Un député arabe accuse les Israéliens de mépriser la vie palestinienne
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Un député arabe accuse les Israéliens de mépriser la vie palestinienne

Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, a dit que Jérusalem "a fermé Gaza et jeté la clé à la mer", clamant que le Hamas "est sous occupation"

Ayman Odeh, chef de file de la Liste arabe unie, dirige une réunion des factions à la Knesset, à Jérusalem, le 31 octobre 2016 (Miriam Alster/Flash90)
Ayman Odeh, chef de file de la Liste arabe unie, dirige une réunion des factions à la Knesset, à Jérusalem, le 31 octobre 2016 (Miriam Alster/Flash90)

Les Israéliens considèrent la vie des Palestiniens comme ayant peu de valeur et toute forme de manifestation palestinienne comme « illégitime », a déclaré lundi dans un entretien le chef de la Liste arabe unie.

Le député Ayman Odeh, s’exprimant dans une émission du matin sur la Dixième chaîne au sujet des violences survenues vendredi sur la frontière avec Gaza, a déclaré : « Voyez comment le public israélien considère ces gens qui ont été tués il y a trois jours. C’est un mépris de la vie humaine ».

Il a prétendu qu’aucune forme de protestation de la part des Palestiniens n’était considérée comme acceptable pour les Israéliens.

« Si c’est avec des armes, c’est illégitime. Et si c’est sans armes, c’est aussi illégitime », a-t-il déploré.

Le législateur a démenti les affirmations israéliennes que ce serait le Hamas qui serait à l’origine de la contestation, disant que le groupe terroriste s’y est simplement joint comme cela a été le cas d’autres organisations variées.

Le député Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, s’exprime sur la Dixième chaîne », le 2 avril 2018 (Capture d’écran : Dixième chaîne)

Tout en soulignant qu’il ne soutenait pas les politiques du Hamas, qui dirige la bande de Gaza, il a dit que le groupe vit « sous occupation ». Le problème, a-t-il commenté, « est l’Etat occupant » – Israël.

Environ 30 000 personnes ont participé à la marche massive vers la barrière de sécurité qui a eu lieu à Gaza vendredi. Odeh a expliqué que la réponse militaire aux manifestations aurait dû être bien plus mesurée.

« L’armée a esquissé cette ligne imaginaire et quiconque la traversait – il fallait le tuer. Point final. Est-ce que c’est la seule manière de gérer les choses ? », s’est-il interrogé.

Odeh a également dit qu’Israël, qui contrôle la frontière et la côte de Gaza, est finalement responsable du désespoir des Gazaouis. « Ils ont fermé Gaza, ils ont jeté la clé à la mer et ils ont dit : ‘Nous ne sommes pas responsables’. »

Odeh a averti que les Israéliens ne pouvaient attendre du calme au sein de l’enclave côtière avant qu’une paix authentique ne soit réalisée. Il a ajouté que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas était un chef pragmatique qui cherchait la paix mais qui se heurtait à l’intransigeance de la droite israélienne.

L’armée israélienne a déclaré samedi qu’au moins dix personnes tuées appartenaient à des groupes terroristes, notamment au Hamas, et elle a donné des détails sur leurs rôles respectifs au sein des organisations.

Il y a eu des divergences dans les informations transmises par les Palestiniens sur le bilan meurtrier des affrontements. Tandis que le Hamas a fait savoir lundi que 18 personnes avaient perdu la vie, l’agence officielle de l’Autorité palestinienne a fixé ce nombre à 16. Israël n’a pour sa part aucun chiffre à présenter.

Samedi dans la soirée, le Hamas, un groupe terroriste qui cherche ouvertement à détruire Israël, a reconnu que cinq des morts lors de la « marche du retour » étaient ses tireurs.

Selon l’armée, conformément à ses règles d’engagement, les Palestiniens qui ont été la cible de tirs vendredi avaient soit attaqué des soldats israéliens à l’aide de pierres et de grenades incendiaires, soit tentaient activement d’endommager la barrière de sécurité ou essayaient de placer des dispositifs explosifs improvisés le long de la clôture, qui auraient plus tard été utilisés dans des attaques contre des patrouilles israéliennes.

Un manifestant palestinien jette des pierres vers les soldats israéliens durant une manifestation le long de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza City, le 31 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

D’autres manifestations massives contre Israël sont prévues pour ce vendredi et lors des prochaines semaines jusqu’à la mi-mai, lorsque Israël célébrera sa 70ème journée de l’Indépendance et que les Palestiniens marqueront ce qu’ils appellent « la journée de la Nakba – la « catastrophe » causée par la création d’Israël.

Odeh a été pris à partie par les animateurs de l’émission lorsqu’il a affirmé que les manifestations sur la frontière de Gaza étaient pacifiques. Interrogé sur ce qu’il attendait de l’armée en termes de réponse lorsque des milliers de personnes ont tenté d’ouvrir une brèche dans la frontière, Odeh a répondu que la seule solution était des négociations de paix suivies par la mise en place de deux états.

Il a refusé de répondre directement sur l’éventuelle acceptation du Hamas d’un tel accord ou de dire si Abbas pouvait prétendre représenter la population de Gaza, un territoire qu’il ne contrôle pas.

Odeh a de la même manière refusé de répondre à un autre animateur qui avait souligné qu’Israël avait cessé d’occuper Gaza en 2005 lorsque l’Etat juif s’était désengagé unilatéralement de l’enclave côtière.

Dans un communiqué émis dimanche, le parti d’Odeh, la Liste arabe unie, avait condamné les actions de l’armée israélienne.

« Les tirs contre les manifestants prouvent une fois encore qu’Israël choisit le chemin de la force et de la violence délibérée », a dit le parti dans un communiqué. « Toutes les nations qui sont sous occupation ont combattu leurs occupants, et la nation palestinienne est comme toute autre nation ».

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