Israël en guerre - Jour 142

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Troisième libération d’otages : la joie mais aussi le poids des absents

Les 17 otages ont été chaleureusement accueillis ; le grand-père d'Avigaïl Idan est heureux, mais meurtri à jamais par la mort des parents de sa petite-fille de tout juste 4 ans

  • Un véhicule transportant des otages libérés par le Hamas se dirige vers la base militaire de Hatzerim à Ofakim, dans le sud d'Israël, le 26 novembre 2023, après leur libération de la captivité du Hamas dans la bande de Gaza. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
    Un véhicule transportant des otages libérés par le Hamas se dirige vers la base militaire de Hatzerim à Ofakim, dans le sud d'Israël, le 26 novembre 2023, après leur libération de la captivité du Hamas dans la bande de Gaza. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
  • Gal et Tal Almog-Goldstein s'amusant avec des jouets sur la base aérienne militaire Hatzerim après leur libération de Gaza, le 26 novembre 2023. (Autorisation)
    Gal et Tal Almog-Goldstein s'amusant avec des jouets sur la base aérienne militaire Hatzerim après leur libération de Gaza, le 26 novembre 2023. (Autorisation)
  • Des otages libérés par le Hamas vus à travers la fenêtre d'un bus les transportant vers une base de l'armée à Ofakim, dans le sud d'Israël, alors qu'une foule les salue à l'extérieur après leur libération des mains du groupe terroriste palestinien depuis la bande de Gaza, le 26 novembre 2023. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
    Des otages libérés par le Hamas vus à travers la fenêtre d'un bus les transportant vers une base de l'armée à Ofakim, dans le sud d'Israël, alors qu'une foule les salue à l'extérieur après leur libération des mains du groupe terroriste palestinien depuis la bande de Gaza, le 26 novembre 2023. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
  • Yahel Shoham, 3 ans, en compagnie de sa grand-mère Shoshan Haran, 67 ans, lors de leur retour en Israël après 50 jours de captivité dans les geôles du Hamas à Gaza, où ils étaient détenus avec la mère de Yahel, Adi, et son fils Naveh, 8 ans, le 25 novembre 2023. (Crédit : Autorisation)
    Yahel Shoham, 3 ans, en compagnie de sa grand-mère Shoshan Haran, 67 ans, lors de leur retour en Israël après 50 jours de captivité dans les geôles du Hamas à Gaza, où ils étaient détenus avec la mère de Yahel, Adi, et son fils Naveh, 8 ans, le 25 novembre 2023. (Crédit : Autorisation)
  • Naveh Shoham, à son arrivée en Israël après 50 jours de captivité dans la bande de Gaza, où il était détenu par le Hamas avec sa sœur Yël, 3 ans, sa mère Adi et sa grand-mère Shoshan Haran, 67 ans, le 25 novembre 2023. (Autorisation)
    Naveh Shoham, à son arrivée en Israël après 50 jours de captivité dans la bande de Gaza, où il était détenu par le Hamas avec sa sœur Yël, 3 ans, sa mère Adi et sa grand-mère Shoshan Haran, 67 ans, le 25 novembre 2023. (Autorisation)
  • Sharon Avigdori retrouvant son fils Omer, après avoir été libérée de 50 jours de captivité dans la bande de Gaza, le 26 novembre 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)
    Sharon Avigdori retrouvant son fils Omer, après avoir été libérée de 50 jours de captivité dans la bande de Gaza, le 26 novembre 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)
  • Les membres de la famille Goldstein-Almog se retrouvant après 51 jours d de captivité dans la bande de Gaza, le 26 novembre 2023. (Autorisation)
    Les membres de la famille Goldstein-Almog se retrouvant après 51 jours d de captivité dans la bande de Gaza, le 26 novembre 2023. (Autorisation)
  • Maayan Zin retrouvant ses filles Dafna Elyakim, 15 ans et Ella Elyakim, 8 ans, après leur libération des geôles du Hamas après 51 jours de captivité, le 26 novembre 2023. (Crédit : Autorisation)
Maayan Zin embrasse ses filles, Dafna Elyakim, 15 ans, et Ela Elyakim, 8 ans, après 51 jours de captivité à Gaza, le 26 novembre 2023. (Crédit : Autorisation)
    Maayan Zin retrouvant ses filles Dafna Elyakim, 15 ans et Ella Elyakim, 8 ans, après leur libération des geôles du Hamas après 51 jours de captivité, le 26 novembre 2023. (Crédit : Autorisation) Maayan Zin embrasse ses filles, Dafna Elyakim, 15 ans, et Ela Elyakim, 8 ans, après 51 jours de captivité à Gaza, le 26 novembre 2023. (Crédit : Autorisation)

Des scènes de joie israélienne ont marqué l’arrivée d’un troisième groupe d’otages libérés dimanche, après 51 jours de captivité dans la bande de Gaza.

