Trump: l’efficacité des murs frontaliers en Israël justifie le mur au Mexique
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Trump: l’efficacité des murs frontaliers en Israël justifie le mur au Mexique

Les sénateurs ne sont pas parvenus à un accord sur le budget de la sécurité à la frontière ; les Etats-Unis s'enfoncent dans une paralysie administrative jusqu'au 2 janvier

Le candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump, pendant un meeting de campagne à North Charleston, en Caroline du Sud, le 19 février 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)
Le candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump, pendant un meeting de campagne à North Charleston, en Caroline du Sud, le 19 février 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)

Les négociations entre démocrates et républicains ont échoué jeudi à mettre fin au « shutdown » aux Etats-Unis. La paralysie partielle des administrations fédérales, qui a mis des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage forcé, va donc se prolonger, au moins jusqu’à la semaine prochaine.

Au cœur du blocage depuis six jours: le mur voulu par Donald Trump à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine.

Le président républicain exige cinq milliards de dollars pour le construire. Les démocrates refusent de le financer, mais ont proposé une enveloppe de plus d’un milliard pour d’autres mesures de sécurité à la frontière.

Résultat : une impasse budgétaire. Et tant que les deux partis ne se mettront pas d’accord, les financements de 25 % des ministères et administrations fédérales resteront suspendus.

Or, personne ne semble prêt à céder.

Trump a accusé les démocrates d’être d’accord avec lui sur la nécessité de protéger la frontière sud, et affirmé que des méthodes similaires en Israël avaient fait leurs preuves.

« Le problème n’est pas le mur, tout le monde sait qu’un mur est parfaitement efficace (le mur en Israël fonctionne à 99,9 %). C’est juste les Démocrates qui ne laissent pas Donald Trump et les républicains gagner », a écrit le président américain sur Twitter.

Trump a invoqué à maintes reprises les mesures de sécurités mises en oeuvre par Israël et avancé le taux de réussite de 99,9 % sans préciser sur quelles données il s’appuyait.

Israël a construit, et construit encore des mur et des clôtures de haute technologie sur plusieurs de ces frontières, notamment à la frontière avec l’Egypte, qui est principalement destinée à freiner l’influx de migrants africains dans le pays.

Vue de la clôture le long de la frontière israélo-égyptienne, le 2 juin 2014 (Crédit : Yossi Zeliger / Flash90)

Faute d’accord de compromis et dans un hémicycle quasi désert, le Sénat américain a donc décidé jeudi à l’unanimité d’ajourner la séance jusqu’à lundi 10H00 (15H00 GMT) et de ne reprendre l’examen d’une loi budgétaire que mercredi 2 janvier, à partir de 16h00 (21H00 GMT).

Les républicains sont majoritaires au Congrès, mais avec 51 sièges au Sénat, ils ont besoin de soutiens démocrates pour atteindre les 60 voix sur 100 nécessaires afin d’approuver le Budget.

« Ils ont peut-être les 10 votes au Sénat, mais nous avons le thème, la sécurité aux frontières. 2020! », a réagi Donald Trump après l’ajournement, en référence aux prochaines élections présidentielle et parlementaires américaines.

Lui qui avait axé une grande partie de sa campagne en 2016 sur la lutte contre l’immigration accuse les démocrates de vouloir des « frontières ouvertes ». L’opposition affirme qu’il a plongé le pays « dans le chaos » pour ce projet de mur, qui n’a pour seul but selon eux de satisfaire les ultra-conservateurs.

Et chaque camp accuse l’autre de refuser de négocier.

Pistes de sortie ?

Or, à chaque jour qui passe, la position des démocrates se renforce. Ils prendront le contrôle de la Chambre des représentants dès le 3 janvier, tandis que les républicains auront une majorité renforcée au Sénat (53).

La sortie de crise pourrait au final passer par des nuances de langage et/ou un accord sur une somme moins élevée.

Le gouvernement restera paralysé jusqu’à « ce que nous ayons un mur, une barrière, peu importe comment ils veulent l’appeler », a ainsi déclaré Donald Trump le 25 décembre.

Un policier monte la garde devant le capitole pendant le « shutdown », à Washington, le 27 décembre 2018. (Crédit : ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Le sort de plusieurs centaines de milliers de sans-papiers arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient encore mineurs, les « Dreamers », pourrait aussi entrer dans la balance.

Jeudi, le président républicain a ainsi évoqué un grand accord budgétaire qui avait capoté au dernier moment en février, et incluait la régularisation de 1,8 million de « Dreamers ». Le signe qu’il pourrait être prêt à envisager un accord similaire en échange de son mur?

Ce « shutdown » est le troisième de l’année, après janvier (trois jours) et février (quelques heures). Le précédent, en octobre 2013, avait duré 16 jours, loin du record de 21 jours de 1995-96.

Privés de mariages

Même s’il n’est cette fois que partiel, les conséquences se font sentir.

Depuis vendredi minuit, de grands ministères comme la Sécurité intérieure – qui gère justement la sécurité aux frontières -, la police fédérale (FBI), les Transports, le Trésor ou l’Intérieur, qui supervise les parcs nationaux, sont affectés.

Soit quelque 800 000 employés fédéraux, dont la moitié est obligée de travailler pour des services jugés essentiels sans être pour l’instant payée, tandis que l’autre est au chômage forcé.

Même s’ils sont presque certains d’être payés rétroactivement, les employés fédéraux font face dès maintenant à une fin de mois très difficile. Sans parler des contractuels qui, eux, ne récupéreront pas les fonds perdus ces jours-ci.

Plusieurs monuments et parcs sont fermés, des services d’information non essentiels ont été suspendus et des affaires judiciaires impliquant l’Etat fédéral sont perturbées.

Dans la capitale, Washington, où vivent et travaillent de nombreux employés fédéraux, la ville déjà assoupie pour les fêtes de fin d’année marche au ralenti.

Les tribunaux restent ouverts pour les procès, mais mauvaise nouvelle pour les amoureux : tous les mariages civils prévus à Washington ont été suspendus.

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