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Tsahal accuse le Hezbollah de recueillir des renseignements sous couvert d’une ONG

Un porte-parole de Tsahal a publié des images d'une publication de "Green Without Borders" le long de la barrière de sécurité au Liban ; selon lui il s'agirait d'un subterfuge

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des Libanais, que Tsahal considère comme des membres du groupe terroriste Hezbollah, observent Israël depuis un poste d'observation près de la frontière, comme le montrent les images publiées par l'armée le 8 juin 2022. (Crédit: Tsahal)
Des Libanais, que Tsahal considère comme des membres du groupe terroriste Hezbollah, observent Israël depuis un poste d'observation près de la frontière, comme le montrent les images publiées par l'armée le 8 juin 2022. (Crédit: Tsahal)

L’armée israélienne a accusé mercredi le groupe terroriste du Hezbollah libanais de mener des activités clandestines le long de la frontière avec Israël sous couvert d’un groupe environnemental connu sous le nom de Green Without Borders.

Tsahal a fait des déclarations similaires ces dernières années, identifiant plusieurs postes d’observation appartenant à l’organisation non gouvernementale, qui, selon l’armée, sont en réalité utilisés pour mener des travaux de renseignement et de reconnaissance pour le groupe terroriste soutenu par l’Iran.

« Dévoilé : un nouveau site de reconnaissance frontalier pour les terroristes du Hezbollah afin de collecter des renseignements à la frontière libanaise sous le couvert de l’association Green Without Borders », a déclaré sur Twitter Avichay Adraee, porte-parole de Tsahal en langue arabe.

Dans une série de tweets, Adraee a joint des photos des membres présumés du Hezbollah prenant des photos et observant Israël depuis une petite structure à la frontière.

Selon Tsahal, la position présumée du Hezbollah constitue une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a mis fin à la deuxième guerre du Liban en 2006.

La résolution 1701 « stipule la cessation des hostilités entre la République libanaise et l’Etat d’Israël, le retrait des forces armées israéliennes du Liban, le déploiement de la FINUL et de l’armée libanaise à la frontière entre les deux pays, l’interdiction de milices libanaises ou étrangères au sud de la rivière Litani ».

Carte illustrant les emplacements approximatifs de six postes d’observation le long de la frontière israélo-libanaise appartenant au groupe « Green Without Borders », qu’Israël considère comme une façade pour le groupe terroriste Hezbollah. (Crédit: Tsahal)

En 2017, les Nations unies ont rejeté l’affirmation d’Israël selon laquelle le Hezbollah utilisait l’ONG comme façade pour ses activités.

À l’époque, la FINUL a déclaré que si les membres de « Green Without Borders » ont planté des arbres dans la région, elle « n’a pas observé de personnes armées non autorisées sur les lieux ni trouvé de base pour signaler une violation de la résolution 1701. »

Adraee a noté que le chef du Commandement Nord de Tsahal a déclaré mardi que le Hezbollah a récemment intensifié la construction d’infrastructures militaires près de la frontière.

« Récemment, le Hezbollah a intensifié la construction de ses postes ici même, le long de la frontière », a déclaré le général de division Amir Baram, lors d’une cérémonie annuelle commémorant les soldats de Tsahal qui ont perdu la vie pendant la deuxième guerre du Liban.

« Nous pouvons voir les agents s’approcher de la zone frontalière. Nous les connaissons : leurs noms, d’où ils viennent et où ils travaillent. Le moment venu, ils en paieront le prix », a-t-il déclaré.

Baram a promis que Tsahal « détruira toutes les infrastructures » en question et « les réduira à néant. »

Baram a également adressé une pique à la FINUL : « Le Hezbollah continue de renforcer ses moyens terroristes malgré la présence des forces de la FINUL à proximité de ses positions. »

Mais, a-t-il ajouté, « ne vous inquiétez pas, nous ne comptons jamais sur qui que ce soit pour assurer notre sécurité ».

Par le passé, l’armée a accusé la FINUL de ne pas avoir réussi à endiguer les activités du Hezbollah près de la frontière, bien que le groupe terroriste soit interdit d’opérer dans cette zone.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le chef du Commandement du Nord de Tsahal, Amir Baram, visitant la frontière nord, le 3 août 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les commentaires de Baram sont intervenus un jour après qu’un haut responsable du Hezbollah a menacé d’utiliser la force contre Israël dans le cadre d’un différend frontalier maritime entre Jérusalem et Beyrouth. Il s’est également exprimé quelques jours après la fin d’un exercice majeur de Tsahal simulant une offensive militaire au Liban dans le cadre d’une éventuelle future guerre.

Le chef adjoint du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré lundi à Reuters qu’il était prêt à recourir à la force contre Israël si le Liban détermine que ses frontières maritimes ont été violées avec l’arrivée d’une nouvelle plate-forme de production de gaz dans les eaux contestées.

« Dès lors que l’État libanais déclarera que les Israéliens attaquent nos eaux et notre pétrole, nous serons prêts à prendre position en termes de pression, de dissuasion et d’utilisation des moyens appropriés – y compris la force », a déclaré Qassem dans des commentaires à l’agence de presse.

« Cette affaire demande de l’État libanais qu’il prenne une décision ferme », a-t-il ajouté, notant que le Hezbollah, le groupe terroriste libanais lourdement armé, qui est soutenu par l’Iran, a « exhorté le gouvernement à se dépêcher, à se fixer un délai ».

Dimanche, le président libanais Michel Aoun a déclaré que l’action israélienne sur le territoire représentait « une provocation et un acte hostile. »

Des membres de la FINUL patrouillant dans la zone de Naqoura, au sud de la ville libanaise de Tyr, à la frontière avec Israël, le 6 juin 2022. (Crédit: Mahmoud Zayyat/AFP)

Selon un communiqué de Tsahal publié dimanche, l’armée se préparerait à une attaque du Hezbollah contre la plateforme et prévoit de déployer des forces navales sur le site, notamment une batterie antimissile du Dôme de fer embarquée. La plate-forme devrait commencer à fonctionner dans les prochains mois.

Israël a déclaré mercredi qu’il était « prêt à défendre » l’installation.

La semaine dernière, Tsahal a organisé un important exercice militaire à Chypre, simulant une offensive terrestre au cœur du Liban lors d’une guerre éventuelle contre le groupe terroriste Hezbollah soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah représente depuis longtemps la menace militaire la plus importante pour Tsahal, avec un arsenal estimé à près de 150 000 roquettes et missiles pouvant atteindre n’importe quel endroit en Israël. Le principal objectif de l’exercice était de simuler l’arrêt des tirs de roquettes du Hezbollah sur Israël dans le cadre d’une escalade majeure, par une offensive terrestre au Liban. Selon les responsables militaires, la seule façon d’atteindre un tel objectif était d’être « significativement présent » dans les zones d’où sont lancées les attaques, en maintenant l’ennemi loin de la frontière.

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