Tsahal réorganise ses forces terrestres
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Tsahal réorganise ses forces terrestres

Avec des technologies futuristes et des propositions de restructuration controversées, l'armée israélienne prépare l'infanterie, les chars et l'artillerie à la guerre du futur

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

  • Un tank de l'armée israélienne participe à un exercice (Crédit : Tsahal)
    Un tank de l'armée israélienne participe à un exercice (Crédit : Tsahal)
  • Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
    Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
  • Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
    Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
  • Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
    Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
  • Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
    Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
  • Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
    Les soldats de combat israéliens participent à un exercice (Crédit : Tsahal)
  • Un tank de l'armée israélienne participe à un exercice (Crédit : Tsahal)
    Un tank de l'armée israélienne participe à un exercice (Crédit : Tsahal)

Les forces terrestres de l’armée israélienne vont subir une refonte massive, comprenant des changements structurels significatifs et un afflux de technologie de pointe, qui vont changer la façon dont les soldats s’entraînent, se battent et communiquent, a déclaré mardi un responsable de Tsahal.

Les réformes visent à remettre à niveau les forces terrestres, qui représentent une grande partie des forces de défense israéliennes, mais qui ont été laissées de côté car les militaires s’étaient concentrés plus intensément sur la puissance aérienne, les laissant moins capables de combattre dans les types de guerre auxquels ils auront à faire face, a expliqué l’officier, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, aux journalistes.

Certains aspects de ce plan ont déjà été mis en œuvre, tandis que d’autres sont encore loin d’être mise en œuvre, soit parce que les théories qui les sous-tendent doivent être testées, par exemple dans le cas de changements organisationnels, soit parce que les technologies pertinentes sont encore en cours de développement et de fabrication.

« Nous pensons que pendant la prochaine guerre, la manœuvre au sol sera plus rapide, plus large et plus profonde… afin d’éliminer la menace sur le front israélien. Par conséquent, nous sommes mieux formés, mieux préparés et prêts pour la bataille », a déclaré le commandant des forces terrestres de Tsahal, le général Kobi Barak.

Ce projet est connu en hébreu sous le nom de Yabasha BaOfek, ou « les Forces au sol à l’horizon ». La structure de ce projet a été détaillée pour la première fois en 2016 par le général Guy Tzur, qui était à l’époque le commandant au sol des forces, dans un article pour le journal de l’armée Maarachot.

L’époque où les soldats affrontaient une armée rivale dans un champ ouvert est révolue. Maintenant, les militaires se battront en grande partie contre les terroristes qui se cachent dans les villages, les villes et les cités — ou dans les tunnels — où les soldats affronteront des tireurs d’élite, des missiles antichars, des voitures piégées et des kamikazes et des nouvelles menaces comme des attaques aux drones.

« Les forces terrestres représentent une masse énorme de troupes et leur adaptation aux conditions de la guerre moderne est coûteuse et difficile », avait expliqué Tzur, qui a depuis quitté l’armée.

Mais le général a soutenu que c’était précisément ce que l’armée avait à faire, car la force aérienne ne pouvait pas atteindre tous les objectifs militaires.

Mardi, le responsable de l’armée israélienne a déclaré qu’il était également nécessaire que Tsahal améliore les capacités de ses troupes terrestres, car les groupes terroristes, notamment le Hezbollah soutenu par l’Iran, sont devenus de plus en plus sophistiqués, surtout dans les zones autrefois dominées par l’armée israélienne.

Un officier de Tsahal montre un fusil d’assaut M-16 équipé d’une visière « Dagger » qui ne permet de tirer que lorsqu’il est pointé sur une cible désignée, à la base d’entraînement de Mitkan Adam près de Modiin, le 27 février 2018 (Crédit : Judah Ari Gross / Temps of Israel)

« Par exemple, dans le domaine de la vision nocturne, Israël avait une nette supériorité dans le passé, mais ce n’est pas si sûr ces temps-ci », a-t-il indiqué.