Quatorze Israéliens et trois citoyens thaïlandais ont été transférés des mains du Hamas vers Israël, dans le cadre d’un accord avec le groupe terroriste palestinien qui prévoit une trêve de quatre jours et la libération d’au moins 50 prisonniers israéliens sur les 240 enlevés par le groupe le 7 octobre. L’un des Israéliens, qui possède également la citoyenneté russe, a été libéré en guise de geste du Hamas envers Moscou, et les trois Thaïlandais ont été libérés dans le cadre d’un accord distinct conclu avec Bangkok.

Dans une première scène du genre depuis le début des libérations d’otages, des centaines d’Israéliens en liesse à Ofakim ont accueilli des camionnettes transportant des Israéliens libérés, alors que le convoi se dirige vers la base aérienne de Hatzerim, près de Beer Sheva.

Des passants enthousiastes ont agité des drapeaux et leurs mains vers ceux qui se trouvaient à l’intérieur des véhicules, et certains des otages libérés ont été vus en train de saluer à leur tour la foule joyeuse.

Depuis Hatzerim, les otages libérés ont été répartis dans les hôpitaux pour y subir un examen de santé général et retrouver leurs familles.

Les otages ont été enlevés le 7 octobre, lorsque quelque 3 000 terroristes ont fait irruption en Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime, tuant1 200 personnes et s’emparant d’au moins 240 otages de tous âges, sous le couvert d’un déluge de milliers de roquettes tirées sur les villes israéliennes.

Familles et amis incrédules

Dix des otages relâchés venaient du kibboutz Kfar Aza, et des centaines de résidents évacués de la communauté ont fait la fête dimanche soir dans une salle d’événements à Shefayim, dans le centre d’Israël, alors qu’ils regardaient le déroulement de la libération.

Quelques instants plus tôt, les membres des kibboutz ont laissé éclater leur joie en voyant les premières images de leurs voisins dans les vidéos en provenance de Gaza.

« La voilà, regarde ! », a crié un homme ravi, en pointant du doigt un écran géant diffusant la Treizième chaîne en direct, montrant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) transportant les otages libérés.

Chaque fois qu’un nouveau visage était identifié, la foule applaudissait.

Les membres du kibboutz de Kfar Aza se réjouissent lorsque les premières images des 14 otages israéliens libérés dimanche soir – dont de nombreux membres du kibboutz – apparaissent dans les journaux télévisés.

Aux États-Unis, le président Joe Biden s’est joint aux célébrations, déclarant lors d’une conférence de presse que lui, son épouse et « de nombreux Américains prient » pour qu’Avigaïl Idan, une Israélo-Américaine de 4 ans, s’en sorte après sa libération. Idan a vu sa mère tuée devant elle au kibboutz Beeri lors du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre, puis a couru vers son père qui l’a protégée de son corps, avant d’être abattu par les terroristes. Elle a ensuite couru jusqu’à la maison de ses voisins, où elle a été prise en otage avec les personnes qui se trouvaient à l’intérieur.

« Ce qu’elle a enduré est impensable », a noté Biden, en soulignant qu’elle avait fêté son quatrième anniversaire vendredi en captivité et qu’il avait personnellement insisté pour qu’elle soit libérée lors d’un récent appel avec l’émir du Qatar.

Carmel Idan, grand-père de l’otage libérée Avigaïl Idan, 4 ans, a expliqué qu’il n’en a d’abord pas cru ses yeux lorsqu’il a vu des photos de sa petite-fille sur le chemin du retour en Israël, libérée des geôles du Hamas après 51 jours de captivité.

« C’était tout simplement incroyable. Je n’y croyais pas jusqu’à ce que je les voie », a-t-il dit aux journalistes devant sa maison. « Maintenant, je suis calme, mais pas complètement. Parce qu’il y a du bonheur, mais il y a aussi l’absence de Roee et de Smadar ». Les parents d’Avigaïl ont été assassinés par des terroristes palestiniens du Hamas dans leur maison au kibboutz Kfar Aza le 7 octobre.

