Trump : la paix religieuse permet la paix entre Israël et les Palestiniens
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Trump : la paix religieuse permet la paix entre Israël et les Palestiniens

Le président américain a appelé le monde islamique à s’unir contre l’extrémisme et la “persécution des Juifs” et à isoler l'Iran

Le président américain Donald Trump pendant le sommet arabo-islamico-américain à Ryad, en Arabie saoudite, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump pendant le sommet arabo-islamico-américain à Ryad, en Arabie saoudite, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le président américain Donald Trump a déclaré pendant son discours sur l’extrémisme prononcé dimanche devant les dirigeants musulmans réunis à Ryad que la paix religieuse permettait la paix entre Israéliens et Palestiniens.

« Si les trois religions abrahamiques peuvent s’unir, alors la paix dans ce monde est possible, y compris la paix entre Israéliens et Palestiniens. »

Le président américain Donald Trump a également fait référence aux Juifs. La guerre contre le terrorisme jihadiste est « une bataille entre des criminels barbares qui cherchent à oblitérer toute vie humaine, et des personnes décentes de toutes les religions qui cherchent à se protéger », a-t-il dit.

Dans un discours très attendu prononcé à Ryad devant les représentants de 54 pays musulmans, Trump s’en est violemment pris à l’Iran accusé de « soutenir le terrorisme », pour le grand plaisir des monarchies sunnites du Golfe dont l’Arabie saoudite, qui redoutent l’influence de leur grand rival chiite.

Selon des extraits du discours publiés par la Maison Blanche, il a ajouté que lutter contre le terrorisme « signifie affronter honnêtement la crise de l’extrémisme islamique et des groupes terroristes islamistes qu’elle inspire. Et cela signifie faire face ensemble au meurtre de musulmans innocents, à l’oppression des femmes, à la persécution des Juifs, et à l’assassinat des chrétiens. »

Trump a notamment déclaré que « le vrai bilan de l’Etat islamique, d’Al-Qaïda, du Hezbollah, du Hamas et de tant d’autres ne doit pas seulement être comptabilisé en nombre de morts. Il doit aussi être compté par le nombre de générations de rêves évanouis. »

Après le discours de Trump, le Hamas, groupe terroriste palestinien qui règne sur la bande de Gaza et a juré de détruire Israël, a déclaré que le qualifier de « terroriste » démontrait un « parti-pris » envers Israël.

Se disant porteur d’un message « d’amitié, d’espoir et d’amour » du peuple américain, il a souligné la symbolique de son déplacement, son premier en tant que président, « au cœur du monde musulman ».

Contraste saisissant avec sa rhétorique de campagne, au cours de laquelle il avait affirmé que « l’islam nous déteste », le magnat de l’immobilier a longuement insisté sur le fait que ce combat n’est pas « une bataille entre religions ».

« C’est une bataille entre le bien et le mal », a ajouté celui qui a été accusé d’alimenter l’islamophobie et qui, au début de sa campagne, avait proposé de fermer purement et simplement l’accès aux Etats-Unis aux musulmans.

Il a appelé les dirigeants musulmans à « faire face à la crise de l’extrémisme islamiste », expression sensiblement différente de celle de « terrorisme islamique radical » qu’il avait largement utilisée jusqu’ici mais qui avait provoqué des grincements de dents dans le monde musulman.

« Les leaders religieux doivent le dire avec une très grande clarté […]. Si vous choisissez la voie du terrorisme, votre vie sera vide, votre vie sera brève », a-t-il martelé.

Exhortant les dirigeants musulmans à n’offrir aucun « refuge » aux terroristes, à les « chasser » de leurs communautés et de leurs lieux de culte, il a dit : « C’est un choix que l’Amérique ne peut faire pour vous ».

Le président a ajouté que de « nombreux universitaires arabes et islamiques ont affirmé à raison que protéger l’égalité renforce les sociétés arabes et musulmanes. Pendant des siècles, le Moyen Orient a accueilli des chrétiens, des Juifs », et d’autres minorités. Trump a appelé à un « retour » au Moyen Orient.

Les tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001. (Crédit : TheMachineStops/Flickr)
Les tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001. (Crédit : TheMachineStops/Flickr)

Soulignant que peu de nations avaient été épargnées par le terrorisme, il a évoqué « les atrocités » du 11 septembre, mais aussi toutes les victimes en Europe, en Afrique ou Asie. Mais il aussi appelé à ne jamais oublier que « 95 % » des victimes sont des musulmans.

Comme c’est le cas depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump s’est gardé de toute critique sur la question des droits de l’Homme, devant un parterre de dirigeants dont nombre d’entre eux sont régulièrement montrés du doigt par les organisations internationales.

Revendiquant un contraste marqué avec son prédécesseur démocrate Barack Obama sur ce thème, Trump assure qu’il préfère agir dans la discrétion, gage, selon lui, d’une plus grande efficacité.

« Nous ne sommes pas ici pour donner des leçons, nous ne sommes pas ici pour dire aux autres comment vivre », a-t-il affirmé.

Mais Trump, qui a annoncé dimanche une conférence de presse d’ici deux semaines pour expliquer sa stratégie de lutte contre l’EI, a aussi lancé un appel clair aux pays de la région à prendre leur pleine part dans le combat contre le terrorisme.

« L’Amérique est prête à être à vos côtés […] mais les pays du Proche Orient ne peuvent attendre que la puissance américaine écrase l’ennemi pour eux […]. Ils doivent décider de l’avenir qu’ils veulent pour eux-mêmes, leurs pays, leurs enfants. »

« Le terrorisme s’est répandu à travers le monde. Mais le chemin vers la paix commence ici, sur cette terre ancienne, cette terre sacrée », où se trouvent des lieux saints de l’islam, La Mecque et Médine, a-t-il encore dit.

Sur l’Iran, pays avec lequel les Etats-Unis sont en brouille depuis plusieurs décennies, Trump a dénoncé un pays « responsable de tant d’instabilité dans la région ».

« En attendant que le régime iranien montre sa volonté d’être un partenaire dans la paix, toutes les nations […] doivent travailler ensemble pour l’isoler », a-t-il dit, en accusant le régime iranien d’attiser « les feux du conflit confessionnel et du terrorisme ».

Quelques minutes avant lui, le roi Salmane d’Arabie saoudite, royaume sunnite, s’était livré à une attaque en règle contre l’Iran qu’il a qualifié de « fer de lance du terrorisme mondial ».

Le président américain a multiplié dimanche les rencontres avec des dirigeants de la région, dont ceux des monarchies du Golfe et son homologue égyptien Abdel Fattah el-Sissi.

Abdal Fatah el Sissi, le 21 mai 2017 à Ryad (Crédit : Capture d’écran New York Times)
Abdal Fatah el Sissi, le 21 mai 2017 à Ryad (Crédit : Capture d’écran New York Times)
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