne me permettrai pas de leur faire ça.

Blinken : Très bien. Commençons par le début. Vous voyez, comme je vous l’ai dit, nous avons étudié très attentivement ce qui est revenu de la part du Hamas et il y a clairement des choses rédhibitoires dans ce qui a été avancé. Mais nous voyons également une marche de manœuvre qui permettra de poursuivre les négociations pour voir si nous pouvons aboutir à un accord et c’est bien ce que nous avons l’intention de faire. Et je ne vais pas m’exprimer au nom d’Israël ou d’une autre partie impliquée là-dedans mais je le répète, nous pensons que cette marge de manœuvre est bien présente et nous pensons que nous devons l’exploiter.

En ce qui concerne Rafah, vous voyez, comme je vous l’ai dit auparavant, Israël a la responsabilité – Israël a l’obligation – de faire tout ce qui est possible pour garantir que les civils sont protégés et qu’ils peuvent bénéficier de toute l’assistance dont ils ont besoin pendant ce conflit. Toute campagne militaire, toute opération militaire entreprise par Israël doit accorder la priorité à la protection des civils. Et j’ai suggéré, une fois encore, certains moyens d’y parvenir. Et c’est particulièrement vrai dans le cas de Rafah où se trouvent entre 1,2 et 1,4 million de personnes qui, pour un grand nombre d’entre elles, ont été déplacées par le conflit. Et nous voulons nous assurer encore que dans tout ce qui est entrepris, dans toutes les opérations militaires, la situation des civils est une priorité et que les initiatives nécessaires sont bien prises pour s’assurer qu’ils sont protégés, qu’ils ont accès à toute l’aide dont ils ont besoin.

Veuillez m’excuser, Monsieur le Secrétaire d’État. Vous avez dit que — vous avez mentionné — vous avez suggéré quelques moyens de le faire pour assurer …

Blinken : Je viens de passer en revue un certain nombre de mesures que nous demandons instamment à Israël de prendre dès maintenant pour poursuivre ce qu’il a déjà fait en termes d’aide humanitaire et de protection des civils. Et comme je l’ai dit, dans le cas de Rafah, c’est extrêmement important parce que la population y est très dense et comprend de nombreuses personnes qui ont été déplacées d’autres parties de la bande de Gaza.

Pour ce qui est de l’UNRWA, nous avons été profondément choqués par les allégations concernant la participation ou l’implication de certains de ses employés dans les massacres du 7 octobre. Il est impératif, comme l’a déclaré l’ONU, qu’une enquête approfondie soit menée, que les responsables soient clairement identifiés et que des mesures claires soient mises en place pour s’assurer que cela ne puisse pas se reproduire, que des employés ne soient d’aucune manière impliqués dans le terrorisme ou dans les événements du 7 octobre. Nous savons que le travail de l’UNRWA, les fonctions qu’il remplit doivent être maintenues parce que tant de vies en dépendent. C’est pourquoi, à l’avenir, nous nous pencherons sur les mesures qui seront prises. Et comme je l’ai dit, il est impératif que les services soient maintenus.

Est-ce que cela impliquerait que le gouvernement pourrait potentiellement soutenir un programme d’aide qui interdirait toujours le financement de l’UNRWA ?

Blinken : Je ne vais pas m’avancer sur des points législatifs hypothétiques.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) et le président de l’AP Mahmoud Abbas se serrant la main lors de leur rencontre, à Ramallah, en Cisjordanie, le 7 février 2024. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP Photo/Pool)

Question : Mais il y avait déjà eu …

Blinken : Merci.

[…] un programme d’aide approuvé par l’administration qui interdisait ce financement ?

Blinken : J’y reviendrai la prochaine fois. Je vous remercie.

Des réservistes gardent un tunnel du Hamas qui a été découvert à Salatin, près de Jabaliya, dans le nord de Gaza, le 7 décembre 2023. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Merci, Monsieur le Secrétaire.

Miller : Pour la question suivante, Gil Tamary de la Treizième chaîne.

Monsieur le Secrétaire, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer. Gil Tamary, Treizième chaîne. Il semblerait que toute la doctrine Biden vis-à-vis d’Israël, d’un futur État palestinien, de la normalisation avec l’Arabie Saoudite, soit en train de s’effondrer. Netanyahu dit non avec un « N » majuscule à toute forme d’État palestinien. L’Arabie saoudite déclare que la normalisation avec Israël ne sera envisagée qu’après la constitution d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Comment les États-Unis entendent-ils sortir de cette impasse ?

