Tsahal honore l’Armée du Liban Sud lors d’une cérémonie anniversaire du retrait
Rechercher

Tsahal honore l’Armée du Liban Sud lors d’une cérémonie anniversaire du retrait

Le chef du Commandement Nord de l'armée déclare qu'Israël est redevable à la milice dirigée par les chrétiens pour son rôle dans le maintien de la zone de sécurité du Sud-Liban

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le responsable du commandement nord de Tsahal Amir Baram (à droite) et l'ancien commandant adjoint de l'Unité de liaison avec le Liban, Shaul Kamisa Raz participent à une cérémonie marquant la coopération entrée Tsahal et l'ALS lors de l'occupation du pays par Israël pendant 18 ans, le 9 juin 2020. (Crédit : armée israélienne)
Le responsable du commandement nord de Tsahal Amir Baram (à droite) et l'ancien commandant adjoint de l'Unité de liaison avec le Liban, Shaul Kamisa Raz participent à une cérémonie marquant la coopération entrée Tsahal et l'ALS lors de l'occupation du pays par Israël pendant 18 ans, le 9 juin 2020. (Crédit : armée israélienne)

L’armée israélienne a marqué mardi soir sa coopération étendue et contentieuse avec l’Armée du Liban Sud (ALS), en invitant des membres de la milice chrétienne maronite à la frontière libanaise en l’honneur du 20e anniversaire du retrait d’Israël de son voisin du nord.

L’événement, intitulé « Appréciation et honneur pour les anciens commandants de l’ALS », s’est tenu dans un poste de l’armée le long de la frontière libanaise et était présidé par le chef du commandement nord de l’armée, le général Amir Baram ; le commandant de la division Galilée, le général Shlomi Binder ; l’ancien commandant adjoint de l’unité de liaison avec le Liban, le colonel (rés.) Shaul Kamisa Raz ; et d’autres officiers supérieurs de Tsahal, ainsi qu’une vingtaine d’anciens officiers de l’ALS.

Du milieu des années 1980 jusqu’à l’été 2000, Israël a maintenu une série d’avant-postes au Sud-Liban, appelés « zone de sécurité », qui étaient là à la fois pour aider l’ALS à maintenir son contrôle sur la région et pour empêcher les groupes terroristes au Liban d’attaquer le nord d’Israël. Cette période de l’histoire d’Israël reste très controversée, et des centaines de soldats de l’armée israélienne ont été tués pour des objectifs vagues et largement inaccessibles.

A LIRE : 20 ans après le retrait du Liban, des séries TV abordent la « guerre sans nom »

L’ALS, généralement commandée par des chrétiens maronites libanais, a été formée pendant la guerre civile sanglante du pays avec la formation et le soutien d’Israël, qui espérait voir la formation d’un gouvernement libanais avec lequel il pourrait faire la paix.

Israël et le Liban sont officiellement en guerre l’un contre l’autre depuis la création d’Israël en 1948.

« Vingt ans après la fin des combats dans la zone de sécurité, les commandants de l’armée se sont réunis pour marquer la coopération et la loyauté entre l’armée et l’ALS et pour exprimer leur reconnaissance des actions des commandants et des combattants de l’ALS », a déclaré Tsahal.

Un ancien membre de l’Armée du Liban Sud regarde vers le Liban à travers des jumelles pendant une cérémonie marquant la coopération entrée Tsahal et l’ALS lors de l’occupation du pays par Israël pendant 18 ans, le 9 juin 2020. (Crédit : armée israélienne)

Après le retrait des troupes israéliennes du Sud-Liban en mai 2000, des milliers de soldats de l’ALS sont venus en Israël par crainte de persécution et de représailles de la part de leurs compatriotes, en grande partie à cause des tactiques brutales de la milice au Sud-Liban pendant cette période, en particulier dans sa tristement célèbre prison d’al-Khiam, où la torture était omniprésente. Des milliers d’autres membres sont restés au Liban ou ont été exilés à la suite du retrait chaotique d’Israël.

La question de savoir ce qu’il faut faire des anciens combattants de l’ALS reste controversée au Liban, où certaines régions du pays les considèrent comme des traîtres pour avoir collaboré avec Israël. Au début de l’année, un ancien haut responsable de la milice, soupçonné d’avoir dirigé la prison d’Al-Khiam, a été abattu au Sud-Liban par des inconnus.

« Les opérations de l’armée israélienne dans la zone de sécurité représentent une période formatrice dans l’histoire de Tsahal et de la société israélienne et – je l’admets – pour moi personnellement », a déclaré le général Amir Baram, qui a servi au Sud-Liban durant cette période.

« Vingt ans après le retrait du Liban, la société israélienne a appris qu’elle doit apprécier les combattants et les commandants de l’ALS, qui ont opéré au coude à coude avec les combattants et les commandants de l’armée israélienne et ont été des partenaires à part entière dans nos opérations dans la zone de sécurité », a-t-il ajouté.

L’ancien vice-commandant de l’unité de liaison avec le Liban de Tsahal, Shaul Kamisa Raz, participe à une cérémonie marquant la coopération entrée Tsahal et l’ALS lors de l’occupation du pays par Israël pendant 18 ans, le 9 juin 2020. (Crédit : armée israélienne)

« Il ne fait aucun doute que notre passé commun et nos actions dans la zone de sécurité resteront un souvenir important pour nous tous, sur le plan militaire et diplomatique, tout comme le prix douloureux et lourd que nous avons tous payé ensemble », a-t-il souligné.

Au cours de la cérémonie, Shaul Kamisa Raz, l’ancien commandant adjoint de l’unité de liaison qui a servi de pont entre Israël et l’ALS, a fait l’éloge de la coopération entre les deux armées.

« La période a été compliquée et difficile, mais a aussi été couronnée de succès et de réalisations importantes qui ont créé des amitiés véritables, mutuelles et partagées, ce que nous pouvons constater à ce jour », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...