Turquie : la détente avec Israël n’empiètera pas sur nos relations avec le Hamas
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Turquie : la détente avec Israël n’empiètera pas sur nos relations avec le Hamas

Ankara souligne que les discussions avec le groupe terroriste sont cruciales pour aboutir à la paix au Moyen Orient : pour le Hamas, la Turquie n’adoucit pas sa demande de lever le blocus de Gaza

Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Alors que les négociations sur le rapprochement entre Israël et la Turquie toucheraient à leur fin, Ankara a déclaré mercredi que la Turquie maintiendrait sa relation avec l’organisation terroriste islamique Hamas, démentant les informations annonçant que la rupture des liens avec les dirigeants de facto de la bande de Gaza fasse même partie de l’accord.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a déclaré pendant une conférence de presse à Ankara que la communication entre Ankara et le Hamas était essentielle pour conclure un accord de paix régionale.

« Nos contacts continueront dans le contexte de [l’importance de] l’unité du Hamas et du Fatah en Palestine, et dans le contexte de contribution au processus de paix au Moyen Orient », a-t-il déclaré selon Hurriyet Daily News de Turquie.

Depuis que le groupe terroriste s’est emparé du pouvoir dans la bande de Gaza en 2007, même Israël, a déclaré Cavusoglu, a « reconnu qu’il ne peut pas y avoir de paix permanente ou de solution sans le Hamas. »

« C’est pourquoi il n’y a pas de condition intitulée ‘Hamas’ à la normalisation de nos relations avec Israël », a déclaré Cavusoglu.

Footage taken from a security camera aboard the Mavi Marmara, showing the activists preparing to resist IDF soldiers about to board the ship. (Photo by IDF Spokesperson / FLASH90)
Les activistes à bord du Mavi Marmara se préparant à « résister » aux soldats israéliens. (Crédit : porte-parole de l’armée israélienne/Flash90)

Après des années d’animosité, la Turquie et Israël seraient sur le point de normaliser les relations, qui avaient touché le fond en 2010, quand un commando israélien avait lancé un raid sur un navire turc qui tentait de briser le blocus maritime imposé par Israël sur la bande de Gaza.

Cavusoglu, qui a rejeté les informations des médias israéliens sur la présence d’un bureau du Hamas en Turquie, a déclaré mercredi qu’il ne pensait pas qu’il y ait « un problème concernant le Hamas » dans les négociations de normalisation avec Israël.

La Première chaîne israélienne avait annoncé dimanche que les derniers points de désaccord étaient centrés autour de la demande de Jérusalem de fermeture du quartier général du Hamas à Istanbul. Citant un haut responsable israélien, le reportage annonçait qu’un compromis avait été atteint à ce sujet ces dernières semaines.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, avec le chef du Hamas Khaled Mechaal avant leur réunion au palais présidentiel à Ankara, en Turquie, le 12 août 2015. (Crédit : capture d'écran Youtube/TayyipErdoganArabic)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, avec le chef du Hamas Khaled Mechaal avant leur réunion au palais présidentiel à Ankara, en Turquie, le 12 août 2015. (Crédit : capture d’écran Youtube/TayyipErdoganArabic)

Cavusoglu avait également dit aux journalistes que la conclusion d’un accord pendant les prochaines rencontres avec Israël dépendrait des mesures prises par l’Etat juif.

« Qu’un accord puisse être conclu à la prochaine rencontre dépendra des mesures prises par Israël », avait-t-il déclaré.

Il n’avait pas donné de date pour cette rencontre, mais la presse estime qu’elle aura lieu dimanche prochain.

Le dirigeant politique du Hamas, Khaled Meshaal, a déclaré mardi que l’insistance de la Turquie pour qu’Israël lève le blocus sur Gaza avait empêché la réconciliation des deux pays pendant des mois.

S’exprimant devant des journalistes à Doha, au Qatar, Meshaal a répondu aux informations de la presse arabe, annonçant que la Turquie avait renoncé à ses demandes pour qu’Israël lève le blocus.

« La Turquie insiste pour lever le siège de la bande de Gaza. Ses responsables ont confirmé cela. Et selon les informations que nous avons, à la direction du Hamas, si [la Turquie] avait voulu un accord sans cette condition, ils auraient pu en conclure un il y a des mois », a déclaré Meshaal.

Les relations déjà tendues entre les deux anciens alliés avaient été significativement réduites quand le commando israélien avant lancé un raid raté avant l’aube sur un navire d’une flottille de six bateaux en mai 2010 qui essayaient de briser le blocus maritime imposé par Israël sur Gaza.

Le Mavi Marmara, navire turc participant à la flottille pour Gaza, visant à briser le blocus maritime imposé par Israël, en mai 2010. (Crédit : CC BY Free Gaza Mouvement/Flickr)
Le Mavi Marmara, navire turc participant à la flottille pour Gaza, visant à briser le blocus maritime imposé par Israël, en mai 2010. (Crédit : CC BY Free Gaza Mouvement/Flickr)

Le commando avait abordé le Mavi Marmara, navire turc, qui avait été le seul de la flottille à ignorer les appels répétés pour s’arrêter, et avait été attaqué avec des barres métalliques dès qu’il avait touché le pont.

Neuf activistes qui étaient à bord du Mavi Marmara avaient été tués dans les combats qui avaient suivi, et un dixième était ensuite décédé de ses blessures, déclenchant une crise diplomatique. Plusieurs soldats israéliens avaient été grièvement blessés dans les combats.

Deux des conditions cruciales de la Turquie pour une normalisation, des excuses et des dédommagements, ont été largement remplies depuis, ne laissant comme obstacle à la réconciliation que sa troisième demande, qu’Israël lève le blocus sur la bande de Gaza dirigée par le Hamas. Le blocus est conçu pour empêcher le Hamas d’importer des armes.

Cavusoglu semblait indiquer mercredi que la troisième demande était toujours en vigueur.

« Nos conditions ne sont pas très compliquées, ce sont des conditions simples, avait déclaré Cavusoglu. Elles doivent être satisfaites, tout comme l’a été notre demande d’excuses. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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