Tsahal simule l’attaque des plates-formes gazières dans des exercices complexes
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Tsahal simule l’attaque des plates-formes gazières dans des exercices complexes

Des navires de guerre ont tiré des missiles sur un cargo faisant office de navire ennemi lors d'un entraînement massif destiné à se préparer aux attaques du Hamas et du Hezbollah

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La marine israélienne a simulé cette semaine une attaque contre les plates-formes de gaz naturel du pays, comprenant un tir réel de missiles mer à mer pour détruire un « navire ennemi », a déclaré jeudi l’armée.

Quatre corvettes Saar-4.5 ont participé à l’exercice naval qui s’est déroulé sur une semaine, baptisé « Raging Sea », et qui a pris fin jeudi.

L’armée a déclaré qu’il s’agissait de l’exercice naval le plus complexe depuis des décennies.

Dans le cadre de l’exercice, des missiles ont tirés simultanément par quatre navires sur un vieux cargo faisant office de navire ennemi.

« Nous avons simulé un navire ennemi venant endommager nos installations stratégiques et, grâce à la coordination en mer et dans les airs, nous l’avons détruit », a déclaré le colonel Guy Goldfarb, commandant des navires de guerre de la marine.

Les organisations terroristes Hezbollah au Liban et Hamas dans la bande de Gaza ont tous deux menacé d’attaquer les plateformes israéliennes de gaz naturel.

Ces dernières années, Israël est devenu un grand exportateur de gaz après la découverte d’importantes réserves de cette ressource dans ses eaux en Méditerranée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, et le vice-président de Noble Energy’s George Hatfield, lors de l’inauguration de la nouvelle plateforme du champ gazier Leviathan,en Méditerranée, au large de Haïfa, le 31 janvier 2019. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/AFP)

Plus tôt jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a visité un site de forage en construction dans le champ gazier de Leviathan, à quelque 125 kilomètres à l’ouest de la ville portuaire israélienne de Haïfa.

« L’achèvement de la plate-forme gazière Leviathan et le pompage du gaz de ce gisement plus tard dans l’année est un élément essentiel de la force stratégique, énergétique, économique et diplomatique de l’État d’Israël », a fait observer Netanyahu.

Selon la marine, le cargo coulé lors de l’exercice – l’Eyal, qui devait être désaffecté – était destiné à simuler un navire ennemi transportant des combattants vers une plate-forme de gaz naturel afin de la faire exploser.

Les missiles de croisière anti-navires Harpoon utilisés lors de l’exercice ont été tirés à partir de quatre corvettes Saar simultanément, à une distance d’environ 100 kilomètres.

Un missile de croisière Harpoon frappe un cargo désaffecté dans le cadre d’un exercice en janvier 2019. (Capture d’écran : Armée israélienne)

L’armée a déclaré qu’un exercice de cette ampleur et de cette complexité, qui impliquait de nombreux navires ainsi que des essais de tir réel, n’a pas été effectué par la marine israélienne depuis environ 20 ans.

« Ce genre d’exercice nécessite deux mois et demi de préparation. Il s’agissait d’un exercice très inhabituel de par sa portée et sa taille – toute la flotte de navires de guerre était en mer », a expliqué Goldfarb.

En raison des relations tendues d’Israël avec ses voisins terrestres, l’État hébreu dépend largement de la Méditerranée pour son commerce. Les réserves de gaz naturel récemment découvertes au large des côtes d’Israël revêtent également une grande importance pour l’État juif, qui en fait pour la première fois un exportateur d’énergie.

Une corvette Saar 5 de la marine israélienne défend une plate-forme d’extraction de gaz naturel au large des côtes israéliennes, sur une photographie non datée. (Armée israélienne)

Une attaque réussie contre les plates-formes de gaz naturel aurait un impact énorme sur l’économie d’Israël, et les images des structures en feu serviraient de « trophée » pour l’organisation terroriste ou le pays ennemi derrière elle.

Pendant la guerre de Gaza en 2014, l’organisation terroriste du Hamas a lancé des roquettes sur les plates-formes israéliennes de gaz naturel – situées à quelque 40 kilomètres – mais ne les a pas touchées.

Israël, pour l’instant, ne croit pas que l’organisation terroriste basée à Gaza soit capable de frapper les plates-formes, bien qu’elle a accès à deux types de missiles terre-mer : les C-802 et C-704 chinois.

Toutefois, l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah, soutenue par l’Iran, qui a également menacé d’attaquer les réserves de gaz naturel, serait capable de frapper les plates-formes en utilisant des missiles guidés terre-mer Yakhont de fabrication russe et autres armes.

Un missile Yakhont exposé à un salon de l’aéronautique russe en 1997. (Crédit : JNO/CC BY-SA/Wikimedia Commons)

Les deux organisations terroristes développeraient également d’autres capacités navales, notamment des submersibles autonomes, des drones kamikazes et des unités commando de plongée sous-marine, ont déclaré des responsables navals israéliens.

Certaines de ces armes ont déjà été utilisées contre Israël lors de combats, par le Hezbollah lors de la seconde guerre du Liban en 2006 et par le Hamas lors de la guerre de Gaza en 2014.

Le Hezbollah a réussi à endommager gravement la corvette INS Hanit de la marine à l’aide d’un missile terre-mer lors du conflit de 2006, et le Hamas a utilisé une unité de commando naval dans une attaque côtière audacieuse – mais finalement inefficace – à Zikim Beach en 2014.

Pour contrer ces menaces, alors que les gisements de gaz et les voies maritimes du pays prennent de plus en plus d’importance, l’armée investit massivement dans la marine, modernise ses systèmes et les intègre mieux dans les autres forces armées israéliennes.

Dans les années à venir, une aide supplémentaire sera apportée sous la forme de quatre corvettes Saar-6 ultramodernes actuellement construites par une entreprise de Kiel, en Allemagne.

Les corvettes Saar-6 seront équipées d’une version modifiée du système Dôme de fer, connu sous le nom de Dôme de fer maritime, ainsi que d’un intercepteur de missiles Barak 8.

Toutefois, en attendant l’entrée en service des navires, la marine a installé des batteries Dôme de fer sur la corvette Saar-5 moins avancée.

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