Mardi, un certain nombre d’officiers supérieurs des forces Terrestres ont montré aux journalistes comment progressait Yabasha BaOfek, notamment en leur montrant les nouvelles technologies destinées à être intégrées dans les forces terrestres, dont certaines sont déjà entre les mains de soldats — comme des drones de la taille d’une poche pour les commandants des compagnies — et d’autres technologies qui sont encore loin d’être prêtes pour le combat — comme un laser puissant capable d’abattre des obus de mortier ou des drones, appelés le Bouclier de Gideon ou Magen Gidon.

« Aujourd’hui, nous n’avons pas de réponse pour les obus de mortier, mais nous avons a guerre électronique pour abattre les drones », a déclaré l’officier.

Cette réorganisation technologique des forces Terrestres comprenait des gadgets futuristes, comme une arme à feu qui ne permet à l’arme de tirer que lorsqu’elle est verrouillée sur sa cible ou des camions autonomes qui peuvent transporter plus facilement et en toute sécurité l’équipement vers le front. L’armée a également commandé des pièces d’artillerie plus avancées, qui peuvent être guidées par satellite afin de les rendre plus précises, une fois pleinement développées et mises en production.

Un passager montre que ses mains ne touchent pas le volant d’un camion autonome, à la base d’entraînement de Mitkan Adam près de Modiin, le 27 février 2018 (Crédit : Judah Ari Gross / Times of Israel)

L’un des principaux objectifs, cependant, a été d’améliorer l’équipement de communication qui permet aux commandants sur le terrain d’obtenir des informations de l’ensemble de l’armée, y compris de l’état-major.

Ce projet comprendra la création d’une unité appelée « le Corps de Missile » dédié à l’exploitation d’un vaste arsenal de missiles sol-sol de moyenne portée — comme cela a été annoncé pour la première fois ce mois-ci, a déclaré mardi l’officier des forces terrestres.

De manière plus radicale, la réorganisation finirait par entraîner la dissolution des brigades des forces terrestres telles qu’elles existent aujourd’hui — c’est-à-dire séparées entre l’infanterie, les chars, l’ingénierie de combat, etc. — en faveur d’une approche plus simplifiée, dans laquelle il y aurait des brigades au sein des forces terrestres composées de fantassins, d’opérateurs de chars et d’ingénieurs de combat.

L’officier a reconnu que la mise en œuvre complète serait difficile, car les Israéliens ont des liens profonds avec la brigade dans laquelle ils ont servi et seraient susceptibles de combattre un processus qui entrainerait un changement radical au sein de ces brigades.

« La question du patrimoine est un véritable casse-tête », a-t-il souligné.

Mais il reste encore au moins quelques années avant que cela n’arrive. Pour l’instant, l’armée testera cette théorie en associant la brigade d’infanterie Golani et la 7e brigade blindée, a précisé l’officier.

L’un des autres secteurs centraux qui est en train d’être réorganisé est le programme de formation des forces terrestres, à la fois en ce qui concerne ses installations et le calendrier en lui-même.

Tsahal effectue un « énorme investissement dans l’infrastructure » et construit actuellement 13 nouvelles installations de formation réparties sur le plateau du Golan, dans le désert du Néguev et — « avec sensibilités » – dans la vallée du Jourdain en Cisjordanie, a ajouté l’officier.

Ces 13 installations sont conçues pour simuler de façon plus réaliste les types d’environnements dans lesquels les soldats doivent combattre, a-t-il déclaré.

L’armée a également travaillé pour changer sa routine d’exercice pour que les soldats s’entraînent davantage. Dans le passé, les troupes de combat devaient être déployées pendant 20 semaines et s’entraîner à 13 heures. Maintenant, l’armée organise des patrouilles frontalières ou en Cisjordanie pendant 17 semaines, puis s’entraîne pendant 17 semaines.

Les réservistes vont aussi faire plus d’effort, ils vont passer plus de temps sur les déploiements en Cisjordanie afin de libérer du temps aux conscrits pour qu’ils puissent effectuer plus d’exercices, a indiqué l’officier.

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