Deuxièmement, en ce qui concerne la prise d’otages, après avoir entendu le Premier ministre Netanyahu affirmer ce soir que les exigences du Hamas sont délirantes, où voyez-vous une quelconque marge de manœuvre, comme vous l’avez mentionné, pour la négociation ? Et avez-vous le sentiment que Netanyahu a exploré toutes les options possibles pour ramener les citoyens israéliens kidnappés et retenus en otage par le Hamas, ou qu’une fois de plus, la politique israélienne se met en travers du chemin ? Enfin, pourquoi avez-vous annulé votre visite à Kerem Shalom demain ?

Blinken : C’est bien. Nous avons – je vois qu’une tendance se dessine à avoir au moins trois questions par personne.

(Hors micro)

Blinken : Oui. Dernière question d’abord. Aucune visite n’était prévue à Kerem Shalom, aucune visite n’a donc été annulée. Nous voulons nous assurer, comme je l’ai dit, que l’aide puisse être acheminée sans heurt et de façon durable. Mais rien n’a été annulé.

Deuxièmement – je suppose que je vais le faire dans l’ordre inverse – en ce qui concerne l’accord sur les otages, je ne peux que me répéter : il est clair que dans son offre, le Hamas a proposé des choses absolument inconcevables. Je suppose que c’est à cela que le Premier ministre faisait allusion, mais je ne veux pas parler en son nom. Mais en même temps, nous discernons, dans ce qui a été renvoyé, une certaine marge de manœuvre pour continuer à chercher un accord. Il s’agit bien de négociations. Ce n’est pas un interrupteur. Ce n’est pas oui ou non. Il y a toujours un va-et-vient. Et comme je l’ai dit, nous pensons qu’il y a de la place pour cela. Et compte tenu de l’impératif, de l’importance que nous attachons tous au retour des otages, nous avons l’intention de poursuivre dans cette voie.

Enfin, comme je l’ai déjà dit, avant le 7 octobre, nous envisagions la possibilité d’une normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite. De fait, il était prévu que je me rende en Israël et en Arabie saoudite – je crois que c’était le 10 octobre – pour poursuivre cette démarche et en particulier, pour mettre l’accent sur ce que nous savions déjà à l’époque être une composante palestinienne nécessaire à tout accord de normalisation. Lorsque j’ai vu le prince héritier en Arabie saoudite il y a quelques jours, il m’a répété son désir et sa détermination à poursuivre la normalisation. Mais il a également répété que pour ce faire, deux choses devaient se produire. Premièrement, le calme doit régner à Gaza ; deuxièmement, il doit y avoir une voie claire et réalisable vers un État palestinien.

Comme je l’ai déjà dit, la voie à suivre pour Israël et pour l’ensemble de la région est celle de l’intégration, de la normalisation, des garanties de sécurité et de la création d’un État palestinien. Cela change complètement l’équation et l’avenir pour le mieux pour les Israéliens, les Arabes, les Palestiniens et, ce faisant, isole des groupes comme le Hamas, isole des pays comme l’Iran, qui veulent un avenir très différent. Mais comme je l’ai également déclaré, s’engager dans cette voie, la poursuivre, exige des décisions difficiles. Rien de tout cela n’est facile.

Il appartiendra donc aux Israéliens de décider ce qu’ils veulent faire, quand ils veulent le faire et comment ils veulent le faire. Personne ne prendra ces décisions à leur place. Tout ce que nous pouvons faire, c’est montrer quelles sont les possibilités, quelles sont les options, quel pourrait être l’avenir, et les comparer à l’alternative. Et l’alternative actuelle ressemble à un cycle sans fin de violence, de destruction et de désespoir. Nous savons où se trouve la meilleure voie, mais je ne minimise en rien les décisions très difficiles qui devront être prises par toutes les parties concernées pour emprunter cette voie.

Miller : Anton La Guardia pour The Economist.