Carmel a raconté qu’il avait compris qu’Avigaïl serait libérée lors de la première phase des libérations d’otages, vendredi. « Et nous regardions. Elle n’est pas là ! Quelle déception ! C’est la roulette russe. Nous attendions le deuxième jour. Encore une fois, Avigaïl n’était pas là ! Nous n’arrivions pas à y croire. »

Même si c’est une joie incroyable de voir Avigaïl sur le chemin du retour, a-t-il dit, « il y a beaucoup de gens qui ne sont pas encore revenus ».

« Je souhaite vivement qu’ils soient ramenés et que Tsahal termine ce qu’il a promis : tous les otages [de retour] et le Hamas [détruit]. »

Il a expliqué qu’il a « une blessure ouverte qui ne guérira jamais » – après les meurtres de Smadar et Roee.

Carmel Idan, le grand-père d’Avigaïl Idan, âgée de 4 ans, s’adressant aux médias après la libération d’Avigaïl des mains du Hamas, le 26 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran)

Carmel n’a pas encore été autorisé à parler à Avigaïl ni à la voir. Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il lui dira lorsqu’il sera autorisé à la voir, il a répondu : « Je ne lui dirai rien. Je l’embrasserai, je la caresserai, je la serrerai dans mes bras. Parler, non ? Il n’y a rien à dire. »

Les familles de Kfar Aza ont déclaré avoir appris samedi soir que la libération de plusieurs de leurs voisins était prévue, et avoir vécu des montagnes russes émotionnelles couronnées par la joie lorsqu’il a été confirmé que les 14 otages israéliens étaient entre les mains des Israéliens.

La libération a eu lieu à temps, après que l’on ait craint que le groupe terroriste ne retarde à nouveau les procédures, comme il l’avait fait samedi lorsqu’il avait retardé la libération du deuxième groupe pendant des heures, mettant en péril l’accord de trêve temporaire.

« Nous n’avons pas dormi de la nuit à cause de l’excitation », a dit Meitar Yacobi, 30 ans, qui a grandi dans le kibboutz, dans une maison située entre celle des familles Brodetz et Almog-Goldstein, qui ont toutes deux des membres qui ont été libérés dimanche des geôles du Hamas après 51 jours de captivité.

Meitar Yacobi, qui a grandi au kibboutz Kfar Aza,, au kibboutz Shefayim, le 26 novembre 2023. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

« Non », a-t-répondu, elle ne faisait pas confiance au Hamas pour les libérer comme annoncé. « Nous étions inquiets, nous avons attendu jusqu’à la dernière minute pour voir si cela se produirait. » Ses espoirs ont été suscités puis périodiquement déçus, notamment à la suite d’un article selon lequel le CICR n’avait pas une confiance totale dans le transfert d’otages d’aujourd’hui.

Yacobi, qui séjourne actuellement chez ses parents évacués à Tel Aviv, dit qu’elle est venue au kibboutz de Shefayim ce soir en solidarité.

« Je suis venue pour voir et pour ressentir avec tout le monde ce que nous ressentons tous. Les mêmes sentiments. Ici ils nous comprennent », a-t-elle dit.

« Je suis vraiment, vraiment excitée et heureuse, mais c’est un bonheur doublé d’une douleur parce que j’ai des amis qui ne sont pas libérés dans cet accord », a-t-elle ajouté, en disant que son « cœur se brisait » pour eux.

51 jours d’attente

Amir Tibon s’est pris la tête d’émotion en regardant la première photo d’Ella et Dafna Elyakim, 8 et 15 ans, après leur libération des geôles du Hamas après 51 jours de captivité dimanche soir.

Tibon, journaliste et résident du kibboutz de Nahal Oz, s’est entretenu avec un autre journaliste.

« Je me suis inquiété pour eux tous, pour les trois membres de notre kibboutz. Mais je vous le dis : Dafna était celle à laquelle je pensais le plus. Elle était le rayon de soleil du kibboutz. Cela fait 51 jours que j’attends cette photo. »

Dafna Elyakim, 15 ans, vue dans une ambulance de la Croix-Rouge avec les plusieurs autres otages libérés par le Hamas le troisième jour du cessez-le-feu de 4 jours avec Israël, le 26 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran)

Maayan Zin a retrouvé ses deux filles, Dafna et Ella. La première photo d’elles après leur libération montre les trois s’embrassant avec émotion.

Yaël Raz-Lahiani a ressenti un « bonheur empli de tension » à l’annonce du retour en Israël de trois membres de son kibboutz de Nahal Oz – Dafna et Ella Elyakim et Elma Avraham, 84 ans, – parmi le groupe de 14 Israéliens libérés des geôles du Hamas ce dimanche après 51 jours de captivité à Gaza.

