Un dirigeant juif du Labour : le parti est « en crise » avec la communauté
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Un dirigeant juif du Labour : le parti est « en crise » avec la communauté

Pour Jeremy Newmark, les accusations d’antisémitisme doivent être traitées, alors que le soutien de Corbyn affirme que de telles accusations ont été utilisées comme arme pour l'attaquer

Jeremy Newmark, président du Mouvement juif travailliste. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Jeremy Newmark, président du Mouvement juif travailliste. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Un représentant des membres juifs du Labour a exprimé sa consternation devant l’attitude du parti britannique à propos des accusations d’antisémitisme, déclarant aux soutiens de Jeremy Corbyn, récemment réélu, qu’il craignait une « crise » des relations avec la communauté juive.

S’exprimant dimanche pendant un rassemblement de Momentum, l’un des groupes de soutien à Corbyn au sein du Labour, Liverpool, Jeremy Newmark, président du Mouvement juif du Labour, a déclaré au public que « le dernier sondage sur le soutien juif au Labour a montré qu’il était entre 7,6 et 8 % », selon un article du Gardian.

« Certains d’entre vous acclameraient cette information. Mais pour moi, cette statistique est une crise. Ces statistiques sont ce qui doit être traité, a-t-il déclaré. Vous pouvez vous en moquer, vous pouvez les nier, vous pouvez détourner les enquêtes d’opinion et les statistiques. Mais en fin de compte, vous ne faites que vous leurrer. »

« Si vous ne vous croyez pas que ces statistiques doivent être traitées, le message que vous envoyez à ma communauté est que vous ne vous souciez pas de cette relation et que les juifs ne sont pas les bienvenus dans ce parti. »

Corbyn a été confronté à des accusations selon lesquelles sa politique pro-palestinienne et son soutien à des antisémites radicaux ont encouragé les discours de haine contre les juifs. Il a été accusé de ne pas en faire assez pour réprimer l’antisémitisme répandu parmi les membres et élus de son parti, dont certains ont été suspendus pour avoir tenu publiquement ou sur des réseaux sociaux des propos racistes et antisémites.

S’exprimant avant Newmark, la vice-présidente du groupe, qui a été brièvement suspendue du parti en mai pour avoir déclaré que les juifs étaient « les financiers en chef des marchés du sucre et de l’esclavage », a affirmé que les accusations d’antisémitisme étaient « exagérées » et « utilisées comme armes » pour abattre Corbyn.

Jackie Walker, qui a déclaré avoir des ancêtres juifs, a déclaré au public que les accusations d’antisémitisme dans le parti étaient devenues « une arme de destruction politique massive ».

Jackie Walker, militante du Parti travailliste britannique, en 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Jackie Walker, militante du Parti travailliste britannique, en 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Je ne dis pas qu’il n’existe pas d’antisémitisme au sein du Labour. Le Labour, après tout, est simplement un miroir de la société. Mais je dis que des accusations aussi importantes sont exagérées dans un but politique […] pour affaiblir Jeremy et faire taire ses soutiens » ainsi qu’étouffer « toute critique ou toute critique potentielle de l’état israélien. »

Newmark a répondu qu’« il n’y a pas de conspiration pour faire taire un débat légitime sur l’Etat d’Israël. »

Dimanche également, un pair juif a démissionné du Labour pour protester contre la réélection de Corbyn,déclarant que le parti était devenu « peu enthousiaste » à l’idée de lutter contre l’antisémitisme.

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