Des familles endeuillées marchant vers la Knesset en souvenir des victimes du massacre du Supernova, le 7 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Merci beaucoup, Monsieur le Secrétaire. Pouvez-vous – vous avez utilisé des mots très spécifiques pour décrire cette vision d’une voie meilleure. Qu’entendez-vous en réalité par une voie claire, crédible, irréversible et limitée dans le temps vers un État palestinien ?

Au Qatar et aujourd’hui encore, vous avez parlé de la sécurité, du fait qu’Israël reçoit des garanties de sécurité et des assurances de la part de ses voisins. Qu’est-ce que cela signifie en réalité ? Que propose-t-on à Israël s’il s’engage dans cette voie ? Et cela inclurait-il des garanties américaines supplémentaires pour Israël en plus des accords qui existent actuellement ? Je vous remercie de votre attention.

Blinken : Écoutez, je ne vais pas prendre de l’avance sur les choses ni entrer dans les détails. Je pense que ces mots parlent d’eux-mêmes. Comment ils sont définis, comment ils sont concrétisés, c’est le sujet de la diplomatie. C’est en grande partie le sujet des conversations que j’ai eues dans la région ainsi qu’ici, alors que nous étoffons cela et que nous lui donnons une véritable substance. Mais je ne veux pas m’avancer.

Ce que je peux seulement ajouter en réponse au reste de votre question, c’est qu’il est clair pour moi, après avoir parlé à de nombreux pays de la région, qu’ils sont prêts à faire des choses avec et pour Israël qu’ils n’ont jamais été prêts à faire dans le passé, y compris des mesures qui permettraient de mieux répondre à toutes les préoccupations de sécurité qu’ils pourraient avoir. De même, les États-Unis sont prêts à faire de même. Mais les détails, la substance de tout cela, ce sont toutes des choses dont nous continuons à parler dans ces conversations, dans notre diplomatie, et qui mettront encore plus l’accent sur ce point parce qu’à un moment donné, oui, il sera très important de présenter exactement ces détails et de voir si, pour toutes les parties concernées, il y a un chemin crédible à emprunter. Et encore une fois, je crois que c’est le cas, mais il reste beaucoup de travail à faire dans les semaines et les mois à venir.

Des familles d’Israéliens enlevés par des terroristes du Hamas à Gaza manifestant devant le siège du ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 6 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Miller : La dernière question revient à Mohammed Jamjoom, de la chaîne Al Jazeera en anglais.

Monsieur le Secrétaire, merci. J’ai deux questions à vous poser. La première concerne le fait que vous avez parlé de l’importance de créer une voie pour un État palestinien. Selon certains articles, vous avez demandé au Département d’État d’examiner les possibilités de reconnaissance d’un État palestinien. Je voudrais donc vous demander si c’est le cas et, dans l’affirmative, s’il s’agit d’un moyen de pression que vous jugez nécessaire pour amener Israël à accepter un cessez-le-feu qui pourrait, à terme, déboucher sur une solution à deux États ? C’est la première question.

La deuxième question que je souhaite vous poser concerne le fait qu’Israël maintient que le Hamas doit être éliminé, qu’il ne peut jouer aucun rôle dans la gestion de Gaza après la fin de la guerre. Quel est le prêt des États-Unis sur ce point ? Les États-Unis acceptent-ils que le Hamas joue un rôle dans la gouvernance de Gaza dans un scénario de lendemain de guerre et quelle serait la politique américaine à l’égard du Hamas à l’avenir ?

Blinken : La réponse courte à la deuxième partie de la question est non. Quant à la première partie de la question, comme je viens de le dire, il y a un certain nombre – alors que nous définissons la voie à suivre, y compris la voie vers un État palestinien, il y a un certain nombre d’options politiques que les gens peuvent proposer dans le cadre de ce processus. Mais nous nous concentrons aujourd’hui sur l’ensemble de la diplomatie nécessaire pour y parvenir, y compris, encore une fois, pour obtenir des idées, des propositions de toutes les parties concernées, et pour les rassembler dans un plan crédible et clair. Voilà donc où nous en sommes et, comme je l’ai dit, nous continuerons à avoir ces conversations pour nous engager dans cette diplomatie, pour vraiment mettre l’accent sur tous les différents éléments qui seraient nécessaires, qui seraient impliqués et que chacune des parties estime importants.

Je vous remercie.

Merci.

Blinken : Merci à tous, et je m’excuse de vous avoir retardés. J’espère que vous aurez l’occasion de dîner.

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