Turquie : un photomontage de Merkel en Hitler en une d’un quotidien
Erdogan est furieux après l'interdiction de l'Allemagne et des Pays-Bas d'interdire sur leur territoire des meetings en faveur d'un référendum sur l'extension de ses pouvoirs

Angela Merkel affublée d’une petite moustache et d’un uniforme nazi : un journal progouvernemental turc a publié en Une vendredi ce photomontage de la chancelière allemande dépeinte en Hitler, en pleine crise entre Ankara et l’UE.
« Une Hitler au féminin », titre le quotidien Günes avec une croix gammée, le mot-dièse #FrauHitler, mais aussi la mention « la Tante moche » barrant le photomontage d’Angela Merkel qui occupe les trois-quarts de la Une du journal.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé l’Allemagne et les Pays-Bas de « pratiques nazies » après que les deux pays eurent interdit la tenue sur leur territoire de meetings en faveur d’un référendum sur l’extension de ses pouvoirs.
« En embrassant les organisations terroristes […], l’Allemagne monte toute l’Europe contre la Turquie », écrit Günes en sous-titre. Le journal se fait ainsi l’écho des accusations du pouvoir turc reprochant à Berlin d’abriter des séparatistes kurdes et des putschistes présumés impliqués dans la tentative de coup d’Etat manqué du 15 juillet.
https://twitter.com/HalkinPortali/status/842654339080556545
La chancellerie allemande avait réagi à ces accusations en appelant la Turquie à « garder la tête froide ». Le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert, a affirmé que « les comparaisons au nazisme sont toujours absurdes et déplacées car elles reviennent à minimiser les crimes contre l’humanité du national-socialisme. »
Sur son site internet, Günes a publié un autre photomontage de la chancelière avec une moustache en brosse effectuant le salut nazi, sous le titre : « Il n’y a pas de différence avec Hitler ».
La Turquie avait condamné une Une du journal allemand Bild qui revendiquait dire « la vérité en face » au président Erdogan, le proclamant persona non grata en Allemagne et dénonçant sa « folie du pouvoir ».
Cet article est « le produit d’une mentalité alimentée par le racisme et la xénophobie », a affirmé dans un communiqué le ministère turc des Affaires étrangères.