« Nous poussons trois soupirs de soulagement. Mais nous ne serons pas soulagés tant que les sept membres du kibboutz qui ont été enlevés ne seront pas revenus », a souligné Raz-Lahiani, mère de trois enfants, lors d’une conférence de presse au kibboutz de Mishmar HaEmek, près d’Afula, où vivent la plupart des membres survivants de Nahal Oz, un petit kibboutz d’environ 400 personnes où 14 personnes ont été assassinées par des terroristes palestiniens du Hamas le 7 octobre.

La joie suscitée par cette libération s’est rapidement transformée en inquiétude, car Avraham, a été évacuée d’urgence à l’hôpital Soroka de Beer Sheva, qui a déclaré qu’Avraham était dans un état grave et que son pronostic vital était engagé.

Le retour de captivité de trois kibboutznikim de Nahal Oz a fait ressortir des troubles émotionnels chez Rotem Katz, dont la tâche au sein du kibboutz est de gérer les urgences.

Des personnes saluant le convoi transportant des otages récemment libérés de la bande de Gaza, à Ofakim, en Israël, le 26 novembre 2023. (Crédit : Tsafrir Abayov/AP Photo)

« Cela me rend heureux, mais cela me secoue aussi au plus profond de moi, cela libère tellement d’émotions », a dit Katz, professeur de mathématiques de 32 ans au lycée.

L’une des émotions est la culpabilité, a expliqué Katz au Times of Israel dimanche soir, entre deux appels téléphoniques.

« Cela n’a aucun sens, mais ce sont des personnes dont j’étais responsable, et pourtant l’une des pires choses imaginables leur est arrivée. C’est bouleversant. »

Selon des images diffusées par Al Jazeera, le groupe terroriste palestinien du Hamas a remis certains des otages israéliens à la Croix-Rouge directement dans la ville de Gaza dimanche soir.

Les images d’Al Jazeera pourraient indiquer que les otages étaient détenus dans des quartiers de Gaza City que l’armée israélienne n’avait pas encore atteints lors de son incursion terrestre.

Ceux qui restent

Suite à cette libération, 183 otages sont toujours détenus par le Hamas et d’autres factions terroristes à Gaza, selon un décompte du Times of Israel confirmé par le porte-parole de Tsahal.

Le Hamas a annoncé dimanche qu’il cherchait à prolonger la trêve au-delà de la période initiale de quatre jours afin d’obtenir la libération de prisonniers palestiniens supplémentaires. Les deux parties avaient précédemment convenu que la libération de chaque dizaine d’otages israéliens prolongerait le cessez-le-feu d’un jour.

À Shefayim, Shachar Tzuk-Bazak, 32 ans, qui a personnellement survécu au massacre du 7 octobre parce qu’elle était partie en vacances en famille, mais qui a perdu deux membres de sa famille aux mains du Hamas, se dit « folle de joie » que plusieurs résidents de Kfar Aza aient été libérés ce soir, mais tient le gouvernement et l’armée israéliens pour responsables à la fois de l’échec qui a conduit à leur capture et de l’échec du retour des quelque 200 otages qui se trouvent encore à Gaza.

« Je suis folle de joie, mais pour chaque personne libérée, il y en a une autre en captivité », a-t-elle déploré, ajoutant que 19 personnes avaient été enlevées à Kfar Aza.

Shachar Tzuk-Bazak, du kibboutz Kfar Aza, au kibboutz Shefayim, le 26 novembre 2023. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

« La moitié d’entre elles sont libérées aujourd’hui et l’autre moitié est toujours dans le froid, dans l’obscurité. » Tzur-Barak attend du gouvernement qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour rapatrier les otages restants. « Je tiens mon gouvernement, mes chefs militaires responsables de leur sécurité », a-t-elle souligné.

Le gouvernement israélien affirme que la pression militaire a créé les conditions de la trêve actuelle pour l’échange d’otages et de prisonniers, qui en est à son troisième jour. Tzur-Barak attribue l’accord aux efforts diplomatiques internationaux.

« Oui, j’ai le sentiment que ces enfants qui sont libérés aujourd’hui ont été laissés dans l’attente d’une aide qui n’est pas venue » de la part des dirigeants israéliens, a-t-elle affirmé. « La gravité des dirigeants du monde entier a permis de négocier cet accord. Mon gouvernement n’était pas suffisant, mon armée n’était pas suffisante pour me protéger et c’est difficile. »

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