Un centenaire ancien gardien de camp nazi inculpé en Allemagne
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Un centenaire ancien gardien de camp nazi inculpé en Allemagne

Le tribunal régional de Neuruppin doit à présent décider s'il est apte à comparaître en procès

Les prisonniers de Sachsenhausen en 1938 (Crédit : Heinrich Hoffman Collection/Wikipedia)
Les prisonniers de Sachsenhausen en 1938 (Crédit : Heinrich Hoffman Collection/Wikipedia)

Un ancien gardien du camp nazi de Sachsenhausen (Allemagne), âgé de 100 ans, a été inculpé pour complicité de meurtres, a annoncé lundi à l’AFP le parquet de Neuruppin (est).

Cet ancien gardien est poursuivi pour complicité dans 3 518 meurtres de détenus, selon le parquet, qui estime qu’il peut être jugé malgré son grand âge.

Cet homme est accusé d’avoir « sciemment et volontairement » aidé et encouragé de 1942 à 1945 le meurtre de détenus du camp de concentration de Sachsenhausen à Oranienburg, au nord de Berlin.

Il aurait appartenu au bataillon de gardes du camp jusqu’à février 1945. Il vit à présent dans la région du Brandebourg, qui entoure Berlin.

Le tribunal régional de Neuruppin doit à présent décider s’il est apte à comparaître en procès.

Plus de 75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une dizaine d’instructions judiciaires relatives aux crimes nazis sont en cours dans le pays.

Le 5 février, c’est une ancienne secrétaire du camp de Stutthof, âgée de 95 ans, qui a été elle aussi inculpée pour complicité de meurtre dans « plus de 10.000 cas » entre 1943 et 1945, selon le parquet de Itzehoe (Allemagne).

Un autre dossier concerne un ancien gardien SS de ce même camp, également âgé de 95 ans. Il a été mis en accusation en juillet dernier pour complicité de meurtres dans plusieurs centaines de cas. Sa capacité à comparaître est là encore en train d’être évaluée et aucune date de procès n’a été fixée.

Ces dernières années, l’Allemagne a jugé et condamné plusieurs anciens SS et élargi aux gardiens de camps le chef d’accusation de complicité de meurtre, illustrant la sévérité accrue, quoique jugée très tardive par les victimes, de sa justice.

Bruno Dey, ancien gardien SS du camp de concentration de Stutthof, cache son visage derrière un dossier alors qu’il arrive en fauteuil roulant à une audience de son procès, le 20 juillet 2020, à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne. (Axel Heimken / POOL / AFP)

En juillet 2020, le tribunal de Hambourg avait condamné à deux ans de prison avec sursis Bruno Dey, un ancien garde de camp de concentration de 93 ans pour complicité dans 5.232 cas de meurtres et tentatives de meurtres à Stutthof.

Le cas le plus emblématique a été la condamnation à cinq ans de prison de l’ancien gardien du camp d’extermination de Sobibor, John Demjanjuk en 2011.

John Demjanjuk, né en Ukraine, vêtu d’un costume marron et d’une chemise blanche à col ouvert, est escorté par des policiers israéliens à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv, le 28 février 1986, à la suite de son extradition des États-Unis vers Israël. (Crédit : AP Photo)

Aussi controversée que soit cette justice tardive, elle permet « de donner une voix aux victimes, à leurs familles, et de ramener les faits dans la conscience publique », avait expliqué à l’AFP, lors d’une précédente procédure, le juriste Andrej Umansky, auteur d’un ouvrage sur la Shoah à l’Est.

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