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Tsahal ordonne l’évacuation de l’église orthodoxe de Gaza-City

Les dirigeants religieux ont promis que les membres du clergé et les nonnes ne partiraient pas, mais resteraient pour aider ceux qui ne peuvent pas fuir

Des chrétiens gazaouis assistant à la messe du Vendredi saint à l'église grecque orthodoxe Saint-Porphyre, à Gaza-City, le 18 avril 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)
Des chrétiens gazaouis assistant à la messe du Vendredi saint à l'église grecque orthodoxe Saint-Porphyre, à Gaza-City, le 18 avril 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Le Times of Israel a appris mercredi que l’armée israélienne avait ordonné l’évacuation de l’église orthodoxe grecque Saint-Porphyre et de son enceinte, à Gaza-City.

L’église catholique de la Sainte-Famille, également située à Gaza-City, n’est pas concernée pour l’instant.

Cette information est confirmée par la carte d’évacuation publiée sur le site en arabe de Tsahal, qui montre que l’église Saint-Porphyre se trouve dans une zone rouge, tandis que celle de la Sainte-Famille n’y figure pas.

Cependant, la troisième église de la bande de Gaza, l’église anglicane Saint-Philippe, qui fait partie du complexe de l’hôpital anglican arabe al-Ahli à Gaza-City, se trouve dans une zone faisant l’objet d’un ordre d’évacuation, d’après la carte de Tsahal.

Ces ordres interviennent alors qu’Israël se prépare à une évacuation massive de la population civile de Gaza-City avant de lancer une offensive militaire visant à prendre la plus grande ville de la bande de Gaza et à vaincre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Mardi, le patriarcat grec orthodoxe et le patriarcat latin de Jérusalem ont publié une déclaration conjointe condamnant la situation difficile de leurs communautés dans la bande de Gaza et annonçant que leurs prêtres et leurs religieuses ne quitteraient pas les lieux.

Vue des dégâts subis par l’église de la Sainte-Famille après une frappe israélienne sur l’église, dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City, le 17 juillet 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Le communiqué ne précisait pas explicitement que les complexes abritant des centaines de réfugiés et de Gazaouis vulnérables, notamment des personnes âgées, des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap, avaient reçu un ordre d’évacuation direct.

« Au moment de cette déclaration, des ordres d’évacuation étaient déjà en vigueur pour plusieurs quartiers de Gaza-City. Depuis le début de la guerre, les complexes grec-orthodoxes de Saint-Porphyre et de la Sainte-Famille servent de refuge à des centaines de civils. Quitter Gaza-City pour tenter de fuir vers le sud reviendrait à signer son arrêt de mort. C’est la raison pour laquelle le clergé et les sœurs ont décidé de rester et de continuer à prendre soin de tous ceux qui se trouvent dans les enceintes. »

« Nous ne savons pas exactement ce qui va se passer sur le terrain, non seulement pour notre communauté, mais pour l’ensemble de la population », ont-ils reconnu.

Une porte-parole du groupe Protecting Holy Land Christians, créé à l’initiative du patriarche grec orthodoxe Théophilos III et qui travaille également en étroite collaboration avec d’autres Églises, a déclaré au Times of Israel que, lundi matin, aucune des deux églises n’avait reçu d’ordre d’évacuation direct, bien que la situation dans leur environnement soit très grave.

« Les bombardements autour des églises sont incessants », a-t-elle ajouté.

Toutefois, d’après les informations recueillies par le Times of Israel, le complexe de Saint-Porphyre devrait être évacué.

Ce complexe avait été touché par une frappe israélienne quelques jours après le début de la guerre, le 20 octobre 2023.

L’hôpital anglican arabe al-Ahli à Gaza-City, sur une une vidéo non datée. (Crédit : YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

À l’époque, le ministère de la Santé, contrôlé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, avait déclaré que plusieurs personnes avaient été tuées (le nombre n’avait pas pu être vérifié de manière indépendante, mais l’ancien membre du Congrès américain Justin Amash avait noté que certains de ses proches avaient perdu la vie).

En juillet 2024, l’Église épiscopale de Jérusalem et du Moyen-Orient avait indiqué que le complexe hospitalier Al-Ahli avait été contraint de fermer à la suite de l’évacuation de plusieurs quartiers résidentiels ordonnée par Tsahal. L’armée avait toutefois affirmé avoir clairement indiqué qu’il n’était pas nécessaire de fermer les hôpitaux ou les centres hospitaliers dans les zones où elle avait ordonné des évacuations en raison d’opérations militaires contre des groupes terroristes.

En juillet, trois personnes avaient été tuées et plusieurs autres blessées lors d’une frappe de Tsahal sur le complexe de l’église de la Sainte-Famille. L’armée avait ensuite expliqué que l’église avait été touchée par un tir accidentel lors d’une opération militaire dans le secteur.

Cet incident avait suscité une vive indignation et des condamnations à l’échelle internationale, portant un coup dur aux relations entre Israël et le monde chrétien.

Le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, et le patriarche orthodoxe Theophilus III dans l’église de la Sainte-Famille de Gaza-City, le 18 juillet 2025, un jour après que l’église ait été endommagée par un obus tiré d’un char israélien situé à proximité. (Crédit : Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem)

L’armée israélienne poursuit depuis plusieurs semaines son plan de prise de contrôle de Gaza-City, menant des opérations dans la périphérie de la ville en prévision d’une offensive terrestre d’envergure qui devrait avoir lieu prochainement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait valoir que la prise de contrôle de la ville, qui compte actuellement environ un million de Gazaouis, permettrait à Israël de remporter la victoire contre le Hamas (une affirmation qu’il a déjà faite à plusieurs reprises par le passé, en référence à d’autres opérations militaires).

L’armée a mobilisé 60 000 réservistes supplémentaires pour mener cette opération. Les troupes doivent se présenter à leurs postes à partir du 2 septembre.

Ce plan a suscité une vive opposition de la part des familles des otages, qui craignent que l’opération ne mette encore davantage en danger la vie de leurs proches, ainsi qu’un tollé international : les gouvernements et les organisations humanitaires mettent en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses pour les civils de Gaza.

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