Trump: plus d’aide aux Palestiniens jusqu’à la signature d’un accord avec Israël
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Trump: plus d’aide aux Palestiniens jusqu’à la signature d’un accord avec Israël

Lors d'une téléconférence pour Rosh Hashanah, le président a dit que les Iraniens ont "perdu leur karma" depuis le retrait de l'accord nucléaire et qu'ils luttent pour leur survie

Le président américain Donald Trump durant une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, le 9 avril 2018 (Crédit :   AFP PHOTO / NICHOLAS KAMM)
Le président américain Donald Trump durant une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, le 9 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / NICHOLAS KAMM)

Le président américain Donald Trump a indiqué aux leaders juifs jeudi que les Etats-Unis ne verseront aucune aide aux Palestiniens avant la conclusion d’un accord avec Israël. Il a également noté que le régime iranien avait « perdu son karma » depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire signé en 2015 et qu’il luttait dorénavant pour survivre. En quittant le pacte, a-t-il dit, il a fait « une chose importante en faveur d’Israël ».

Dans une téléconférence avec plusieurs dizaines de leaders juifs américains avant Rosh Hashana, Trump a noté qu’il avait récemment mis un terme au versement d’importantes sommes en aide américaine aux Palestiniens – en référence aux réductions récentes par l’administration de l’aide globale accordée à l’Autorité palestinienne et au dé-financement complet de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA. Les Etats-Unis reprendront les versements de ces fonds, a-t-il dit, à condition que les Palestiniens passent un accord avec l’Etat juif.

Trump a annulé fin août plus de 200 millions de dollars d’aide destinée à la Cisjordanie et à Gaza, soit près de la totalité des fonds initialement prévus pour les Palestiniens pour l’année fiscale 2018.

Cette décision fait suite à une série d’autres, vigoureusement décriées par les dirigeants palestiniens, comme la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme la capitale d’Israël en décembre 2017, rompant avec des décennies de diplomatie américaine.

« Ce que je vais vous dire, c’est que j’ai mis un terme aux sommes massives que nous versions aux Palestiniens et aux chefs palestiniens », a indiqué Trump aux dirigeants communautaires juifs. « Les Etats-Unis leur versaient des montants énormes. Et moi, je le leur dis : ‘Vous aurez des fonds mais nous ne les donnerons pas avant que vous ne concluiez un accord. Si vous ne concluez pas d’accord, nous ne paierons pas’. »

« Je ne pense pas du tout que ce soit un manque de respect » que l’aide américaine soit utilisée comme outil de marchandage, a ajouté le président. « Je pense que le manque de respect est de ne pas venir à la table des négociations ».

Lors de cette téléconférence, le président américain a affirmé qu’il était confiant concernant la concrétisation d’un accord israélo-palestinien.

A la question du professeur Alan Dershowitz, qui a demandé : « La communauté juive doit-elle se montrer optimiste sur la perspective que vous puissiez aider à trouver une résolution pacifique du conflit, cette paix pour laquelle nous prions en permanence ? », le président a répondu : « La réponse à votre question est un oui franc – vous devez être optimistes. Bien que toute ma vie, j’ai entendu que c’était l’accord le plus difficile qui soit à conclure, et je commence à croire que c’est peut-être bien le cas ».

Soulignant que son gendre et conseiller Jared Kushner et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman travaillaient « dur », il a réaffirmé sa conviction qu’il aboutirait sur ce dossier sur lequel tous ses prédécesseurs ont échoué. Cet accord est, comme je l’ai dit auparavant, vraiment considéré comme étant l’un des plus difficiles à conclure. Vous voyez, Israël et les Palestiniens, [cet accord] a toujours été en tête de liste en termes de niveau de difficulté ».

Trump a également expliqué qu’il avait supprimé le premier obstacle à l’accord : Jérusalem – ville où Trump a fait déménager l’ambassade des Etats-Unis au mois de mai après l’avoir reconnue, au mois de décembre dernier en tant que capitale israélienne. A l’avenir, Israël devra faire quelque chose en faveur des Palestiniens, a-t-il affirmé sans donner de détails.

« Le fait est que j’ai ôté quelque chose de la table », a dit Trump. « Si vous regardez en arrière, vous voyez les négociations menées au cours des années avec les Palestiniens, le premier problème était Jérusalem et la présence de l’ambassade à Jérusalem, parce que ça en aurait fait la capitale du pays. Et je vais vous le dire, nous avons ôté ce problème de la table ».

« Maintenant, la majorité des gens croient le contraire. Ils disent : ‘Oh, vous avez fait une erreur’. Eh bien, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord. Et je pense donc que nous avons une très bonne chance de le conclure ».

« Nous avons fait des progrès », a-t-il assuré, alors que les responsables de l’Autorité palestinienne ont coupé les ponts avec les Etats-Unis et qu’aucune date n’a été avancée pour la présentation d’un éventuel plan de paix.

En mai 2017, lors de la réception à la Maison Blanche du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le président américain, arrivé au pouvoir sans la moindre expérience politique ou diplomatique, avait affiché son optimisme sur la possibilité d’aboutir à un accord de paix au Proche-Orient.

