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Un ambassadeur turc sera rapidement nommé en Israël, selon un ministre turc

Avant la visite du chef de l'Autorité palestinienne, le ministre des Affaires étrangères Cavusoglu affirme que la cause palestinienne ne sera pas lésée par les liens avec Jérusalem

Le ministre turc des Affaires étrangères r Mevlut Cavusoglu, à droite, et le ministre des Affaires étrangères israélien de l'époque, Yair Lapid, se serrent la main à Ankara, en Turquie, le 23 juin 2022. (Crédit :  AP Photo/Burhan Ozbilici)
Le ministre turc des Affaires étrangères r Mevlut Cavusoglu, à droite, et le ministre des Affaires étrangères israélien de l'époque, Yair Lapid, se serrent la main à Ankara, en Turquie, le 23 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Burhan Ozbilici)

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a fait savoir que son pays présenterait « dans les prochains jours » un nouvel ambassadeur au sein de l’État juif. Il a défendu la reprise des relations diplomatiques pleines et entières entre les deux pays, affirmant que les Palestiniens étaient favorables à cette initiative.

Dans un entretien télévisé diffusé quelques jours après l’annonce d’un échange d’ambassadeurs entre les deux pays et avant la visite prévue mardi à Ankara du dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Cavusoglu a affirmé que les Palestiniens savaient très bien qu’ils allaient profiter des nouveaux liens plus proches entre Jérusalem et Ankara.

La faction du Fatah dont est issue l’Autorité palestinienne au pouvoir, et le groupe terroriste du Hamas, dans la bande de Gaza, « savent qu’à travers ce dialogue, nous défendrons mieux la cause palestinienne », a-t-il dit. « La normalisation de nos relations avec Israël ne signifie pas que la Turquie fera des concessions », a-t-il ajouté.

Cavusoglu a ensuite évoqué un entretien téléphonique entre le président Recep Tayyip Erdogan et son homologue israélien, Isaac Herzog, au mois d’avril, dans un contexte de tensions accrues entourant la situation sur le mont du Temple, à Jérusalem.

« Israël a violé la règle qui interdit d’entrer dans la mosquée Al-Aqsa pendant le Ramadan », a-t-il déclaré, se référant aux accusations lancées à ce moment-là contre les forces israéliennes qui avaient été mises en cause pour avoir contrevenu au statu-quo fragile mis en œuvre sur le site, un lieu saint pour les Juifs et les musulmans. Cavusoglu a affirmé que, suite à cet appel, la situation s’était améliorée sur le terrain.

Les deux pays ont annoncé la reprise totale des relations diplomatiques mercredi dernier, suite à une récente conversation téléphonique entre Erdogan et le Premier ministre israélien Yair Lapid.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, visite l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Lapid a salué ce développement dans un communiqué, affirmant qu’il s’agissait « d’un atout important pour la stabilité régionale et d’une nouvelle économique déterminante pour les citoyens israéliens », ajoutant que « nous continuerons à renforcer la position d’Israël dans le monde ».

Dans le cadre de la restauration de ces liens, les deux pays ont indiqué qu’ils échangeraient bientôt des ambassadeurs et des consuls, même si aucun calendrier n’a été apporté.

Cavusoglu a déclaré dans son entretien, mardi, qu’il présenterait un candidat à Erdogan pour le poste d’ambassadeur en Israël « dans les prochains jours ».

Abbas doit rencontrer Erdogan, mardi après-midi, pour sa deuxième visite en Turquie en l’espace d’un an. Ce déplacement du leader palestinien est largement considéré comme une tentative de la part de la Turquie de montrer que les relations tissées avec Israël ne se feront pas au détriment de la cause palestinienne.

Israël, par le passé, était un allié de longue date de la Turquie – avant qu’un commando ne mène en 2010 un raid sur le navire Marmara qui, avec une flottille, s’était donné pour objectif de briser le blocus maritime de Gaza. Les affrontements qui avaient suivi entre membres de l’équipage et soldats israéliens avaient fait dix morts.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, indique le chemin au président Isaac Herzog lors d’une cérémonie de bienvenue, à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Burhan Ozbilici)

Malgré des excuses officielles présentées par le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, Erdogan était resté très en colère, accusant l’État juif de « maintenir en vie l’esprit de Hitler » pendant l’opération Bouclier défensif, au mois de juillet 2014, et qualifiant Israël « d’État terroriste ».

Les relations s’étaient ensuite quelque peu améliorées mais les deux pays avaient retiré leurs ambassadeurs après qu’Erdogan a accusé, en 2018, l’État juif de « terrorisme d’État » et de « génocide » quand des dizaines de Palestiniens avaient été tués dans des émeutes à Gaza, au mois de mai de cette année-là. Les émeutes avaient été entraînées par le transfert controversé de l’ambassade américaine à Jérusalem, initié par le président Donald Trump.

Certains signes avaient montré, cette année, qu’Erdogan cherchait la détente avec Israël. Herzog s’était ainsi rendu à Ankara dans le cadre d’un déplacement officiel au mois de mars, et il avait été accueilli par une procession militaire.

Erdogan a probablement cherché à améliorer les relations avec Jérusalem pour réduire l’isolement politique et économique croissant de la Turquie. La devise turque s’est écroulée, ces dernières années, ce qui laisse la Turquie dans de fortes difficultés économiques alors que des élections se profilent pour 2023.

Ash Obel et l’AFP ont contribué à la rédaction de cet article.

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