Israël en guerre - Jour 138

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Tsahal : Les Gazaouis en route vers le nord, un défi pour la reprise des combats

Le Hamas incite les civils à retourner en zone de guerre ; Tsahal utilise une force limitée pour les en empêcher ; l'aide humanitaire arrive à Gaza

Les Palestiniens qui s'étaient réfugiés dans des abris temporaires retournent chez eux dans l'est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, pendant les premières heures de la trêve de quatre jours entre Israël et le Hamas, le 24 novembre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/ AFP)
Les Palestiniens qui s'étaient réfugiés dans des abris temporaires retournent chez eux dans l'est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, pendant les premières heures de la trêve de quatre jours entre Israël et le Hamas, le 24 novembre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/ AFP)

Alors que la trêve israélienne de quatre jours avec le groupe terroriste palestinien du Hamas est entrée en vigueur à Gaza vendredi matin, des milliers de personnes qui ont fui vers les zones proches de la frontière égyptienne tentent de retourner dans leurs villages, au nord, enfants et animaux de compagnie dans les bras et leurs effets personnels chargés sur des charrettes tirées par des ânes ou sur les toits de voitures.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Hamas a exhorté les habitants de Gaza à retourner dans le nord de la bande de Gaza, théâtre de l’offensive terrestre menée par Tsahal depuis trois semaines.

Après avoir largué des tracts avertissant les Gazaouis de ne pas le faire, les troupes israéliennes auraient utilisé des méthodes de maintien de l’ordre à l’intérieur de la bande de Gaza vendredi afin d’empêcher les gens de se déplacer vers le nord car cela compliquerait les efforts d’Israël, qui s’est déclaré déterminé à reprendre ses opérations militaires visant à éliminer le Hamas à l’issue de la trêve.

L’agence américaine Associated Press a rapporté que les troupes israéliennes auraient abattu deux Palestiniens et en auraient blessé 11 autres alors qu’ils se dirigeaient vers la principale zone de combat dans le nord de Gaza ce vendredi.

Selon des experts militaires israéliens, des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes se dirigeaient vers le nord en début d’après-midi, même si la plupart d’entre elles n’ont plus de maison dans lesquelles retourner dans la zone de guerre.

Le Hamas tente d’encourager une grande partie des centaines de milliers de Gazaouis qui ont évacué le sud à revenir, a déclaré Israel Ziv, général à la retraite et ancien chef des opérations de Tsahal, afin de « complètement déstabiliser » la campagne militaire d’Israël visant à détruire le groupe terroriste au pouvoir à Gaza.

« Le Hamas n’a aucun problème à sacrifier tous les habitants de Gaza, ainsi qu’il l’a prouvé », a déclaré Ziv.

Ziv a ajouté qu’il s’attendait à ce que le Hamas intensifie ses efforts pendant les quatre jours prévus de la trêve, ce qui risque de poser « un véritable problème » à Tsahal, qui a l’intention de reprendre sa campagne dès la fin de la trêve des combats.

Jusqu’à présent, a-t-il dit, Tsahal a fait un usage « limité de la force » dans sa tentative d’empêcher les habitants de Gaza de retourner dans le nord de la bande de Gaza.

Dans le sud de la bande de Gaza, le vacarme de la guerre a été remplacé par les klaxons des embouteillages et les sirènes des ambulances qui se frayaient un chemin parmi les foules sortant des hôpitaux du sud de la bande de Gaza où elles s’étaient réfugiées.

À Khan Younis, les Palestiniens ont chargé leurs affaires sur des charrettes, les ont attachées aux toits des voitures ou ont mis des sacs en bandoulière, et ont envahi les rues pour retourner chez eux, dans l’est de la ville, après avoir quitté les abris temporaires.

Hayat al-Muammar faisait partie de ceux qui se hâtaient de profiter de l’accord de trêve.

« Je rentre chez moi », a déclaré cette quinquagénaire, qui s’était réfugiée dans une école. « Nous fuyons la mort, la destruction et tout le reste. »

« Je ne comprends toujours pas ce qui nous est arrivé – pourquoi nous ont-ils fait ça ? »

Plus loin, une foule d’hommes, de femmes et d’enfants se déplacent à pied, en charrette ou en tuk-tuk avec les quelques affaires qu’ils ont emportées avec eux au début de la guerre.

Une femme portait son chat dans les bras à travers les rues.

Avant le début de la trêve, Tsahal a averti les habitants de Gaza déplacés dans le sud de ne pas retourner chez eux dans le nord et a distribué des tracts sur lesquels on pouvait lire : « La guerre n’est pas encore finie. Le retour vers le nord est interdit et très dangereux ! »

En plus des tracts, le porte-parole en langue arabe de Tsahal, Avichay Adraee, a publié un communiqué indiquant aux habitants que la guerre n’était pas terminée.

Au mépris des instructions d’Israël, les responsables du Hamas ont appelé les habitants à rentrer chez eux pendant la trêve, qu’Israël a acceptée contre la libération de 50 des 240 otages détenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre.

Une femme porte son chat alors que les Palestiniens qui s’étaient réfugiés dans des abris temporaires retournent chez eux dans l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, pendant les premières heures d’une trêve de quatre jours dans la guerre entre le Hamas et Israël, le 24 novembre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Depuis les premiers ordres d’évacuation émis par Israël dans le nord de la bande de Gaza le 13 octobre, près de 1,7 million de personnes sur les 2,2 millions d’habitants de l’enclave ont été déplacées, dans le cadre des efforts déployés par Israël pour renverser le Hamas du pouvoir.

Malgré la trêve, des sirènes de roquettes ont retenti dans les villes de Kissufim et Ein Hashlosha, situées dans la zone frontalière évacuée de Gaza, dans le sud d’Israël, 15 minutes à peine après le début de la pause ce vendredi matin.