« Honnêtement, c’est peut-être moins difficile que ce que les gens pensent depuis des années », avait-il lancé.

La fille du président américain Ivanka Trump, à gauche, et son époux, le haut conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner lors de l’inauguration de l’ambassade américaine de Jérusalem, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Menahem KAHANA)

Sur la question iranienne, Trump a expliqué que lorsqu’il avait pris ses fonctions, la question était de savoir quand l’Iran s’emparerait du Moyen-Orient – et potentiellement d’Israël. Maintenant, toutefois, et depuis que les Etats-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire de 2015, les Israéliens se sentent davantage en sécurité, a-t-il dit. Il a ajouté qu’il pensait que les Iraniens entreraient bientôt en contact avec lui en vue d’un nouvel accord.

« Depuis le jour où je l’ai fait [quitter l’accord sur le nucléaire de 2015], ils ont perdu leur karma… La veille du jour où je suis devenu président, l’Iran – peu importe d’ailleurs l’importance et la force des Iraniens, la question était de savoir quand ils se saisiraient du Moyen-Orient dans sa totalité. Et cela comprenait probablement Israël dans l’esprit de beaucoup de gens », a-t-il dit.

« Et si on les regarde aujourd’hui, ils ne sont plus intéressés par la Méditerranée », a poursuivi Trump. « Ils ne s’intéressent plus aux endroits qu’ils voulaient conquérir. Et je pense qu’Israël se sent beaucoup plus en sécurité que cela n’a été le cas pendant de nombreuses, très nombreuses années ».

« L’Iran lutte pour sa propre survie », a-t-il estimé. « Il y a des manifestations dans toutes les villes. C’est bien pire qu’il y a encore quelques années, quand le président Obama aurait pu peut-être écraser l’Iran quand il y avait un vent favorable – avec les gens qui manifestaient. Eh bien, ces manifestations sont plus importantes encore mais elles sont également plus nombreuses. Elles ont lieu dans tout le pays ».

« Ainsi, l’Iran n’est plus le même pays. Je peux imaginer que dans un futur assez proche, les Iraniens tentent de conclure un accord. Et si nous pouvons conclure un accord, nous le ferons. S’ils ne le demandent pas, c’est OK aussi. Parce qu’en fait, ils ne vont pas avoir le choix…  »

« Je peux seulement dire que du point de vue d’Israël, ce que j’ai fait a été formidable pour Israël », s’est-il exclamé. « Et ce que j’ai fait a aussi été une très bonne chose pour la paix dans le monde parce que partout où nous sommes allés – et en particulier au Moyen-Orient – quand il y a eu un problème, c’était l’Iran qui en était à l’origine ».

Pour résumer, a dit Trump, « j’ai mis fin à l’accord comme j’ai dit que je le ferais pendant la campagne. Il s’est avéré que l’impact a été beaucoup plus important que ce que je n’aurais pensé. Je l’ai d’abord fait à cause du nucléaire et je savais que ce ne serait pas une bonne chose pour l’économie du pays. Je n’avais aucune idée à quel point ce serait dévastateur… Le pays n’est plus le même qu’au jour de mon arrivée à la présidence des Etats-Unis ».

Au début de la téléconférence, organisée par son gendre Jared Kushner, Trump a évoqué ses propres liens avec les Juifs : « Mon lien avec le judaïsme est également personnel. Je suis le père très fier d’une fille juive, Ivanka, je suis très fier aussi de mon gendre – je le dis à voix forte – Jared et de mes petits-enfants juifs, trois petits-enfants juifs que j’adore ».

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman à l’ambassade américaine de Jérusalem, le 30 mai 2018, avant une interview accordée au Times of Israel (Crédit : Matty Stern, US embassy Jerusalem)

L’ambassadeur américain David Friedman, qui a également participé à la téléconférence, a pour sa part expliqué que l’ambassade américaine à Jérusalem allait doubler sa taille actuelle d’ici l’été prochain.

« Nous avons un beau complexe. Nous avons fait fonctionner notre ambassade en continu depuis le 14 mai. Nous avons environ 150 personnes qui travaillent ici. Nous commençons une nouvelle phase de construction qui débutera d’ici une semaine ou deux. Et nous aurons approximativement doublé la taille de l’ambassade d’ici le mois de juin 2019. Après cela, nous considérerons les dernières phases qui permettront de terminer la transition », a dit Friedman.

« Nous recherchons un site et nous avons – nous pensons que nous avons localisé ce site pour la résidence de l’ambassadeur – trouvé quelque chose de proche et qui est cher à mon cœur. Et nous aurons d’autres annonces à faire à l’avenir sur ce sujet », a-t-il ajouté.

« Mais je dois vous dire que l’ambassade de Jérusalem est devenue un site touristique majeur en Israël. Les gens – et je suis là presque tous les jours, les gens sortent de leur voiture devant l’ambassade, ils sortent de leur véhicule et ils prennent des photos », a poursuivi l’ambassadeur. « J’ai vu des gens prier ici. En fait, j’ai vu beaucoup de gens pleurer ici. »

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