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TotalEnergies: un accord-cadre avec Israël sur le champ gazier partagé avec le Liban

L'accord cadre vise à "mettre en œuvre l'accord sur la frontière maritime qui a été finalisé entre Israël et le Liban le 27 octobre 2022", précise le groupe français.

Illustration : Energean en opération dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. (Crédit : Capture d’écran sur YouTube)
Illustration : Energean en opération dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. (Crédit : Capture d’écran sur YouTube)

TotalEnergies et le géant italien des hydrocarbures Eni ont signé un accord-cadre avec Israël sur le champ gazier de Cana partagé avec le Liban, a annoncé mardi le groupe français dans un communiqué.

L’accord cadre vise à « mettre en œuvre l’accord sur la frontière maritime qui a été finalisé entre Israël et le Liban le 27 octobre 2022 », précise le groupe français.

L’accord du 27 octobre assure la répartition de précieux gisements gaziers offshore en Méditerranée orientale et réduit la tension dans la région. Il avait été obtenu par le biais d’une longue médiation américaine.

« A la suite de l’accord diplomatique avec le Liban, nous avons pris des mesures pour garantir les droits économiques d’Israël sur les gisements potentiels », a réagi le directeur-général du ministère israélien de l’Energie Lior Shillat, selon un communiqué.

« L’accord-cadre signé et l’accord détaillé qui suivra si du gaz est trouvé permettront le développement d’un champ gazier qui traverse les frontières des états ennemis, un fait rare sur le marché mondial de l’énergie », a-t-il relevé.

Cet accord va permettre à Beyrouth d’entamer l’exploration d’hydrocarbures dans le champ de Cana, dont une partie se situe dans les eaux territoriales d’Israël, en contrepartie du versement à l’État hébreu d’une compensation.

TotalEnergies et ENI vont désormais pouvoir explorer un « prospect déjà identifié qui pourrait s’étendre à la fois dans le bloc 9 et dans les eaux israéliennes au sud de la frontière maritime récemment établie », explique le groupe français.

Le Liban a divisé la zone économique exclusive en mer en dix blocs et le bloc 9, où se trouve le réservoir de Cana, faisait partie de la zone contestée avec Israël qui est techniquement toujours en état de guerre avec le Liban.

En vertu de l’accord entre les deux pays, le Liban aura tous les droits d’exploration et d’exploitation du champ de Cana, mais les analystes s’accordent à dire qu’il faudra plusieurs années à Beyrouth avant d’entrée dans la phase d’exploitation.

A terme, Israël sera de son côté rémunérée par la firme exploitant Cana « pour ses droits sur d’éventuels gisements », selon le texte de l’accord, le gouvernement israélien estimant sa part à environ 17 %.

« Au Liban, TotalEnergies est l’opérateur du bloc 9 d’exploration et en détient une participation de 60 % aux côtés de son partenaire ENI (40%) », précise le groupe français.

« Nous répondrons à la demande des deux pays d’évaluer la matérialité des ressources en hydrocarbures et de leur potentiel productif dans cette zone », a déclaré Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, dans un communiqué.

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