Bien que Tsahal n’ait pas confirmé si des projectiles avaient effectivement été lancés, il s’agirait de la première violation de la trêve par les groupes terroristes gazaouis. Les heures précédant la trêve ont également été marquées par le déclenchement des sirènes d’alerte aérienne dans les localités situées à proximité de la frontière et par des tirs d’artillerie intenses sur l’ensemble de la bande de Gaza.

Alors que l’armée cherchait à faire avancer son opération contre le Hamas autant que possible avant la pause, elle a déclaré dans un communiqué que des troupes de la 36e division et les soldats de l’unité d’élite d’ingénierie de combat Yahalom avaient détruit le tunnel sous l’hôpital al-Shifa, ainsi que d’autres entrées vers le tunnel dans la zone.

Au cours de la dernière heure, Tsahal a déclaré avoir achevé son « déploiement opérationnel sur les lignes de trêve ».

Une vidéo publiée par Tsahal montre la destruction du tunnel à al-Shifa, ainsi que plusieurs autres frappes récentes à Gaza.

Cette trêve temporaire est la première pause dans les combats depuis le 7 octobre, date à laquelle des milliers de terroristes du Hamas ont fait irruption dans le sud d’Israël, tuant au moins 1 200 personnes et prenant quelque 240 otages.

En réponse à cet assaut meurtrier, Israël a juré d’éliminer le Hamas de la bande de Gaza et a lancé une campagne aérienne suivie d’une offensive terrestre.

Le plus gros des combats a eu lieu dans la partie nord de la bande de Gaza, mais ils pourraient s’étendre au sud à un stade ultérieur. Tout au long des sept dernières semaines, Israël a détruit des milliers de cibles du Hamas et a pris le contrôle de plusieurs bastions du Hamas, notamment l’hôpital al-Shifa, qu’Israël a fouillé pour recueillir des preuves de son utilisation comme centre opérationnel du Hamas.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que plus de 14 500 personnes avaient été tuées depuis le 7 octobre, la plupart d’entre elles étant des civils. Ces chiffres ne peuvent toutefois pas être vérifiés et incluraient des terroristes du Hamas ainsi que des civils tués par des roquettes palestiniennes mal tirées.

L’accord sur les otages, conclu sous la médiation du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis, prévoit que le Hamas remettra à Israël 50 femmes et enfants sur une période de quatre jours, en échange d’une pause des combats et de 150 prisonniers sécuritaires palestiniens, dont certains ont été condamnés pour tentative d’assassinat.

L’accord prévoit des mesures visant à encourager la libération d’autres otages, Israël ayant accepté de prolonger la trêve d’un jour pour chaque dizaine d’otages supplémentaires libérés par le Hamas.

Israël a également insisté pour que l’accord comprenne un engagement de toutes les parties à permettre au personnel de la Croix-Rouge (CICR) de rendre visite aux otages détenus par les terroristes à Gaza et dont la libération n’est pas prévue dans l’immédiat.

Selon une source diplomatique de haut rang citée par la presse israélienne, les garants de l’accord, le Qatar, les États-Unis et l’Égypte, se sont tous engagés à veiller à ce que l’accord soit pleinement mis en œuvre.

Jeudi, le Qatar et la Croix-Rouge ont refusé de préciser si les visites étaient incluses dans l’accord négocié entre Israël et le Hamas.

Aucune information n’a encore été partagée avec le public sur le nombre d’otages encore en vie ou leurs conditions de détention.

Une installation sur la « Place des otages » à Tel Aviv, le 23 novembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Compte tenu de la nature barbare des attaques et de la captivité, nous ne pouvons que nous préparer aux pires scénarios », a déclaré Moty Cristal, un militaire israélien à la retraite qui a l’expérience des négociations avec les otages.

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré avoir reçu « une première liste de noms » des personnes devant être libérées et avoir été en contact avec les familles. Il n’a pas précisé qui figurait sur cette liste.

Des équipes de secouristes et d’experts en traumatologie israéliens accueilleront les otages libérés à la frontière, en compagnie de soldats spécialement formés qui, conformément aux directives, promettront d’assurer leur sécurité.

Ils porteront également les plats préférés des enfants, pizzas et schnitzels ou autres.

Le premier groupe de 13 otages sera libéré à 16h vendredi, et l’administration pénitentiaire israélienne libérera 39 prisonniers une fois que les otages seront de retour et correctement identifiés.

Selon une source officielle israélienne, l’administration pénitentiaire a commencé à s’occuper des détenus qui doivent être libérés. Ils ont été transférés à la prison d’Ofer en Cisjordanie peu avant midi, avant d’être libérés en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est.

Vendredi matin, le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense a confirmé que quatre camions-citernes de carburant et quatre camions-citernes de gaz domestique étaient entrés dans la bande de Gaza pour être remis aux organisations d’aide humanitaire des Nations unies.

Les camions sont entrés dans la partie sud de la bande via le poste-frontière égyptien de Rafah.

Le COGAT a déclaré que la livraison avait été effectuée « avec l’approbation des autorités responsables, dans le cadre de la trêve et du calendrier de libération des otages convenu avec les États-Unis, sous la médiation du Qatar et de l’Égypte ».

« Le carburant et le gaz domestique sont destinés au fonctionnement des infrastructures humanitaires essentielles dans la bande de Gaza », lit-on encore dans le communiqué.

Au total, l’Égypte a déclaré que quelque 200 camions d’aide humanitaire, 130 000 litres de diesel et quatre camions de gaz entreraient quotidiennement dans la bande de Gaza pendant la durée de la trêve des combats.

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