Un enfant trouve une perle d’or, égarée sur le mont du Temple il y a 3 000 ans
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ARCHÉOLOGIE: PREMIÈRE PERLE D'OR TROUVÉE AU MONT DU TEMPLE

Un enfant trouve une perle d’or, égarée sur le mont du Temple il y a 3 000 ans

Lorsque B. Milt a découvert la perle dans son tamis lors du “Projet de tamisage du mont du Temple”, elle était si bien conservée que les archéologues n’ont pas réalisé sa rareté

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Une perle d'or de l’époque du Premier Temple découverte dans la terre lors du Projet de tamisage du Mont du Temple. (Autorisation : Projet de tamisage du Mont du Temple)
Une perle d'or de l’époque du Premier Temple découverte dans la terre lors du Projet de tamisage du Mont du Temple. (Autorisation : Projet de tamisage du Mont du Temple)

Pour la toute première fois, une perle de granules d’or de l’époque du Premier Temple a été découverte lors du tamisage à l’eau de la terre du mont du Temple par un enfant de neuf ans. Le hiérosolymitain Binyamin Milt a découvert le minuscule cylindre, parfaitement conservé, créé par quatre rangées de boules d’or miniatures.

La perle était tellement bien préservée qu’elle a d’abord été rejetée comme un « intrus » moderne dans le seau de terre et d’artefacts mélangés que la famille Milt tamisait.

La famille filtrait la terre pour le Projet de tamisage du mont du Temple, qui a récupéré des tonnes de gravats qui avaient été mis au rebus dans la vallée du Kidron entre 1996 et 1999 par la branche Nord du Mouvement islamique lors d’un projet de construction à grande échelle sur le mont du Temple, un lieu saint pour les trois religions monothéistes. Depuis 16 ans, des volontaires trient le tas de débris et de terre qui a été illégalement excavé du mont du Temple, lieu le plus saint du judaïsme et le troisième sanctuaire le plus sacré de l’islam.

Milt, neuf ans, a trouvé la perle en août, mais sa nature unique n’a été reconnue que récemment, a déclaré jeudi le Projet de tamisage du Mont du Temple, après que le professeur Gabriel Barkay, co-directeur du projet, l’a minutieusement examinée. La datation de la perle a été radicalement réajustée, et attribuée à l’époque du Premier Temple, sur la base des spécimens que Barkay avait excavés à Ketef Hinnom, à côté du Centre Menachem Begin à Jérusalem.

À la fin des années 1970, Barkay a découvert plusieurs perles d’argent presque identiques, fabriquées avec la même technique de « granulation » que la perle d’or récemment trouvée, sur le site où les rouleaux d’argent de bénédiction des prêtres – considérés comme le plus ancien exemple écrit de la Bible hébraïque – avaient été découverts au milieu de trésors de bijoux et autres artefacts. Selon Barkay, la granulation est une technique décorative également connue des Phéniciens et des Étrusques.

Binyamin Milt, 9 ans, au Projet de tamisage du Mont du Temple basé à Jérusalem, août 2020. (Autorisation : Projet de tamisage du Mont du Temple)

Des perles similaires ont également été découvertes sur d’autres sites de Terre Sainte, dans des contextes allant du 13e au 4e siècles avant notre ère, l’écrasante majorité datant de l’Âge du fer (du 12e au 6e siècles avant notre ère), selon le Projet tamisage.

Le professeur Benjamin Sass de l’Université de Tel Aviv a déclaré que de telles perles de granules sont connues depuis l’Âge du bronze tardif et même potentiellement depuis l’Âge du bronze moyen. On les trouve à toutes les époques de l’Âge du fer, à l’époque hellénistique, et peut-être même jusqu’à l’époque romaine.

Le codirecteur du projet, Zachi Dvira, a déclaré que ce qui rend cette découverte unique encore plus étrange, c’est qu’il est extrêmement rare de trouver des bijoux en or en dehors des tombes ou des trésors.

Dvira reconnaît qu’en regardant la minuscule perle de 6 mm de diamètre et 4 mm de hauteur, « il est difficile d’expliquer pourquoi une perle peut être si intéressante et si importante. Mais il est très intriguant de savoir à qui elle appartenait », a-t-il expliqué au Times of Israel. « Ce n’est pas comme aujourd’hui, où tout le monde peut posséder des bijoux en or ; à l’époque, c’était très rare, et ce n’était pas pour le commun des mortels. »

Les bijoux en or étaient généralement transmis de génération en génération, a déclaré Dvira, de sorte que la découverte même d’une petite perle d’or est rare dans les contextes archéologiques.

L’archéologue Zachi Dvira sur le Mont du Temple, le 18 juin 2018. (Crédit : Amanda Borschel-Dan / Times of Israel)

Bien que la perle soit minuscule, il l’a décrite comme « lourde » en raison de la pureté du métal et de la méthodologie de granulation hautement spécialisée utilisée pour la fabriquer. Cette perle faite à la main est formée de quatre rangées, chacune composée de minuscules boules d’or collées les unes aux autres, mais il existe des spécimens plus simples constitués d’une seule rangée circulaire.

Selon Dvira, le processus de formation des granules utilisé par les artisans de l’époque était complexe, et comprenait plusieurs étapes et un certain nombre de composants. Cela nécessitait la capacité de faire fondre le métal à des températures élevées et un haut niveau de compétence de l’artisan. Il a expliqué au Times of Israel qu’on ne sait toujours pas si ce niveau de compétence existait en Terre d’Israël à la période du Premier Temple, mais que les recherches sont en cours.

Pour créer la perle, Dvira a expliqué : « Les granules sont façonnées à partir de minuscules morceaux de métal qui sont fondus sur un lit de charbon de bois ou de poudre de charbon de bois, qui adsorbe l’air et de ce fait empêche l’oxydation. Une fois que le métal fond, [la] tension de surface du liquide crée des gouttes en forme de boule. Une autre méthode consiste à faire couler depuis une certaine hauteur le métal liquide dans un bol et à remuer les gouttes constamment.

Une perle d’or de l’époque du Premier Temple découverte dans la terre lors du Projet de tamisage du mont du Temple. (Autorisation : Projet de tamisage du mont du Temple)

La technique de tamisage à l’eau utilisée par le Projet pourrait être la clé de la découverte de la petite perle.

« Parce que nous passons au tamis, nous trouvons une relativement grande quantité de bijoux » a déclaré Dvira, mais peu d’or, surtout pas d’une époque aussi ancienne. Au cours des 15 dernières années, grâce à l’aide de quelque 200 000 bénévoles payants, le projet a recouvré plus de 500 000 artefacts, dont 5 000 pièces de monnaie, des inscriptions, des montagnes de céramique, des objets cultuels de l’époque égyptienne, des bijoux et des vestiges de guerre.

Dvira a souligné que le projet continue son travail à son nouveau siège au Masu’ot Lookout malgré la crise du Coronavirus, dans le cadre des directives gouvernementales de distanciation sociale (« Tav Sagol ») et grâce à l’aide des American Friends of Beit Orot et de la Fondation israélienne d’archéologie. Le projet travaille sous la tutelle scientifique de l’Université de Bar-Ilan et une équipe d’une dizaine d’archéologues se partagent la supervision des volontaires installés à 20 tables de tamisage à l’eau.

Dvira espère que la perle faisait partie d’un bracelet ou collier et que d’autres perles pourraient faire surface.

« S’il y a une perle en or, la personne n’avait pas qu’une seule perle, elle avait sans doute tout un bijou en or », a déclaré Dvira.

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