Umm al-Fahm : faute de grand mariage, un couple donne 450 sacs de nourriture
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Umm al-Fahm : faute de grand mariage, un couple donne 450 sacs de nourriture

Alors que la propagation du virus chez les Israéliens arabes est largement attribuée aux grands rassemblements, Anas et Riham, renonçant aux célébrations, ont fait œuvre de charité

Anas et Riham Aghbaria, qui habitent Umm al-Fahm, ont décidé de donner l'argent qui était destiné à leur mariage massif à des œuvres caritatives dans le contexte de la pandémie de coronavirus.(Capture d'écran : Facebook)
Anas et Riham Aghbaria, qui habitent Umm al-Fahm, ont décidé de donner l'argent qui était destiné à leur mariage massif à des œuvres caritatives dans le contexte de la pandémie de coronavirus.(Capture d'écran : Facebook)

Au beau milieu de l’épidémie de coronavirus, Riham et Anas Aghbariya, qui habitent Umm Al-Fahm, ont pris la décision de renoncer au mariage en grandes pompes qu’ils espéraient organiser lorsqu’ils se sont fiancés l’année dernière.

« Cela fait plus d’un an que nous programmions un grand mariage, avec de nombreuses personnes qui nous rejoindraient à cette occasion… mais à cause du coronavirus, on a décidé de faire quelque chose de plus spécial encore », a déclaré Riham au micro de la radio militaire.

Plutôt que de prévoir une fête de grande ampleur – et potentiellement source d’infections – Riham, interne en médecine, et Anas, programmeur informatique, ont donné tout ce qu’ils auraient dépensé pour la cérémonie à des œuvres de charité, ce qui équivaut à un total d’environ 450 sacs de denrées non périssables.

« On a décidé d’organiser une fête la plus intime possible pour éviter l’infection. Tout l’argent de notre budget pour une grande cérémonie, nous l’avons utilisé pour préparer des sacs de denrées non-périssables pour ceux qui luttent pour survivre en ce moment », a commenté Anas.

Pour les responsables de la Santé, les célébrations nuptiales seraient l’un des plus importants vecteurs de la propagation du coronavirus dans les communautés arabes du pays. La seconde vague de l’épidémie qui s’est abattue sur ces dernières a coïncidé avec la saison des mariages, à la fin de l’été. Au pic de cette vague, environ 30 % des cas actifs de COVID-19 avaient été identifiés dans la population arabe.

Avec le confinement et avec les appels des autorités locales à renoncer aux célébrations maritales, leur nombre a baissé de manière spectaculaire. Mais après des semaines de restrictions accrues, les municipalités et les organisations locales disent ne plus avoir les ressources nécessaires pour les limiter.

Lundi soir, la police israélienne a interrompu deux mariages arabes – l’un à Qalanswa et l’autre à Rahat – et a verbalisé les deux organisateurs. Même si 500 personnes s’étaient regroupées à Rahat, deux amendes seulement ont été infligées aux participants.

« Nous avons eu six mariages au cours des derniers jours », a déploré Sayed Abd al-Wahid Issa, directeur du comité populaire de Kfar Qasim, des propos repris sur le site populaire israélien arabe Panet dans la journée de mercredi.

Les Israéliens arabes sont loin d’être les seuls, en Israël, à organiser des rassemblements d’ampleur. Des violations nombreuses des restrictions sanitaires ont été signalées parmi les Juifs ultra-orthodoxes pendant les fêtes juives et les manifestations réclamant le départ du Premier ministre Benjamin Netanyahu réunissent régulièrement des dizaines de milliers de personnes aux abords de sa résidence officielle à Jérusalem.

La police a également mis un terme à une cérémonie de mariage dans la ville juive d’Ahiezer, lundi soir.

Riham et Anas ont indiqué à la radio militaire comprendre que les grandes noces soient un événement culturel et social important dans leur communauté. Mais au beau milieu d’une nouvelle recrudescence de la pandémie dans les villes arabes, ils ont vivement recommandé aux jeunes couples d’éviter les rassemblements susceptibles de mettre en péril la santé de leurs êtres chers.

« Les fêtes d’ampleur, ça suffit, de tout de façon. C’est un gâchis immense d’argent et de nourriture, dont une grande partie est jetée. On peut commencer notre vie de couple de manière heureuse, avec une cérémonie simple en présence de nos parents immédiats », a souligné Riham.

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